Punchlines du 26 mars 2022

Le site /

  • Oui, le présent numéro des Punchlines de 130 livres est bien le premier depuis plus de deux ans. On dira que pour le cossard que je suis la pandémie aura fait un alibi commode : les actualités littéraires et pugilistiques ont repris depuis bien longtemps, riches de leurs splendeurs et misères respectives. Une périodicité hebdomadaire restera l’objectif. N’hésitez pas à récriminer si la promesse n’est pas tenue. J’aurai au moins l’impression d’être lu.
  • Comme l’auront noté les plus observateurs d’entre vous, le site lui-même n’a guère changé, les très (trop) longs papiers non plus. Tous ces derniers sont désormais dotés d’une version audio disponible en streaming et podcast. Autre nouveauté, la page « Soutien » accessible depuis le menu principal et qui permet de laisser 10 balles via Paypal. Si 130livres.com ne sera jamais un site lucratif et si je n’imposerai jamais la hideur de bandeaux publicitaires à son lectorat, en partager parfois les frais d’hébergement me donnerait l’impression grisante d’être porté par un large mouvement populaire. Merci d’avance pour l’entretien bienveillant de ma mégalomanie, mais lire, c’est bien aussi, hein.
Donnez, donnez, dooooooonnez…
  • L’article le plus consulté de l’histoire de ce site est désormais la chronique de L’anomalie d’Hervé Le Tellier. Deuxième de la liste, la nécrologie de Marvelous Marvin Hagler fut quatre fois moins lue. Ce grand écart ne s’explique pas seulement par le traitement éminemment élégant et spirituel auquel eut droit ici le lauréat du Prix Goncourt 2020 : la vérité m’oblige à dire que l’algorithme de Google y fut pour beaucoup. Tout plein de gens se sont apparemment rués sur internet une fois le bouquin fini, taraudés par l’impression de n’y avoir rien pigé. Ils ont ainsi tapé « L’anomalie » et « explication » dans le moteur de recherche, or le mot « explication » figure dans mon papier, dont l’adresse sortait ainsi très haut dans les résultats. Et ils ont cliqué, les bougres, pour ne trouver nulle trace de ladite explication – j’en ris encore.

Les auteurs /

  • Le grand prix RTL – Lire Magazine Littéraire a été décerné à Hélène Gestern pour son roman 555 et lui fut remis lundi soir dernier dans le Grand Studio de la radio en question. Je n’ai pas dérogé à mon principe cardinal de ne jamais avoir lu le livre que l’on honore lorsque je me rends à un pince-fesses littéraire, mais il semble ici y avoir unanimité entre mes estimés collègues du magazine et les amis que je comptais parmi membres du jury (en l’occurrence, des lecteurs chevronnés choisis par une vingtaine de libraires de France) : 555 mérite bien sa distinction. La lecture qu’on donna de son élégant incipit confirma cette impression. La soirée fut aussi l’occasion de constater combien Philippe Labro porte encore beau, d’écouter l’éclectique et chevelu Yvan Cassar interpréter avec brio deux sonates de Scarlatti, dont il est question dans 555, comme de boire – et de rigoler – un bon coup avec Monsieur Sorj Chalandon. On a vécu pire lundi soir.
Passion cadrage
  • Alors que commence le traditionnel faux plat entre deux rentrées littéraires, une nouvelle a fait grand bruit. Ou plutôt deux : The Passenger et Stella Maris, les nouveaux romans de Cormac McCarthy, sortiront en fin d’année aux États-Unis et en 2023 à L’Olivier. Le New York Times vient d’en déflorer les intrigues ; j’avoue ne pas avoir cherché à en savoir plus, tout juste ai-je retenu que les deux œuvres racontent une même histoire. Seize ans ont passé depuis La route, le Prix Pulitzer 2006 qui m’avait laissé infoutu d’ouvrir autre chose que le Guide Hachette des Vins pendant les six mois suivant sa lecture. Dieu sait s’il me tarde d’être doublement dévasté l’an prochain. Et l’on ne saurait faire mention du génial romancier américain sans un mot pour François Hirsch, disparu l’an dernier, à qui l’on doit entre autres l’extraordinaire traduction de Méridien de sang. Tous mes vœux à qui lui succèdera.
  • Renouons avec la tradition non écrite des devinettes portant sur les articles à venir : on devrait bientôt parler ici d’un prix littéraire récent d’où est issue LA phrase qui m’aura le plus marqué en 2021 : « Je déjeunai d’une pizza Regina, fébrile ».

Les puncheurs /

  • Depuis la dernière édition des Punchlines et pour occuper mon confinement, j’ai participé à un fameux paquets de vidéos Youtube consacrées aux grands pugilistes d’antan chez l’ami Cap’tain Crochet. La dernière en date revient sur la carrière de David Haye (et oui, je dis « aïe » et pas « haie »), tandis que la prochaine évoquera la carrière d’un boxeur français des années 90 et 2000 dont le frangin fut champion du monde avant lui… Là, c’est cadeau.
  • Réjouissons-nous qu’un duel franco-français soit proposé en tête d’affiche de l’autre côté de l’Atlantique. Pour son 21eme combat professionnel, l’invaincu Christian « Solide » Mbilli poursuit son parcours vers une chance mondiale en affrontant le vétéran de Gardanne Nadjib Mohammedi. Lors de sa dernière victoire sur l’Américain Ronald Ellis, le costaud et puissant Mbilli a révélé une nouvelle facette de son jeu, la faculté à construire patiemment un succès sur les cartes. « Iron Djib » a été choisi pour qu’il progresse encore, mais même s’il boxera chez lui à Montréal le Franco-camerounais serait bien avisé de prendre au sérieux le défi de ce soir. Mohammedi a beaucoup d’expérience, il sait adapter son style, il est physiquement plus à l’aise en super-moyens qu’en mi-lourds et beaucoup de ses défaites en carrière furent concédées sur terrain adverse, en Russie notamment, sous l’œil de juges peu complaisants. Ajoutons à cela une motivation au taquet, comme en témoigne son interview de cette semaine chez le Cap’tain Crochet. Si Mbilli fait un favori légitime, il devra donner son meilleur pendant les 10 rounds prévus. Pour celui que The Ring et la WBC classent numéro 8 de sa catégorie, une victoire avant la limite impressionnerait avant une possible demi-finale mondiale.
On sait encore faire des affiches
  • Ce week-end sera par ailleurs marqué par deux tentatives de rédemption passablement risquées. Business oblige, Josh Warrington disputera à domicile un championnat du monde IBF des plumes, mais il sera dans la peau du challenger. L’Espagnol Kiko Martinez conquit la ceinture l’année dernière sur un KO aussi retentissant qu’inattendu aux dépens de Kid Galahad, embouti chez lui à Sheffield. On se rappelle la déroute de Warrington en février 2021 contre Mauricio Lara, un bagarreur-puncheur supposément à sa main. Lui dont la victoire de 2019 sur le même Kid Galahad fut très controversée a l’endurance et la boxe pour gagner aux points contre Martinez, comme lors de leur première confrontation en 2017, mais ces 12 rounds seront aussi affaire de punch et de menton… Une affiche très équilibrée sur le papier, donc excitante en diable. Et puis on gardera un oeil sur le retour de Miguel Berchelt après la correction reçue des mains d’Oscar Valdez il y a un an. Difficile de se remettre de pareil traitement, ce à quoi il faut ajouter un passage à 135 livres où El Alacrán perdra une partie de ses avantages physiques en super-plumes. Contre le puncheur Namibien Jeremia Nakathila, ancien adversaire de Shakur Stevenson, Berchelt pourrait passer une soirée plus compliquée que prévu.
  • Dans la série « On ne les voit pas grandir », Tim Tszyu, fils de Kostya, affronte à Minneapolis Terell Gausha, l’ex-adversaire d’Erislandy Lara et Erickson Lubin. Sur le ring, Tszyu rappelle énormément son puncheur de papa, un poil de puissance en moins. S’il bat le résilient Gausha son nom viendra s’ajouter à la longue liste des prétendants au titre de meilleur super-welter de la planète… dans une catégorie très dense où l’on espère que Michel Soro prendra sa revanche sur Israil Madrimov à défaut d’avoir obtenu le no contest sur lequel aurait dû se solder leur première confrontation.
  • Autopromo pour finir : j’ai commis un papier pour le site de Libé sur la rivalité pugilistique entre Russie et Ukraine, et c’est ici.

2 commentaires sur “Punchlines du 26 mars 2022

  1. Toujours un réel plaisir de retrouver les « bons mots » de cet écrivain qu’est Antoine.
    Merci pour ces tournures de phrases qui me font régulièrement réfléchir et merci aussi de me donner constamment l’envie de lire après être passé sur les différents réseaux ou sites où tu apparais.
    Bravo

    J’aime

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