Punchlines du 29 mai 2022

Le site /

  • Pas de nouveaux papiers cette semaine. J’étais en vacances. En quoi ce fait constituerait-t-il une justification irréfutable et suffisante ? Aucune idée.
  • Peu de contenus de première fraîcheur, donc, et pourtant une avalanche de clics ces derniers jours en provenance de WordPress pour Android, en particulier pour mon billet acrimonieux sur le traquenard ouzbek tendu à l’infortuné Michel Soro fin 2021 et pour la biographie de l’oublié pugiliste cubain Luis Rodriguez. J’avoue avoir comme un doute sur le regain d’intérêt qu’auraient pu susciter l’un ou l’autre sujet, après quoi je m’interroge sur l’authenticité des clics en question. Si 130livres.com fait partie d’un vaste complot planétaire fomenté dans les fermes à trolls de viles puissances occultes, merci de bien vouloir m’en expliquer les motifs.
Vous sachez ? Je veux sachoir.

Les auteurs /

  • Jouez hautbois, résonnez musettes ! Un nouveau roman de Bret Easton Ellis est attendu au printemps 2023 dans sa version française. Intitulé The Shards, il fut diffusé à l’origine en version audio sur le très populaire podcast de l’auteur d’American Psycho. Ce sera la première œuvre de fiction publiée en 12 ans par Ellis, dans la pure veine feel good qui fit sa gloire : on y parlera des années 80, d’adolescence inconfortable, de fantasmes troubles, de cauchemars indicibles et d’un tueur en série. Autant dire que chez les fans inconditionnels le risque de déception sera modéré à faible…
  • Autopromotion : je reposte ici un billet publié l’an passé sur Instagram où il était question de Devenir quelqu’un, de Willy Vlautin, dont j’ai aidé à la traduction sur les questions pugilistiques.
    • Horace travaille comme vacher dans un rancher reculé du Nevada. Il est fiable et travailleur. Parmi ses rares fantaisies, le heavy metal au casque et le tabac à chiquer. Contrairement aux parents qui l’abandonnèrent très tôt, ses hôtes Eldon et Louise l’aiment comme le fils qu’ils n’ont pas eu et pensent même lui transmettre leur affaire. Horace, cependant, veut devenir champion du monde de boxe. Entre rêve et méthode Coué, il est confiant malgré ses failles, et il y sacrifiera tout.
    • De sang irlandais et indien, Horace n’a pas l’air blanc : il passera pour un Mexicain, plus réputés sur les rings que les Païutes. Il s’installe en Arizona, dans la maisonnette d’une grand-tante décédée. Chez lui, il fait des pompes et des abdos. Il tente aussi d’apprendre l’espagnol et de se faire à la cuisine épicée.
    • Le môme trouve vite un employeur et un entraîneur de boxe latinos. Il cogne dur mais doit lutter contre des accès de panique. Sa première victoire lui procure une fierté inédite. On lui apprend les ficelles tout en profitant de sa détermination. Il manque aux Reese, comme fils adoptif autant que comme employé. Eldon tente de faire tourner le ranch malgré un dos en miettes, des investissements coûteux et une main d’œuvre volatile. Il soutient le choix d’Horace tout en l’assurant de la place qui l’attend auprès d’eux.
    • Le gamin croise beaucoup de jeunes en errance ou de vieux qui aiment à raconter leurs vies de losers nomades. Bosseur et poli comme il l’est, Horace est une rareté. Mais il erre lui aussi à sa façon, en bus, d’état en état, Utah, Arizona, Texas, Mexique, pour vivre son rêve en prenant des coups. Il découvre la douleur qui ronge et qui déforme. Sa solitude s’installe telle une maladie. La honte d’échouer, aussi. Certains se détruisent à petit feu faute d’un dessein, d’autres en poursuivant une chimère.
    • Le ton de Willy Vlautin sied à cette histoire dure et simple, racontée lucidement, sans complaisance pour le vice ou le malheur. Les vrais sommets de Devenir quelqu’un ne sont pas les accès de violence sur ou en dehors des rings mais les rares moments d’empathie vécus par le protagoniste. À l’évidence, l’auteur préfèrerait la grâce à la noirceur. Certains combats, hélas, ne sont pas gagnés d’avance.
Un roman qui parle de boxe : on est bien dans la ligne éditoriale du site.

Les puncheurs /

  • L’avant-combat opposant Gervonta « Tank » Davis à Rolando Romero aura ravi les amateurs de trash-talking bien gras. Sur le ring, on a pu constater 5 rounds durant que Tank n’adorait pas être agressé, en particulier lorsqu’il semble plus ou moins concentré sur son ouvrage. À moins que le si distingué boxeur de Baltimore ait simplement décidé d’attendre l’ouverture contre un adversaire à l’agressivité proportionnelle à la taille de sa bouche. Romero finit par expérimenter une vérité pas si secrète : se ruer sur Davis le menton bien haut n’est pas l’idée du siècle. La gauche mahousse sur laquelle il vint si gaillardement se fracasser la tronche lui aura sans doute fait oublier son adresse postale. Vivement que l’on voie Davis enfin opposé à l’élite des poids légers, Vasyl Lomachenko ou le vainqueur de l’unification à venir entre les champions du monde George Kambosos et Devin Haney, samedi prochain à Melbourne. Dans la série « on n’aura pas appris des masses », notons également le succès aussi implacable qu’ennuyeux d’Erislandy Lara sur un Gary O’Sullivan dont les qualités techniques feraient passer Ricardo Mayorga pour Floyd Mayweather Jr.
Où vais-je ? Où cours-je ? Dans quel état j’erre ?
  • À propos des poids légers, il semble acquis que Teofimo López ait quitté la catégorie pour de bon dans la foulée de son échec inattendu contre Kambosos. On annonce un combat en août à 140 livres contre le second couteau mexicain Pedro Campa. López est assurément son propre pire adversaire, et il devrait tôt ou tard croiser la route de vrais durs de durs en super légers quoi que décide le patron Josh Taylor (qui a perdu sur tapis vert la version WBA de son titre incontesté). On souhaite à Teofimo d’avoir remis l’église au milieu du village et le facteur sur le vélo avant de venir chatouiller les Prograis, Ramirez, Matias ou Zepeda, voire l’étoile montante Russell Jr… bien qu’il y ait peu de chances qu’il se sépare de son encombrant entraîneur de père.
  • Depuis septembre 2021 et son succès avant la limite sur Igor Mikhalin à Roland Garros en sous-carte de Yoka vs Milas, Matthieu Bauderlique est champion EBU des mi-lourds. Le médaillé de bronze des Jeux Olympiques de Rio doit à l’état calamiteux de la boxe professionnelle tricolore de n’avoir toujours pas défendu son titre. Pire, la rumeur l’opposerait à Callum Smith en demi-finale WBC le soir de la revanche entre Olexander Usyk et Anthony Joshua… Rappelons que l’unique vainqueur de Smith en professionnels s’appelle Canelo Alvarez et que l’interminable Anglais (1m91 pour 1m98 d’envergure) semble plus à son aise depuis sa montée à 175 livres. Autant boxer dans un grand stade outre-Manche constituerait une très belle opportunité dans l’absolu, autant y aller rouillé et sans étape de niveau intermédiaire entre Mikhalin et Smith a tout de l’opération kamikaze. Si l’affaire se confirmait, puisse Bauderlique puiser dans l’adversité les ressources mentales dont fit preuve un Kévin Lele Sadjo pour aller démanteler Jack Cullen à domicile…
  • Rumeurs toujours : le champion WBA et WBC des super mouches Juan Francisco Estrada ne défendrait pas ses ceintures contre Joshua Franco mais privilégierait une belle contre Roman Gonzalez à la rentrée. Ceux qui savent, savent : ces deux-là sont d’extraordinaires partenaires de salsa et la perspective de 12 nouveaux rounds à 2500 coups échangés en une multitude de combos assassins ne peut que réjouir les vrais amoureux du noble art.
  • J’aurais adoré pouvoir me rendre à la soirée du 4 juin prochain au Zenith de Nantes, dont le combat vedette opposera les super welters français Ahmed El Moussaoui et David Papot. Ce ne sera hélas pas le cas, mais j’invite les amateurs d’escrime de poings à consulter l’interview ci-après du promoteur David Musset sur la chaîne du Cap’tain Crochet pour se motiver en vue du déplacement. Car cet évènement-là promet beaucoup !

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