Punchlines du 11 janvier 2020

Le site /

  • C’est la reprise : deux papiers cette semaine sur 130 livres, les chroniques de La littérature sans estomac, indispensable pamphlet de Pierre Jourde sur les fleurons des belles  lettres françaises vues de 2002, et Ce que nous sommes, titre de la rentrée littéraire de janvier consacré par Caroline Bongrand à la réécriture de son roman familial.
  • Et puis dimanche dernier, en guise de voeux pour 2020, c’était la publication des résultats du concours lancé pour célébrer le 130eme post du compte Instagram @130_livres.  Pour participer, il fallait proposer la meilleure page 130 possible d’un livre de sa bibliothèque, un concours remorté de haute lutte avec celle de Réparer les vivants, de Maylis de Kerangal, que je reproduis une nouvelle fois ici, parce qu’on ne s’en lasse pas :

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Les auteurs /

  • Comme évoqué dans une précédente édition des Punchlines, j’ai participé voici quelques semaines à la désignation du Grand Prix 2020 des Blogueurs littéraires. Mes deux choix libres du premier tour, Une flèche dans la tête de Michel Embareck et L’imprudence de Loo Hui Phang, n’ayant pas bénéficié du raz-de-marée qu’ils auraient mérité parmi les centaines de votants, j’ai assisté au second avec curiosité, calant mon suffrage sur celui d’amis lecteurs avertis. Car un semblant d’honnêteté m’oblige à le reconnaître ici : je n’avais lu aucun des 10 finalistes, la faute à des rapports courtois mais distanciés avec l’actualité littéraire française. Ce qui induit ma méconnaissance du lauréat Jolis jolis monstres, de Julien Dufresne-Lamy, consacré au milieu des drag queens newyorkaises des années 80 à nos jours, et très apprécié des chroniqueurs en ligne. Le suspense est à son comble : à la remise du prix prévue dans 3 semaines, aurai-je lu l’oeuvre du célébré du soir ? Je m’engage quoi qu’il en soit à y trinquer à sa santé, vu que 1/ son succès est méritoire et 2/ je compte bien enterrer mon dry January dignement.

Jolis-jolis-monstres

  • Le panel concerné est désormais suffisamment large pour vous faire part des résultats d’une expérience éminemment scientifique, conduite sur ces dix-huit derniers mois. Prenez un lecteur chevronné, pas effrayé par l’exigence ou la densité quand il s’agit de romans, et offrez-lui Tous les hommes du roi de Robert Penn Warren. A priori, il ne l’aura pas lu, et ne connaitra ni la réputation du livre, ni celle de son auteur. En revanche, il trouvera magnifique l’objet lui-même – on parle de sa réédition dans la collection Les grands animaux de Monsieur Toussaint Louverture. Dites combien le bouquin est épatant, mais n’en faites pas non plus des caisses : si l’on parle d’un gros lecteur, il dispose déjà, à ce moment précis, d’une cinquantaine d’ouvrages absolument prioritaires érigés en pyramide au pied de son lit. Laissez donc mijoter un peu de temps, sans relancer outre mesure – après tout c’est une grande fille, voire un grand garçon. Passé un délai standard de trois à quatre mois, surtout, ne faites rien de plus. Attendez juste le message via SMS, WhatsApp ou Messenger : il est imminent. Et dira peu ou prou (des variantes sont possibles) : « Magnifique ». Vous serez alors parfaitement fondés à me remercier.
  • Tous aux abris : ma prochaine lecture est un bouquin édité chez Ring. Je précise qu’il est traduit de l’Américain, pour tous ceux qui redouteraint mon intronisation dans le fan club de Laurent Obertone. Merci d’avance aux organisateurs des futurs sittings outrés en bas de chez moi de laisser un couloir vers la boulangerie et d’arrêter le djembé après 22 heures.

Les puncheurs /

  • Période propice aux rumeurs, ce début d’année bruisse de paris sur l’annonce imminente d’un duel de super-moyens entre Saul « Canelo » Alvarez et l’Anglais Billy Joe Saunders, pour l’unification des titres WBA Super et WBO. Grand copain de Tyson Fury, l’invaincu Saunders est aussi insaisissable sur le ring qu’en négociation, et n’a pas pour habitude d’accepter des combats risqués depuis qu’il est champion du monde ; un tel accord demeure ainsi très hypothétique. S’il venait malgré tout à se confirmer, on devrait assister à un remake de l’affrontement de 2014 entre Canelo et Erislandy Lara, le Mexicain avançant sur un adversaire très fuyant. À ceci près que Canelo a depuis progressé en timing et en puissance, et devrait châtier en contre les rares tentatives de Sanders – lequel, gaucher comme Lara, n’est sans doute pas à son niveau technique. En y ajoutant la cote élevée d’Alvarez auprès des juges de Vegas, un net succès de celui-ci aux points, voire un KO tardif, semblerait assuré.
  • Rumeurs toujours avec des discussions pour un championnat du monde des super-welters entre l’anecdotique Brésilien Patrick Teixeira, titulaire de la ceinture WBO, et la star américaine Terence « Bud » Crawford ». Si la nouvelle est évidemment à prendre avec des pincettes, un tel affrontement ne manquerait pas de décevoir. Crawford est souvent cité parmi les meilleurs boxeurs du moment, mais ses succès contre des adversaires d’élite restent rares (Burns, Gamboa, Postol), et il quitterait ainsi la dense catégorie des welters sans en avoir affronté le moindre cador, alors que la planète boxe tout entière rêve d’un superfight l’opposant à Errol Spence Jr. Le pire est qu’un tel coup de Jarnac reste envisageable, connaissant l’habituelle stratégie gagne-petit de son promoteur Bob Arum, dont cherche aujourd’hui à se séparer un Gilberto Ramirez, lassé du peu d’adversaires de prestige proposés par Top Rank. On comprend mal, dans ce contexte, pourquoi Josh Taylor, auréolé d’une victoire majuscule contre Regis Prograis dans l’un des combats de l’année 2019, vient justement de signer chez Top Rank – sauf à ce qu’il souhaite 3 ans de tranquilité à boxer des seconds rôles… À 88 ans, qu’il soit permis de souhaiter au vieux Bob une retraite méritée en 2020… Enfin.

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  • Parmi les autres reproches adressables à Top Rank, la carrière de Vasyl Lomachenko commence à ronronner franchement, alors que l’Ukrainien, qui fêtera ses 32 ans en février, ne rajeunit pas. En 2019, il aura ainsi obtenu des succès larges et attendus sur les Anglais Anthony Crolla et Luke Campbell. Pas exactement la crème de la crème, alors que – sans même envisager d’accords complexes avec d’autres promoteurs – l’écurie de Bob Arum compte des adversaires potentiels d’un autre calibre en son sein. Pour la nouvelle année, à défaut de la retraite d’Arum, espérons donc voir « Hi-tech » affronter l’un des redoutables puncheurs que sont le champion WBC des super-plumes Miguel Berchelt, ou Teofimo Lopez, qui ravit voici un mois la ceinture IBF des légers à Richard Commey sur un KO retentissant. L’un comme l’autre ont une vraie chance de toucher un Lomachenko toujours virtuose, mais dont la vitesse finira bien par s’éroder. Et là… Bref. Croisons les doigts.

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