L’Esclave libre, Robert Penn Warren

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L’année 2020 aura vu l’éditeur américain Walker books refuser la traduction d’Alma – Le vent se lève, du Français Timothée de Fombelle, au motif que ce dernier y aborde le thème de l’esclavage de sa propre perspective d’homme blanc, soit un flagrant délit d’appropriation culturelle insupportable aux yeux de certains. Qui pis est, en adoptant le point de vue doublement étranger d’une petite fille africaine. Considérant notre propension à intégrer toujours plus vite les nouveaux dogmes culturels venus d’Outre-Atlantique, gageons qu’une prochaine réédition française de L’Esclave libre, de Robert Penn Warren, reste passablement hypothétique. D’un profil comparable à celui de Fombelle, le triple prix Pulitzer y adopta en effet une démarche assez similaire, visant cette fois un public adulte. Le forfait date déjà de 1955, mais le propre de la cancel culture contemporaine est de réfuter l’idée même de prescription.

Rival d’Autant en emporte le vent

La peste soit donc des artistes qui osèrent l’indicible, aux prétextes fallacieux d’une rare empathie, une intelligence supérieure et un exceptionnel talent d’écrivain ! Au moins Margaret Mitchell était-elle aussi femme et blanche que la Scarlett O’Hara d’Autant en emporte le vent, dont les sorties simultanées de deux nouvelles traductions françaises n’ont pourtant pas manqué de faire froncer leur lot de sourcils. Notons d’ailleurs que L’Esclave libre fit aussi l’objet d’une adaptation cinématographique avec Clark Gable, certes plus vieux de 18 ans. Le traitement réservé à l’histoire conçue par Robert Penn Warren s’y apparente hélas à une défiguration au vitriol. Passons.

L’objet de notre amour peut nous charmer de tant de différentes, de paradoxales qualités, par sa force ou sa faiblesse, par sa beauté ou sa laideur, par sa gaieté ou sa tristesse, par sa gentillesse ou son agressivité, par sa bonté ou sa méchanceté, par ce besoin qu’il a de nous ou par son impétueuse indépendance… Et puis, lorsque nous nous interrogeons pour savoir de quelles sources secrètes en nous-mêmes a jailli cet amour, voilà que notre pauvre cerveau s’étourdit en conjectures, et que nous nous demandons ce que tout cela signifie, ce que tout cela vaut… Est-ce le besoin de compagnie qui nous pousse à aller vers quelqu’un et à souhaiter combler son propre besoin, ou est-ce, au contraire, notre force ? Si nous possédions cette force, de quel côté inclinerait-elle notre coeur ? Donnons-nous de l’amour pour en recevoir et, dans l’extase de la caresse, nous livrons-nous à des calculs que nous ne nous avouons pas, à ces calculs secrets que pratique l’usurier aux lèvres serrés ? Ne suscitons-nous la passion, avec arrogance, que pour nous définir nous-même ? Est-ce simplement que nous avons besoin d’une main, de n’importe quelle main, d’un objet humain à étreindre dans le noir, sous la couverture, quand la peur est tapie derrière toutes choses ? Souhaitons-nous le bonheur, ou est-ce la souffrance (la souffrance, signe de notre réalité) que nous désirons au fond de notre coeur ?

L’avocat du diable pointera de fameux états de service progressistes chez l’auteur des monumentaux Tous les hommes du roi et Un endroit où aller, parmi lesquels un soutien indéfectible à Franklin D. Roosevelt puis une série d’entretiens avec des figures emblématiques de la lutte pour les droits civiques – tels Malcolm X et Martin Luther King – intitulée Who speaks for the Negro ?. Seulement voilà : à 25 ans, le bougre était acoquiné avec une école de pensée ségrégationniste. De quoi avoir saisi toute la complexité des dilemmes du Sud profond, comme le reflète L’Esclave libre ? Allons. Ne soyons pas dupes, et condamnons en choeur. Les indécrottables affidés du patriarcat blanc peuvent toujours se procurer à vil prix une version d’occasion de l’oeuvre honnie sur un site marchand hégémonique, ennemi juré des amis des belles lettres. Enfin, si ce qui suit les convainc, naturellement.

Aux antipodes d’une Cosette période Thénardier, et pourtant…

À première vue, il y aurait pire destin que celui de Samantha Starr, dont le roman constitue les mémoires de femme mûre. Si l’incipit « Oh, qui suis-je ?… » suscite la circonspection, Samantha passe néanmoins sa vie de fillette dans la propriété d’Aaron, son planteur de père. Elle grandit entre l’amour de celui-ci et la prévenance de domestiques aussi dévoués qu’esclaves, ne connaissant de sa génitrice que la tombe isolée qui jouxte leur maison. A posteriori, celle qu’on surnomme « Manty » saisira des indices de l’incongruité de son statut, mais pour l’heure elle poursuit son apprentissage entre le domaine familial du Kentucky et la communauté rigoriste de l’Ohio où son père l’envoie acquérir des principes en béton armé, et elle s’amourache d’un futur pasteur exalté. Samantha n’a donc guère à voir avec la Cosette période Thénardier, jusqu’au jour où Aaron Starr décède dans les bras d’une femme du monde.

Avant ce moment, qui donc avais-je été, Samantha Starr ? J’avais été définie par le monde qui m’entourait – par les grands arbres et l’âtre rougeoyant de Starrwood, par les classes nues et les cantiques d’Oberlin, par les visages amicaux et pleins de sollicitude qui s’étaient penchés sur moi. (…) Et maintenant qu’ils étaient loin, fondus dans le désert de l’absence, je n’étais plus rien.

Car en moi-même, par moi-même (du moins était-ce ce qu’il semblait), je n’avais rien été. Je n’avais rien été que leur création continuelle. Et en conséquence, bien que je me rappelle beaucoup des choses qui se rapportent à cette première période de ma vie, je ne peux savoir qui j’étais.

Ou alors, peut-être n’arrivons-nous jamais à en savoir plus ? Oh, ne sommes-nous donc rien de plus que les événements qui forment notre propre histoire ? Des perles enfilées côte à côte sur un fil ou des petits noeuds de crainte, d’espérance, d’amour, de terreur, de désir, de désespoir, de besoins, de calculs, de sang et de rêve ? Non, je m’exprime mal. Dans cette comparaison, qu’est le fil sinon le moi, ce dont il est justement si difficile de connaître l’existence ?

Le père de Manty lègue des dettes copieuses de sybarite clandestin que la vente de son patrimoine suffira à peine à régler… le drame inattendu étant qu’elle-même en fait partie : comme sa complexion ne l’indique pas, la jeune fille est née des amours d’Aaron et d’une esclave, et nul testament ne l’affranchit. « Oh, qui suis-je ?… » À ce moment précis, elle est un bien, hébété et non fongible, que possède un sinistre créancier nommé Marmaduke. Lequel ne compte aucunement cracher sur les douze cent dollars de son estimation, et la revend en vitesse à un négociant à peine plus sympathique. S’ensuit la descente du Mississippi sur un bateau à vapeur miteux, et une glaçante vente aux enchères dans un hôtel chic de la Nouvelle Orléans. Aussi riche que peu disert, l’acquéreur Hamish Bond semble prendre un rare soin de ceux qui lui appartiennent… mais alors que menace la Guerre de Sécession, ses intentions à l’égard de Samantha demeurent floues.

Lire sa valeur dans le regard des hommes

Le regard de la protagoniste, alors qu’elle rassemble les bribes éparses de sa mémoire de femme, se colore d’une succession infinie d’émotions vives ou diffuses qu’elle cherche en permanence à analyser avec la plus grande acuité : elles appartiennent au faisceau d’indices complexes dont elle s’applique, par l’écriture, à extraire son identité réelle. Lorsqu’elle devient esclave, Manty se sent réduite à un corps au prix libéllé en dollars. S’y ajoute ce foisonement constant de sentiments et d’impressions, ainsi que la nature des interactions qui la lient à ses maîtres ou à ses homologues, souvent plus subtiles qu’une stricte dynamique de possédants et possédés.

Nous vivons, dans le temps, cette petite portion de temps qui nous est dévolue, mais cette portion de temps ne constitue pas seulement notre vie, c’est également la somme de toutes les vies contemporaines de la nôtre. En d’autres termes, c’est l’Histoire. Et tout ce que nous sommes est une expression de cette Histoire. Nous ne vivons pas notre vie, c’est notre vie qui nous vit. Nous ne sommes au bout du compte que ce que l’Histoire nous fait.

C’est du moins ce que j’ai entendu dire. Cependant, nous sommes contraints de trouver un sens à ce que nous avons vécu – ou à ce qui nous a vécu – et il y a de multiples questions qui réclament une réponse – comme des enfants (…) [qui] réclament un conte avant d’aller se coucher, et, si nous pouvons leur faire le récit qu’ils attendent, alors, ces enfants – ces questions – s’endormiront bientôt, et (…) nous aussi.

Nous sentons que, si nous pouvons répondre aux questions, il nous sera possible d’être libre. Mais ce que j’avais l’intention de dire en commençant était simplement ceci : Comment pouvons-nous parvenir à connaître la manière dont nous – ce nous secret et confus – sommes engagés dans ce conte que nous vivons ?

Une jeune fille trempée de pluie, effrayée par l’orage, solitaire, bouleverée par une superposition d’époques, est déposée sur un lit par un homme vieillissant qui prononce le nom de la jeune fille comme un gémissement, puis, doucement, cruellement, accomplit l’acte. La jeune fille pousse un cri.

(…) une sorte d’impulsion me poussait à cracher sur cet homme vieillissant et cette jeune fille accouplés dans ce lit, mais quelque chose me l’a interdit. Au fond, je n’avais pas envie de cracher sur ce couple.

La jeune fille est étendue sur le lit. Mais comment ce qui lui arrive est-il lié à la conversation qui a lieu le même soir, à New York, entre deux banquiers dont le cognac français fait briller les yeux au milieu des volutes parfumées de la fumée des cigares ? Comment est-ce lié à la terreur nocturne, mère des sueurs froides, que ressent un politicien couché à Washington ? Comment est-ce lié aux songes d’un vieillard rébarbatif assis à la chandelle, dans une ferme du Maryland, non loin de Harper’s Ferry, qui abandonne la lecture de l’Écriture Sainte et remue ses lèvres rigides pour une prière, en soupirant le moment où la vieille chimère abreuvée de sang tourbillonnera de nouveau et justifiera tout… Oh ! Qui est la victime de qui ?

La main (…) qui reposait sur mon flanc, le frisson qui contractait ma peau, la sensation de picotement qui irradiait sur mon ventre à l’endroit où s’enfonçait son pouce râpeux, l’impression de relâchement que je ressentais dans les muscles de mes cuisses, tout cela était de l’Histoire, au même titre que le cri d’un mourant au bord d’une tranchée ou dans l’enchevêtrement des défenses en tronc d’arbre.

Puisqu’elle est à la fois esclave et femme, son statut dépendra pour l’essentiel du regard des hommes à un moment donné. À l’évidence, et contrairement à Scarlett O’Hara, Samantha Starr aura longtemps subi son destin – comme sa relation au sexe opposé. Au moins en mesure-t-elle toujours plus lucidement les enjeux et conséquences, avant de parvenir à faire valoir ses choix d’amante, épouse et citoyenne par des actes de plus en plus affirmés. L’auteur rappelle d’ailleurs avec talent combien la servitude des femmes de l’époque n’est qu’une affaire de degrés entre les esclaves et celles que l’on dit libres…

Des boussoles morales qui s’emballent

Comprendre enfin qui elle est devenue implique également pour Samantha de saisir la marche de l’Histoire en une période complexe entre toutes : comme les inextricables répliques politiques qu’aura ce tremblement de terre, la guerre civile est sur le point de bouleverser sa condition de femme noire aux yeux de la loi et de la société américaines. Les réactions erratiques de Manty ne font, au final, qu’épouser le chaos du monde. Comme le font d’ailleurs celles des autres personnages : le passionné d’Histoire qu’est Robert Penn Warren s’attache à rappeler le rapport de causalité réciproque entre les destins individuels et ceux des peuples. Les premiers façonnent les seconds, et évoluent en retour sous l’effet des transformations collectives. Comme dans Tous les hommes du roi, aucune des figures marquantes de L’Esclave libre ne s’avère vraiment ce qu’elle paraît être au premier regard. Les boussoles morales de ces femmes et hommes souvrainement ambigus prennent une allure différente selon l’éclairage apporté par les stades successifs de la Guerre.

Car la corruption régnait partout, les affaires étaient mal gérées (…) Il y a avait les digues qui s’éboulaient, la jungle qui envahissait les coins fertiles, les récoltes qui pourrissaient dans les champs, les nouveaux venus qui accaparaient les terres – et, constamment, derrière tout cela, le planteur rebelle, toujours hostile en son coeur au nouvel ordre, affamé, dur, qui attendait sa revanche. Qui l’attendait (…) en maniant le fouet, en refusant de donner des salaires, en faisant régner la terreur, mais surtout en imposant simplement sa présence, sa main qui planait sur toutes choses, son arrogance, son humour, ses étranges violences, ses traits de longanimité encore plus étranges, ses éclairs de compréhension, ses actes de justice. Le planteur, symbole d’un ordre incertain et d’une incertaine adaptation au monde.

« Le maître est rudement méchant, mais lui et moi, on fait bon ménage… »

 – Qu’y pouvons-nous ? Comment parvenir à leur faire sentir que la liberté signifie responsabilité, alors que l’ancien maître est toujours là pour les rappeler dans le monde de l’irresonspabilité, même si ce monde comprend les coups de fouet et dix heures de travail par jour au soleil de Louisiane ? Pourquoi ne seraient-ils pas tentés ?

Jamais magnifiée par l’auteur, celle-ci porte le coup de grâce au modèle à bout de souffle des États confédérés, à base d’une féodalité d’un autre âge et d’une ségrégation raciale au mieux paternaliste dont L’Esclave libre met à nu la perversité aux nombreuses facettes – avec le même soin qu’Underground railroad des décennies plus tard. Mais la force du regard de Robert Penn Warren consiste à dénoncer de manière aussi limpide ce dont il fut le pendant – le rôle séculaire des potentats d’Afrique dans la traite négrière – comme les déviances des profiteurs yankees à l’issue d’un conflit dont ils écrivirent l’Histoire en triomphateurs.

Par le langage, la quête du bonheur

Pour ceux qu’on appellera les Afro-américains, un modèle d’exploitation guère plus humain aura succédé à un autre, esclaves devenus nouveau prolétariat sans oublier les mois passés comme chair à canon. Pour des États-Unis d’Amérique dont l’union fut préservée au prix du sang, l’appât du gain s’érigera en dénominateur commun tout puissant, aux dépens des idéaux humaniste et religieux incarnés ici par Tobias Sears et Seth Parton. On peut dès lors s’interroger avec l’auteur sur la nécessité du mal que fut la Guerre de Sécession, sans remettre en cause son inéluctabilité.

A une période, en Nouvelle-Angleterre (…) des hommes avaient aspiré à vivre selon une certaine idée de Dieu, du Bien, de la Vérité, au-delà du voile des apparences, selon un idéal de Fraternité humaine, de Progrès, de Liberté, au-dessus de l’idôlatrie matérialiste. Ces hommes (…) avaient livré une sanglante bataille pour faire triompher leurs idées, mais, après la victoire, ils avaient trahi en faveur du Moloch matérialiste. Et dans ce pays qui produisait autrefois des hommes d’État, des prédicateurs, des explorateurs, des savants, des poètes, des prophètes, on ne trouvait plus que des politiciens qui se faisaient les portiers du lucre, des juges qui étaient les janissaires de la dette nationale, des tribunaux qui étaient la garde suisse du crédit, des prophètes qui se faisaient les apôtres du six pour cent, des savants transformés en touche-à-tout stipendiés, des professeurs uniquement occupés à répertorier les bibliothèques et des philosophes toujours prêts à tout justifier.

Les ultimes mouvements de L’Esclave libre s’attachent à Samantha, car son émancipation demeure l’enjeu premier du roman, l’objet véritable de son travail de mémoire. De longues années après sa fulgurante disgrâce puis l’abolition de l’esclavage, est-elle enfin devenue une femme libre ? La plume de Robert Penn Warren lui confère une sincérité absolue tout au long de 475 pages d’examen de conscience. Candeur et clairvoyance, ironie et bienveillance, lyrisme et froideur clinique rythment un récit exigeant mais satisfaisant à l’extrême, comme souvent chez l’auteur. C’est par le langage que Manty entreprend sa propre « quête du bonheur », promesse de la Déclaration d’Indépendance – au même titre que la liberté – que le formidable gâchis de la Guerre de Sécession n’aura pas dévoyée.

En défense d’un pouvoir magique de l’art

Tout dans L’Esclave libre démontre combien serait erronnée une vision de la littérature réduite au culturellement, racialement ou sexuellement correct, parce que tout dans cet exercice entrepris par un homme blanc de cinquante ans est un hommage à la résilience et l’indépendance d’esprit d’une femme malmenée par les pires des arbitraires. Cette oeuvre touche au sublime tant elle est brillante dans la langue et le propos ; de sorte que la seule amertume qu’elle laissera au lecteur attentif et intègre résulte d’une certitude affleurant dès ses premières pages, celle de ne pouvoir faire mieux, y consacrerait-on des siècles entiers avec le soi-disant pedigree qui conviendrait. Mais le bonheur de se sentir vibrer à l’unisson d’un tel génie offre une gratification, donc une consolation sans commune mesure avec une écorchure d’orgueil si vaine. C’est vrai du récit à la première personne d’une esclave métisse par Robert Penn Warren comme de celui d’un empereur romain du IIeme siècle publié en 1951 par une auteure franco-américaine née à Bruxelles. La création artistique n’offre jamais mieux que cela. De grâce, ne lui en discutons pas le pouvoir.

2 commentaires sur “L’Esclave libre, Robert Penn Warren

  1. Cher Antoine,
    Quelle critique virtuose – une nouvelle fois ! Je ne me lasse pas d’admirer ta finesse d’analyse, ton style aiguisé et ton humour. Longue vie à 130 livres et à son auteur !
    Amitiés
    Hélène

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