100 titres de bruit qui fait du bien – n°25 à 1 (mais pas que)

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Épisode 1 : n°100 à 76

Épisode 2 : n°75 à 51

Épisode 3 : n°50 à 26

 

Le bouquet final : un maître marionnettiste, des poissons voraces, une momie atrabilaire et de l’hémoglobine comme s’il en pleuvait.

 

25 / Epic, The real thing, Faith No More

Gardons bien à l’esprit qu’Epic, référence du funk metal, fut composée avant que Mike Patton soit recruté au chant. Il en écrivit certes les paroles, mais on garde l’impression tenace que son embauche releva de la préscience : Patton possède ce morceau comme Michael Jordan dominait la NBA.

 

24 / Supernaut, Vol. 4, Black Sabbath

La vie est injuste. Lorsqu’ils prennent trop de cocaïne, la plupart des individus se croient passionnants – ils se trompent de beaucoup – et font tout plein de bêtises. Mais s’il s’agit de Black Sabbath, ils composent une tuerie absolue intitulée Supernaut, dont le groove du riff principal ferait passer James Brown pour Alain Juppé. Retenons aussi de ce titre qu’Ozzy y sonne moins plaintif qu’à son habitude… et que ça lui va bien.

 

23 / Among the living, Among the living, Anthrax

Anthrax décida un jour de produire une sorte de catalogue des tempos et styles de riffs couramment utilisés en thrash metal, et l’intitula Among the living. C’est aussi un hommage au Fléau, de Stephen King, dont le guitariste barbichu Scott Ian fait partie des fans compulsifs. Ainsi, le voyage subluminique en vaut doublement la peine.

 

22 / Paschendale, Dance of death, Iron Maiden

Paschendale d’Iron Maiden, ou comment le spécialiste des compos courtes et pêchues Adrian Smith se fendit de 8 minutes et 27 secondes d’un rock progressif précis et exigeant, qui plonge son auditeur au cœur d’une boucherie héroïque à un demi-million de morts. Au point qu’il est même permis d’en dire « on s’y croirait » sans avoir l’air d’un con. Un tour de force.

 

21 / Propaganda, Chaos AD, Sepultura

Encore plus dense, brutal et complet qu’Among the living en à peine 3 minutes 30. Accrochez-vous à vos sous-vêtements.

 

20 / Fabulous disaster, Fabulous disaster, Exodus

Un son moins brut que sur Bonded by blood, et la voix « bonscottienne » de Steve « Zetro » Souza en lieu et place des glapissements de Paul Baloff. À part ça… Des riffs simples, rapides et parfaits. Des solos qui claquent. Un chanteur énervé. Des paroles méchamment débiles. Du 100% pur Bay Aera thrash. Mes chouchous d’Exodus.

 

19 / Motorhead, Motörhead, Motörhead

La chanson éponyme d’un album et d’un groupe. On ne fait pas plus séminal. Et plus rustique, c’est difficile, encore que l’originalité de la Rickenbacker de Lemmy jouée comme une gratte, signature du groupe, éclate ici aux oreilles. Pour la petite histoire, c’est une reprise de son ancien groupe Hawkwind, qui aurait dû s’intituler Bastard. La face du monde en eût été changée.

 

18 / Dream on, Aerosmith, Aerosmith

Oui, c’est de la guimauve. Mais la meilleure de l’univers.

 

17 / Blackened, … and Justice for All, Metallica

L’une des spécialités du Metallica de la grande époque fut, sur chaque album, de cogner dur d’entrée de jeu. Blackened est l’opener du plus finement ciselé des joyaux thrash du groupe, qui traite du thème actuel entre tous de l’écologie, et encapsule la puissance combinée d’un tremblement de terre, un tsunami et un cyclone.

 

16 / Raining blood, Reign in blood, Slayer

La seule fois où j’ai vu Slayer en live, sur Raining blood, il a plu. True story. Je ne les ai donc jamais vus en salle. Phil Anselmo, frontman de Pantera qui en connaît un rayon sur les ambiances chamailleuses, le dit mieux que personne : « Slayer est le premier des shows où j’ai vu des gens plonger dans la fosse depuis le balcon ». Et Raining Blood est un sommet de leurs concerts. Plus qu’une chanson tout en démesure, un rituel paganiste insane.

 

15 / It’s so easy, Appetite for destruction, Guns n’Roses

« I see you standing here… You think you’re so cool… Why don’t you just… Fuck off ! » Alors oui, adolescent en Jacadi, j’étais impressionnable. Mais ce concentré d’attitude-là reste un putain de poème.

 

14 / Master of puppets, Master of puppets, Metallica

La drogue, c’est mal. Encore faut-il savoir le dire avec panache. Jetez-vous donc sur la video du concert de 1989 à Seattle. Manifestement cokés jusqu’aux yeux, les Four horsemen de l’époque livrent de ce chef d’œuvre une version qui vaut son pesant de colombienne pure.

 

13 / Rainbow in the dark, Holy diver, Dio

Cette chanson me fout en l’air. Point.

 

12 / Welcome to the jungle, Appetite for destruction, Guns n’Roses

Les impressions à chaud de William Bruce Bailey alias Axl Rose, gamin de l’Indiana lâché dans le Los Angeles des années 80 – autant dire Babylone la maudite. Sur le papier, de quoi faire un moment monstrueusement rock n’roll. Dans les faits, ça l’est bien plus encore.

 

11 / Back in black, Back in black, ACDC

Un riff dantesque pour une résurrection, celle d’un groupe tout juste orphelin de son mentor et grand frère Bon Scott. On ignore encore où les frangins Young puisèrent la force requise par une telle remise en selle. L’hypothèse la plus plausible est que la musique, ils aimaient ça, en fait. Ce titre témoigne aussi du talent souvent sous-estimé du remplaçant Brian Johnson : qui aurait fait mieux que « Jonna » sur un rap hurlé aussi délirant  que Back in black ?

 

10 / Falling off the edge of the world, Mob rules, Black Sabbath

Planqué en piste 8, ce météore offre de nouveau à Ronnie James Dio de passer du cristallin au tempêtueux. Le paradoxe intrigue toujours : Sabbath l’avait accueilli à bras ouverts sur Heaven & Hell, polissant le son des années Osbourne pour l’occasion, mais Mob rules marque le retour d’une certaine rusticité tonale. L’effet produit s’avère passionnant : la voix semble cette fois livrer aux riffs une lutte furieuse. Dans Falling off the edge of the world, chacun est à son meilleur. Mention à Tony Iommi, peut-être chatouillé par les prouesses de Randy Rhoads auprès de son ancien chanteur, dont le solo splendide tient plus du shredding qu’à son habitude.

 

9 / For whom the bell tolls, Ride the lightning, Metallica

Pondre un golgoth mid-tempo d’un tel calibre, sur un texte inspiré d’Ernest Hemingway, à vingt piges à peine : c’est chié.

 

8 / Piranha, Bonded by blood, Exodus

Je vous ai déjà parlé de mes chouchous d’Exodus ? Vraiment ? Piranha constitue, à mon sens, le degré d’achèvement ultime de leur style totalement dépourvu de concessions. Riffs et solo au cordeau donnent envie de mordre, en meute, un nageur solitaire et imprudent, ce qui bien l’objet de la présente affaire. Gnap, gnap.

 

7 / Children of the sea, Heaven & hell, Black Sabbath

Au-delà de sa qualité d’ensemble, qui laisse baba – et l’œil tout mouillé -, retenons la perfection de l’intro et de la conclusion de Children of the sea. Look out !

 

6 / Mouth for war, Vulgar display of power, Pantera

Vulgar display of power est au métal ce que l’hélicobite est à la chorégraphie : l’expression d’un virilisme chimiquement pur à défaut d’être du meilleur goût, que les opus suivants de Pantera teinteront d’un pathos vertigineux. Le sens profond de l’ouverture Mouth for war pourrait se résumer ainsi : « Faudrait voir à plus me faire chier. » C’est aussi un morceau à la densité, la tenue et la cohérence presque irréelles.

 

5 / Paranoid, Paranoid, Black Sabbath

Admettons qu’il ait été plus aisé de composer des riffs pesants et originaux en 1970 qu’en 2020. Reste que Paranoid, littéralement écrite sur un coin de table pour boucler l’album qui portera son nom, tient du strike. Tout s’emboîte, tout clique, tout fonctionne.

 

4 / The Hellion / Electric eye, Screaming for vengence, Judas Priest

S’il fallait désigner un prototype de chanson de heavy metal, mon choix se porterait sans doute sur Electric Eye, indissociable des 42 secondes de l’instrumental qui précède. Un son, un riff, un rythme, un solo, une voix, tous intemporels. Et comment ne pas ajouter la préscience du texte, parfaitement transposable aux yeux baladeurs des GAFAM et gouvernements contemporains : « I’m made of metal, My circuits gleam, I am perpetual, I keep the country clean… I’m elected electric spy, I’m protected electric eye »

 

3 / Powerslave, Powerslave, Iron Maiden

Powerslave aborde le thème pas franchement rigolo d’un fantôme piégé dans une momie pour l’éternité. À la fois sinistre, orientalisant et sacrément pêchu, le riff plonge illico dans cette ambiance funèbre. Et l’interprétation jamais plus habitée de Bruce Dickinson – à qui l’on doit ce titre – ajoute encore à la tension dramatique du récit. Arrivent le break et le sublime solo atmosphérique de Dave Murray. Lorsque le riff repart plein pot, préparez-vous à l’ultime phrase chantée : sur Powerslave, la descente vaut son pesant de steak & kidney pie. La parfaite synthèse des charmes envoûtants d’Iron Maiden.

 

2 / Ride the lightning, Ride the lightning, Metallica

Si Electric eye est la quintessence du heavy metal, Ride the lightning est celle du thrash, le son d’une évidence derrière la construction et la technique savantes : ça fonce, ça défonce et ça dénonce.

 

1 / Heaven & hell, Heaven & hell, Black Sabbath

Les plus sagaces d’entre vous auront déduit de ce qui précède mon faible pour Ronnie James Dio d’une part, et Black Sabbath de l’autre. Dès lors, un choix s’impose pour le numéro 1 : le titre éponyme de Heaven and hell, qui prend son temps pour étirer ses ailes majestueuses, jusqu’à un ultime mouvement d’une grâce à peine explicable. Le truc se vit.

 

0 / Highway to hell, Highway to hell, ACDC

Zéro parce qu’elle est usée jusqu’à la trame, celle-là ; on verrait presque à travers sans plus trop faire gaffe à la coupe, aux textures et aux couleurs. Parce qu’elle appartient désormais davantage à la pop – pour « populaire », rappelons-le – qu’à un genre qui ferait peur aux bonnes gens. Qu’on a tous guinché dessus dans les endroits les plus absurdes – et les moins métal – qui puissent être. Parce que des djeuns portent des Tshirts Highway to hell au nom du vintage, et écoutent PNL sans une traître idée de ce qu’ont pu représenter l’album et la chanson.

Mais surtout, zéro au sens de « kilomètre zéro », parce qu’elle est à la fois une matrice et un point de bascule, la-ré-sol-ré/fa#, des années 70 des pionniers aux Eighties triomphantes, et entre ce qui est peut-être la plus sublime des inventions inutiles du genre humain – le rock n’roll – et ses versions les plus goûteuses, capiteuses et aventureuses que j’appelle, pour faire simple, « le rock velu ». Pour moi, Highway to hell n’occupe pas la tête d’un quelconque classement. Elle est LA chanson.

 

 

Et merci à Olivier d’avoir compilé la liste sur Deezer !

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