Punchlines du 22 janvier 2023

Le site /

  • Pas de nouveau papier cette semaine mais nous sommes toujours en janvier, l’occasion de meubler cette rubrique en explorant les statistiques de 130livres.com pour vous livrer en exclusivité ce que furent les 5 articles les plus lus du site en 2022 :
    • N°5 : les Punchlines du 12 juin 2022 évoquant entre autres la remise du Prix Orange des lecteurs et la revanche expéditive entre Naoya Inoue et Nonito Donaire.
    • N°4 : la chronique la plus longue de l’année 2022 tous supports confondus, j’ai nommé le papier sur anéantir de Michel Houellebecq.
    • N°3 : la biographie d’un boxeur aussi poissard que talentueux – et quel poissard –, le Cubain Luis Rodriguez.
    • N°2 : les Punchlines du 29 mai 2022 où il fut notamment question de Devenir quelqu’un, de Willy Vlautin, une histoire de boxeur dont j’ai aidé à la traduction, et la démolition de Rolando Romero par Gervonta « Tank » Davis.
    • N°1 : en cette année de reprise du Hellfest, une liste subjective mais mûrement réfléchie de 30 albums pour aimer le métal.
  • Dieu que j’apprécie ces palmarès où il n’est question que de ce que j’écris, moi.
Bien joué, gros !

Les auteurs /

  • Rubrique « faut-il en rire ou en pleurer ? » : la littérature fait partie des sujets sur lesquels un buzz assez bas de gamme reste envisageable en 2023. On doit ce constat à Nicolas Ungemuth, chroniqueur rompu à la blagounette piquante et auteur d’un article paru mercredi intitulé « Marc Levy contre Guillaume Musso : qui est le plus nul ? ». Qu’il s’agisse d’un papier du Figaro alimenta sans doute le procès d’Ungemuth en condescendance snobinarde voire en mépris de classe assumé. J’y mettrais un bémol en me référant à mes souvenirs anciens et récents de bibliothèques explorées dans force maisons et appartements de vacances sis sur la côte atlantique, dont les propriétaires constituent le cœur du lectorat du Figaro ; quant ils ne relèvent pas purement et simplement des éditions Gérard de Villiers, leurs fleurons dépassent rarement Levy ou Musso sur l’échelle du Masque et la Plume. Bref : chez les possédants, le goût n’est certes pas plus sûr qu’ailleurs, ce dont on était déjà largement au courant. Reste que de la part d’un critique littéraire, s’en prendre à ces deux vedettes des présentoirs en Relay ne constitue pas tout à fait un acte journalistique plein de panache iconoclaste. En l’espèce, la posture d’avocat de la défense, ou tout du moins de lecteur chevronné cherchant à comprendre leur succès sur la durée, est autrement plus estimable. Je vous recommande donc le papier publié en 2014 sur Slate.fr par l’éminent Jean-Marc Proust, un spécialiste de la forme romanesque fameux pour ses hilarants coups de griffe qui se livra à une analyse un tant soit peu rigoureuse de la méthode Musso. On y apprend plus que chez Ungemuth tout en ne rigolant pas moins.
  • Mi-Poil de carotte, mi-Elle m’appelait Miette, le magnum opus autobiographique du prince Harry intitulé Le suppléant est en tête des ventes de livres en France, ce qui constitue le 827e signe objectif de l’imminence de la fin du monde.
  • Se comparer pour se consoler : les éditeurs allemands appellent à « Un Plan national pour la lecture », considérant d’une part la contraction du marché local du livre et d’autre part les les difficultés d’apprentissage déplorées par une large majorité des directeurs d’écoles outre-Rhin. L’histoire ne dit pas encore si Le Suppléant aura relancé la lecture chez leurs chères têtes (très) blondes.
  • Signe des temps, les libraires poids lourd que sont le Furet du Nord et Decitre prennent acte du penchant contemporain pour l’économie circulaire en proposant désormais des rayons dédiés aux livres d’occasion. Il me vient un commentaire affûté et profond : c’est pas idiot.
  • Les abonnés à Livres Hebdo peuvent voter en ligne jusqu’au 5 janvier pour les Trophées de l’édition 2023. Les nommés pour le trophée de « Petite maison de l’année » sont : Agullo, Éditions 2024, l’Étagère du bas, Les Éditions du Panseur et Monsieur Toussaint Louverture. En ce qui concerne la catégorie « Éditeur de l’année » on citera Guillaume Robert (Flammarion), Nathalie Zberro (L’Olivier), Emilie Colombani (Rivages), Juliette Picquier (Picquier) et Pierre Fourniaud (La Manufacture de livres). Faites-en ce que vous voudrez, personnellement je ne suis pas abonné mais j’aime bien les couvertures bling de MTL et les statuts Facebook de Mme Zberro.
En blanc sur blanc, le titre « Trophées de l’édition » sort moins bien.
  • Les réseaux sociaux ne diffusent pas que des blagounettes éminemment spirituelles et des indignations souvent convenues : ils peuvent émouvoir en nous apprenant la disparition de ceux dont on ignorait jusque-là l’existence. Ainsi Didier Dubois, libraire de Montélimar décédé cette semaine à l’âge de 54 ans, spécialiste de littérature américaine apparemment reconnu pour son humour et son professionnalisme. Il portait des T-shirts des Beatles et s’était battu pour sauver son établissement au temps de sa liquidation ; on broderait des vies entières en lisant ces nouvelles-là. Le départ de tout passeur est une tragédie particulière. Amitiés à ses proches.

Les puncheurs /

  • Même ceux qui n’ont jamais tenu en très haute estime les qualités pugilistiques de Chris Eubank Jr. lui attribuaient un menton solide, hérité de son illustre papa. Est-ce parce qu’il a désormais du mal à tenir la limite des moyens ou bien parce qu’il approche la date de péremption, toujours est-il que l’Anglais a subi hier soir à la Manchester Arena la première défaite avant la limite de sa carrière. Opposé à Liam Smith, dont c’était seulement la deuxième sortie à 160 livres, Eubank semblait suffisamment bien user de son avantage d’allonge pour mener après 3 rounds lorsqu’il se retrouva acculé dans un coin puis assaisonné d’une méchante série droite – uppercut gauche – crochet gauche qui l’envoya sur les fesses. Pas franchement stable sur ses appuis pendant le compte de 8, il fut illico renvoyé à terre par Smith et l’arbitre n’hésita pas à l’arrêter quand il s’affala sur lui en se relevant. Si Eubank évoque déjà la clause de revanche, il semble désormais plus à l’aise dans le trash talking que lorsqu’il s’agit de l’assumer entre douze cordes…
Vous reprendrez bien un uppercut gauche ?
  • Il ne faut peut-être pas désespérer de la boxe ! À peine le champion incontesté des coqs Naoya Inoue annonçait-il sa montée dans la catégorie supérieure que le patron des super coqs Stephen Fulton, titulaire des ceintures WBC et WBO, manifestait lui-même son intérêt pour une montée en plumes pour une revanche contre Brandon Figueroa… Alors que les observateurs commençaient à rire de ce nouveau remake d’Attrape-moi si tu peux, on apprit qu’un superfight entre Fulton et Inoue à Tokyo serait finalement en cours de négociation. Entre le très technique « Cool Boy Steph » et le croquemitaine nippon, il s’agirait là d’un des meilleurs combats que la boxe ait à offrir en 2023. Croisons les doigts.
  • Le noble art, c’est aussi des affiches dont tout le monde se fout. Ainsi, l’annonce du énième retour sur les rings d’Adrien Broner, bientôt opposé à Ivan Redkach s’il parvient à franchir le très franchissable obstacle Henry Lundy le 25 février prochain. Ai-je déjà dit qu’on s’en foutait ?
  • Ainsi va la vie Joe Joyce : bien trop grand, costaud, endurant et résistant pour son propre bien, il ne se verra sans doute accorder une chance mondiale chez les lourds que lorsqu’il aura montré les premiers signes de son déclin. On annonce une prochaine défense de son titre WBO par intérim contre le monumental Chinois Zhang Zhilei pour un combat de super lourds intéressant sur le papier. En sous-carte d’Usyk vs Joshua II, Zhang avait envoyé au tapis le Croate Filip Hrgovic avant de faire ses 39 ans dans les derniers rounds, mais il peut légitimement s’estimer lésé par les juges. L’activité surnaturelle de Joyce 12 rounds durant devrait avoir raison de sa résistance, mais la défense poreuse de l’Anglais devrait donner quelques sueurs froides aux fans d’outre-Manche avant qu’il ne s’impose. Une chose est sûre : les amateurs de barbaque verront pas loin de 550 livres se mouvoir sur le ring, soit l’équivalent de quatre poids légers…
  • À propos de barbaque, l’imposant champion UFC des lourds Francis Ngannou a définitivement rompu ses liens contractuels avec l’organisation reine du MMA. En plus de 3 superfights (Jon Jones x2 et une belle contre Stipe Miocic), le puncheur Camerounais aux genoux facétieux exigeait ce qui aurait constitué de réelles avances sociales dans le business très féodal de Dana White : une représentation des combattants au conseil d’administration de l’UFC et le financement de leur assurance santé, sans compter la possibilité d’un sponsoring individuel. Si l’on considère que le gâteau du MMA ne cesse de grossir, il devrait attirer des investisseurs capables de surenchérir sur l’UFC et proposer aux stars de meilleures conditions de travail. Pour l’Ultimate Fighting Championship, qui fêtera cette année ses 30 ans d’existence, la fin de l’hégémonie est peut-être en vue. Pourquoi en parler à la rubrique boxe ? 6 ans après Mayweather vs McGregor, Francis Ngannou envisage très sérieusement d’affronter une star de la boxe anglaise, Tyson Fury ou Anthony Joshua, possiblement selon des règles intermédiaires avec le MMA (cage et gants de 4 onces). L’intérêt d’un tel spectacle ? En ce qui me concerne : faible à inexistant.

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