Punchlines du 27 novembre 2022

Le site /

  • Non, toujours pas de nouveau papier, et ça ne va pas s’arranger les semaines qui viennent. J’en suis le premier navré. Cela dit, ce que vous avez sous les yeux y ressemble un peu. C’est déjà ça.
  • Aujourd’hui, 130livres.com a enregistré des connexions en provenance d’Haïti, de Nouvelle-Calédonie, de la Réunion et de Guyane française. Je n’ai rigoureusement aucun début d’explication. Merci de votre attention.
Ce site est hanté.

Les auteurs /

  • Le Goncourt des lycéens a donc été attribué à Sabyl Ghoussoub pour Beyrouth-sur-Seine (Stock), l’enquête menée par l’auteur sur ses racines libanaises alors que ses parents choisirent de quitter Beyrouth pour Paris en 1975. J’avoue que je n’ai pas lu ce bouquin – une constante parmi les livres primés de l’automne – mais je profite de cette récompense pour redire tout le bien que j’ai pensé du Tumulte de Selim Nassib, autre roman largement autobiographique d’un journaliste franco-libanais dont l’immense mérite est de donner au lecteur l’impression de piger quelque chose aux guerres du siècle dernier qui déchirèrent le pays.
  • Le Prix Jules Rimet, qui sacre un livre portant sur le sport, revient cette année à Mick Kitson pour Poids plume (Métailié). Un bouquin sur la boxe, ce qui justifie qu’il y soit fait mention sur le présent site, l’histoire d’une jeune gitane qui apprend à vivre de ses poings dans l’Angleterre des Peaky Blinders. Ceux qui ont vu Snatch savent l’importance de la communauté des Travelers dans le milieu pugilistique d’outre-Manche ; rappelons que les gitans jouent un rôle tout aussi important dans une autre industrie de la boxe, certes moins florissante, celle de notre pays.
Meuf à poigne
  • Autopromo assumée, chapitre 1 : le numéro de Lire Magazine Littéraire daté de décembre-janvier vient de paraître. Il propose comme à l’accoutumée une liste des 100 livres de l’année 2022. C’est la seconde fois d’affilée que la première place – donc le prix Lire – échappe au roman traditionnel après le sacre l’an passé de La France sous nos yeux. Le lauréat s’intitule La dernière reine, roman graphique de Jean-Marc Rochette. À noter, signés par votre serviteur, des papiers sur anéantir de Michel Houellebecq (un chouïa plus ramassé que celui proposé sur ce blog) et le dernier Stephen King intitulé Billy Summers qui figurent tous deux dans la fameuse liste.
  • Christian Bobin est mort. J’ai pu avoir la dent dure, mais 71 ans, c’est beaucoup trop tôt.
  • Foin des calendriers mayas, on dispose désormais d’un moyen fiable de dater l’inévitable fin du monde qui vient : ce sera le 15 décembre prochain, date de la diffusion en prime time sur France 2 de l’émission « Le livre préféré des français ». Tournée à Strasbourg, choisie capitale mondiale du livre pour 2024 (verrons-nous seulement cette année-là ?), elle révèlera le classement établi par 100000 participants des 25 œuvres de fiction d’une liste éclectique d’ores et déjà connue, où se mêlent romans et mangas, littératures blanche et populaire ou auteurs français et étrangers. À propos des auteurs, notons qu’entre les classiques Joël Dicker, Agnès Martin-Lugand ou Virginie Grimaldi viennent se glisser d’obscurs challengers nommés Zola, Camus ou Hugo. Enfin, boudons d’autant moins notre plaisir qu’on annonce Gims, Gilbert Montagné et Vincent Delerm parmi les invités. Bref : heureux de vous avoir connus.
Adieu

Les puncheurs /

  • Cette nuit à Carson, un duel de gauchers redoutés comme la peste : originaire de la Nouvelle Orléans, Regis « Rougarou » Prograis s’est imposé par TKO au 11e round contre son compatriote José « Chon » Zepeda. Devant un public acquis à la cause de ce dernier, les deux hommes jouaient gros, briguant à 33 ans chacun le titre WBC des super légers abandonné par Josh Taylor. La chance de Zepeda résidait dans la puissance de ses contres du gauche, Ivan Baranchyk et Josué Vargas peuvent en témoigner, mais Rougarou Prograis, supérieur en vitesse et en technique, a encaissé sans broncher les quelques parpaings de l’Américano-mexicain trouvant leur cible. Bien que le combat ait toujours été âpre et disputé, l’activité et la précision supérieures de Prograis lui valurent d’empocher tous les rounds du 2e au 9e. Pour Zepeda, la 10e reprise fut celle du baroud d’honneur, mais un contre de Rougarou le stoppa net dans sa tentative de renverser la table. Pire, visiblement épuisé par sa débauche d’énergie, il fut envoyé au tapis puis arrêté au round suivant. Si le vainqueur du soir fit l’éloge de sa 28e victime – la 24e avant la limite – en 30 sorties professionnelles, Chon a laissé entendre qu’il raccrocherait les gants en cas de défaite. La boxe y perdrait l’un de ses puncheurs les plus excitants. Quant à Prograis, il n’est que justice qu’il récupère enfin une ceinture mondiale. Unifier les titres à 140 livres et atteindre le top 10 des boxeurs du moment est parfaitement à sa portée.
On n’arrête pas le Prograis
  • Novembre 2022 fut décidément un mois faste pour la boxe tricolore : après la soirée du 19 au Cannet, plus de 7000 spectateurs étaient réunis vendredi au Zénith de Nantes pour assister à la nouvelle sortie de l’invaincu David Papot. « L’enfant de Penhoet » était opposé au Francilien Bilel Jkitou, remarqué pour une très méritoire (et serrée) défaite aux points concédée en Angleterre à l’expérimenté Sam Eggington. La belle opposition de styles a tenu toutes ses promesses, Jkitou peinant à trouver sa cible lors des deux premiers rounds avant d’imposer la bagarre de près jusqu’au 6e. C’est à la mi-combat que le gaucher Papot retrouva sa distance et fit valoir son coup d’oeil et la qualité de ses déplacements. Le champion IBA (…) des super welters frappe peu (4 KOs en 26 victoires pro) mais excelle à enrayer les attaques adverses à force d’esquives et de prises d’initiatives dans le bon timing, plaçant avec facilité son bras arrière en première intention. Papot accepta de nouveau la bagarre dans les deux derniers rounds, offrant un spectacle de choix, alors que son avantage aux points était acquis. Réjouissons-nous de voir une catégorie des 154 livres où la France s’avère aussi bien représentée au niveau européen, sinon mondial, puisqu’aux deux guerriers de la soirée s’ajoutent le challenger WBA vétéran Michel Soro et le champion EBU Milan Prat (l’ami Michel Beuville me souffle d’ajouter Kamel Benyattou et Mathis Lourenco au tableau). De quoi assurer d’autres belles affiches franco-françaises. En sous carte, le retour à la réalité fut des plus rudes pour le « Joker » Loïc Tajan, tombeur surprise d’Elie Konki en juin dernier. Opposé au baroudeur mexicain Rosendo Hugo Garneros, le puncheur put mesurer la hauteur de la marche entre les niveaux français et international chez les coqs. Voulant manifestement faire le spectacle, il balança par la fenêtre son avantage d’allonge et toute velléité défensive, s’exposant d’entrée à la droite plongeante adverse. Comme le confirmerait un Josh Warrington, aller à la bagarre contre un Mexicain, fût-il monté des mouches en coqs, est toujours un choix risqué. Souhaitons au boxeur de Villemandeur de bien récupérer après ces 6 à 7 minutes passées à manger très gras.
  • Séquence nostalgie chez le Capt’ain Crochet où l’on est revenus sur le combat de 1992 opposant Michael Moorer à Bert Cooper. Je vous laisse découvrir la vidéo et surtout, pour ceux qui la découvriraient, vous ruer sur les 5 rounds de cette « slugfest » de légende. Les amateurs de poésie en gants rouges apprécieront.
  • À la rubrique « nécrologie », signalons la disparition de l’ancien champion IBF des super welters Buster Drayton, réputé pour un style peu académique rare chez les boxeurs de Philadelphie. Drayton s’est fait connaître du public tricolore au sommet de sa gloire, défendant par KO son titre mondial à Juan-les-Pins et Cannes face à Davey Moore et Saïd Skouma. Habitué des voyages, il affronta Sumbu Kalambay en Italie et dézingua chez eux les prospects anglais Mark Kaylor et Jimmy Cable. Drayton céda la couronne ravie par décision en juin 86 au Portoricain Carlos Santos lorsqu’il affronta à Montréal le puncheur local Matthew Hilton. Il obtint une nouvelle chance mondiale en 1988, allongeant la liste des victimes par KO du « Hawk » Julian Jackson. Notons que Buster Drayton fut l’un des sparring partners réguliers d’un certain Marvelous Marvin Hagler. On les imagine tous deux pressés de remettre les gants.

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