Rock en vrac, Michel Embareck

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En ces temps détraqués où l’on annonce la résurrection de Best en « magazine lifestyle » (…), rien ne vaut un morceau d’Histoire encore fumant malgré les décennies, un témoignage allègre et vrombissant du genre à remettre illico le disquaire au milieu du village. Bref, pour savoir (ou se remémorer) ce qu’était VRAIMENT Best, rival trop tôt disparu de Rock & Folk, il faut lire Rock en vrac. Épuisé mais trouvable via l’entremise maléfique de Jeff Bezos (béni soit-il), cet opus inclassable de Michel Embareck revient sur ses dix ans de reportages dans le monde merveilleux de la musique du diable, et plus encore : puisque l’acte d’écrire intéressait le monsieur tout autant que les riffs de guitare sur des rythmes binaires – ses fictions en témoignent, comme le savent les 4 à 5 lecteurs réguliers du présent blog -, il élargit le spectre de ses rencontres à des pointures du roman noir d’outre-Atlantique et signa une poignée de nouvelles à teneur garantie en Mi-La-Ré. De quoi faire de Rock en vrac un objet littéraire sans guère d’équivalents dans un genre où le lyrisme canaille se leste vite de mauvaise graisse. Pas de ça ici : des textes, des vrais.

Dans une ambiance de pétaudière virile

L’affaire commence en 2011, l’auteur s’émerveillant du temps révolu où une bête candidature envoyée par la Poste lui avait ouvert les portes du magazine rock par excellence. Il y oeuvra de 74 à 83, lorsque Best avait valeur de patte blanche : les gamins énervés qui rempliraient des stades ne s’étaient pas encore entourés d’armées de mastars à oreillettes et communicants aux dents luminescentes. Peu à peu, le grand méchant rock quitterait sa niche interlope pour envahir jingles publicitaires et soirées au camping de Palavas-les-flots ; heureusement, on n’en était pas là. Michel Embareck pose le cadre de ses années Best en une quinzaine de pages, concentré sur l’information utile, sans se répandre en anecdotes à tiroirs alors qu’on imagine à peine le nombre de bottins qu’il aurait pu noircir.

Les détracteurs du service public ne manquent jamais de manifester leur scepticisme lorsqu’un éditeur affirme que le manuscrit d’un livre à succès lui est parvenu par la grâce vélocipédique d’un facteur. Personnellement, je dois à ce qu’on nommait encore les PTT d’avoir découvert le monde au travers d’une musique dont le rôle dépassait largement celui de la distraction.

Christian (Lebrun) a porté Best à bout de bras pendant des années avec une rare intuition, sachant déceler dans les enthousiasmes éphémères des uns et le prosélytisme obtus des autres la tendance du lendemain. Avec lui le mensuel a pris au moment voulu le train du punk, du rock français ou du reggae. D’entrée, il a cru à la réussite de Canal+, conseillant Alain de Greef ou coordonnant avec lui des opérations communes. Chaque mois, il veillait à l’équilibre du journal, arbitrant entre les diverses chapelles, s’interrogeant en permanence sur l’opportunité de la prochaine couverture lorsque l’actualité ne l’imposait pas d’elle-même. Il était journaliste jusqu’à la moelle, privilégiant toujours le fond à la forme. « Un lecteur doit savoir de quoi il retourne en lisant une chronique de disque » répétait-il, cherchant toujours à éviter que la rubrique ne se réduise à un exercice de style. Lui-même y avait cédé de façon mémorable lors de la parution de « Rock n’roll » de John Lennon. Trois feuillets de mots relatifs aux Beatles, chaque mot étant séparé de l’autre par… Rock n’roll !

Au 23 rue dAntin, l’ambiance avait tout d’une pétaudière virile, tranchant avec l’austérité qu’on prêtait à Rock & Folk. Un esprit potache qui n’excluait en rien le professionnalisme, ni même l’éthique : Dieu sait qu’il en fallait vu les largesses dont étaient alors capables les maisons de disques. Le bestiaire coloré esquissé par Embareck laisse deviner franches amitiés, admirations sincères et relations plus distantes au sein de la rédaction. Quant aux questions matérielles, on comprend que le magazine constituait déjà une manière de danseuse aux mains d’un flambeur invétéré, qui en rafistolait la trésorerie souffreteuse à la ficelle et au gros scotch. Déjà un modèle précaire, de fait, mais sans commune mesure avec le dénuement de la presse papier d’aujourd’hui. Il y avait de quoi faire le travail avec style.

Un Gainsbourg sincère et pas ramenard

Parmi les intuitions dont put s’enorgueillir le Best de la grande époque, il y eut donc l’explosion du punk. L’auteur y consacre un chapitre tumultueux ; on s’amuse de sa découverte des Sex Pistols plus de quarante ans avant que leurs survivants d’un âge certain ne s’étripent sur les droits d’une mini-série pour Disney +. Leur cassette ne valait alors « pas un clou » , mais l’attitude et la photogénie du groupe avaient de quoi sidérer – à propos de photo, on saluera la qualité des illustrations issues des archives de l’auteur, dont le saisissant cliché de Joe Strummer qui orne la couverture. Michel Embareck dépeint le punk comme le dernier soubresaut de l’Angleterre pré-Thatcher, et la Londres de l’époque en Gomorrhe destroy où fleurissaient les premiers kebabs de l’occident… quand bien même l’acte de naissance officiel du mouvement fut bizarrement un festival épique tenu à Mont-de-Marsan.

Trottoirs défoncés, façades lépreuses, poubelles débordant d’immondices pour cause de grève endémique des éboueurs, toilettes publiques nauséabondes. La capitale anglaise présentait un visage à hauteur du complot musical en gestation. Sans oublier les devantures des pubs dissimulées derrière des sacs de sable par crainte des attentats de l’IRA. (…)

Premier choc, dans la pièce minuscule, Lee Perry opérait sur une console hors d’âge coincée entre deux magnétophones quatre pistes Revox. En short, casquette de marin vissée sur le crâne, il m’a invité à prendre place derrière lui, sur une banquette en ruines déjà encombrée par deux énormes flics en uniforme qui s’échangeaient un joint, fusil d’assaut M-16 entre les jambes… Les murs tapissés de moquette aux couleurs de l’Éthiopie disparaissaient sous les photos d’artistes, posters de king-fu, diplômes, disques d’or et portraits de l’empereur Hailé Selassié. La pendule, elle, indiquait l’heure d’Addis Abbeba. De l’autre côté de la vitre, dans la cabine d’enregistrement, un duo s’époumonait sur un titre très jungle que Lee Perry truffait d’effets sonores spatiaux, comble de la modernité de l’époque. À intervalles réguliers, sa femme poussait la porte, portant un petit plateau en argent sur lequel s’alignaient des cônes de belle dimension. Les mégots des précédents disparaissaient alors au travers des volets à claire-voie obstruant les fenêtres.

Autre titre de gloire de Best dont l’auteur fut partie prenante, la découverte du reggae. Un pur papier d’ambiance décrit le Kingston de 1978, lorsque violence et musique se disputaient l’âme de la Jamaïque (à supposer que cet âge-là soit révolu). On se rapproche des récits de voyage d’un Hunter S. Thompson tricolore ; machettes, ganja et mysticisme macho confèrent une ambiance irréelle aux rencontres des figures les plus éminentes de l’after-beat. Le Michel Embareck de 2011 s’autorise à décrire le périple avec force détails hallucinogènes, alors qu’il se l’était interdit à l’époque : il n’était pas question d’inciter la jeunesse romantique de chez nous à partir prendre des risques inconsidérés par amour de la musique et du THC. Inversement, l’auteur put publier en 1988 l’interview inenvisageable aujourd’hui d’un Serge Gainsbourg menotté balançant force saletés sur les stars féminines du temps de You’re under arrest. Il l’avait connu au creux de la vague juste avant la résurrection reggae d’Aux armes et caetera ; le récit de sa visite d’alors rue de Verneuil vaut son pesant de sucettes à l’anis. Gainsbourg y apparaît sincère et pas ramenard, obnubilé par ses échecs dans les arts qu’il estimait plus que la chanson.

Quand soudain : Jean Lefebvre

Les vignettes s’enchaînent dans un style à la fois travaillé et plein de maîtrise, ni trop chantourné ni trop argotique, en bref on n’en met pas partout, l’important restant la narration. Moins fameuse par chez nous que Gainsbourg ou Johnny Rotten (« une couille molle » , il faudra lire pour savoir pourquoi), la légende Alberta Hunter parle en bien de son ami Al Capone, un businessman comme un autre dans un Chicago « moins dangereux que le New York d’aujourd’hui. » Puis on aborde le rock français, fonctionnant si sûrement par vagues mimétiques qu’Embareck s’interroge à raison sur sa réalité même. En pic de forme au début des années 80, la scène hexagonale lui donne à découvrir les stakhanovistes bohème havrais de Little Bob Story, les esthètes épicuriens de Bijou et les innombrables agités de Rouen, épicentre inattendu du phénomène.

L’intimité de la tournée me permit de creuser un peu plus profondément la relation entre Bob et la musique. « Je n’aime pas le mot ‘revanche’ mais c’est pourtant celui qui convient. Cette vie est pour moi une revanche, surtout au niveau de l’image. T’as vu ma gueule ? Je suis petit, gros, je porte des lunettes mais je passe là où des clones de Jagger ou de Bowie restent à la porte. Il y a la satisfaction d’être arrivé là où je voulais aller. Se sentir maître de son destin, ne plus avoir un chef de bureau ou un contremaître sur le râble constitue une incalculable compensation. Et puis, ma mère ne se fait plus de souci. Elle sait que pour moi, le rock n’roll, c’est la sécurité de l’emploi ! Au moins, je ne peux pas me faire foutre à la porte pour avoir déconné…. L’avenir ? C’est mourir sur scène. »

Pour avoir décrété un matin de mauvais poil, de très mauvais poil, que Dirty Deeds Done Dirt Cheap était LE disque du mois, Christian Lebrun m’intronisa, par dérision, spécialiste d’AC/DC. Une plaisanterie appelée à prospérer. En 1976, ce groupe prétendument australien (touche d’exotisme) débarquait de nulle part puisque, pendant très longtemps, la biographie officielle tint en quinze lignes. En pleine explosion punk, le hard rock, hormis Led Zeppelin (en phase d’atterrissage) et Aerosmith, battait de l’aile. Comment mon confrère Hervé Picart, raffiné professeur de lettres, pouvait-il se passionner pour Status Quo, Whitesnake ou Deep Purple ? AC/DC, tout autant que Motörhead, sonnait différemment. À la fois primitif et vicieux. Une dose de cette brutalité idiote qui vous passe les nerfs au bain-marie en jouant de l’air guitar avec une raquette de tennis devant la glace.

Pour le fan revendiqué que je suis, le chapitre le plus attendu était consacré à AC/DC. Tout y commence sur un malentendu, un voyage à Glasgow sans guère de repères sauvé par l’épouse francophone d’Angus Young où il sera question d’un derby Celtic – Rangers à Hampden Park puis d’un concert confinant au sabbat électrique. Sur scène, les mecs sont possédés comme on savait ; en dehors, ce sont des cols bleus respectueux des engagements, d’authentiques anti-rockstars. Notre reporter se retrouve embarqué par Bon Scott dans une improbable fiesta d’infirmières, où ça causera plus blues que bagatelle. Après la mort du chanteur et mentor de la meute vient le temps du rock de stades. L’échelle a drastiquement changé mais pas l’élégance des frangins Young : l’auteur est conduit en Rolls aux Monsters of Rock de Donington, puis hissé en grue jusqu’aux cintres d’où descendra la cloche de l’enfer. Le saugrenu reprend alors le dessus sur la machinerie huilée à coeur, sous la forme d’un Coca magique qui transformera le vénérable George Young en Jean Lefebvre.

Séjour languide dans la Big Easy

Il est aussi question de potion magique aux Transmusicales, « plus grand festival du monde grâce à l’open bar réservé aux journalistes. » Une usurpation de galopin permet au plumitif, flanqué d’un confrère, de chaparder une rare interview de Bo Didley et la permission plus exceptionnelle encore de toucher la Gretsch du maître. Le texte qui suit sur Bernard Lavilliers, résolument plus poétique, ferait aimer le baroudeur chantant à ceux qui s’en sont toujours tamponné – dont je suis. Un couplet plein de lyrisme en forme d’hommage à l’authenticité d’un pur « dériveur » , fidèle à ses amis et imperméable aux modes, « maquilleur du réel » pourtant pas bidon pour deux sous qui sera resté jusqu’au bout complice de Léo Ferré. De quoi regretter de n’avoir jamais pu lire Bernard Lavilliers au-delà des textes de ses chansons.

Lavilliers répond à la question fondamentale de l’artiste. Car il n’est que lui-même. Bien sûr fut un temps où la fréquentation du vieux roi Léo déteignit par capillarité, celle de m’sieur Richard, géant de cuir aux côtés de qui nous quittions les studios Barclay en haut des Champs en quête d’un dernier pour la route. À part ça, Lavilliers ne ressemble à rien. Rien de connu. Il est des nôtres, je veux dire les cabossés du rock n’roll, capables de s’embarquer au petit bonheur d’un coup de tête pour voir à quoi ressemble, ressemble vraiment, une image entraperçue à la télé, une histoire cafouilleuse racontée à l’angle d’un bar par un gars de la marine. Le regard à la godille d’une nouvelle publiée par un improbable supplément littéraire peut tout autant donner le signal d’un départ sur la piste aux étoiles. Il est des nôtres, de cette confrérie de maquilleurs du réel où il est vain de chercher le vrai en supposant le faux.

À chaque liquor store font face deux églises. Pour qui cherche la musique bleue vivante hors de Beale Street, le salut vient du ciel. Pas la serpillère étendue au-dessus de la ville. Le ciel du quotidien en dévers. À la Macedonia M.B. Church le révérend McCray tape dans ses mains et les corps balancent, les choeurs décollent, les filles lâchent leur éventail, tombent en syncope. Qu’on nomme ce rite gospel de préférence à rap, blues ou soul n’y change rien. C’est la complainte d’un peuple contraint de croire en un au-delà bordé de champs de rose puisqu’il a fait son deuil du présent autant que de l’avenir. Derrière la façade innondée de joie ruisselle le désespoir du quotidien. Qu’une viande pâle traîne la semelle jusqu’ici ne soulève guère d’attention. La désespérance ne tient pas à la couleur de la peau.

Aux chapitres consacrés au rock n’roll succèdent les virées au pays du blues et de la country, où il sera parfois question de rencontrer des icônes du roman noir… même si leur intérêt premier consiste à suivre les visites guidées de trois villes qui flattent nos imaginaires franchouillards, quitte à démythifier ce qui l’aura mérité. Memphis, d’abord, sorte de Lourdes du blues, une ville âpre au gain et factice qui monnaie toute forme de mémoire – en tout cas du côté blanc. L’authenticité survit dans le camp d’en face, surtout au sein des paroisses où prêchent d’anciens bluesmen. Puis c’est un séjour languide à la Nouvelle-Orléans, plus digne capitale des fantasmes musicaux du narrateur. On flâne avec lui dans la « Big Easy » en assumant sa flemme et son goût de l’instant présent, aussi sensible dans les sons que dans la cuisine du cru. La ville est piégeuse, certes, et après ? Du moment qu’on a pigé où éviter de traîner ses guêtres.

Un nature writing qui sent un peu le renfermé

S’arracher à cette manière de cocon d’indolence peut en valoir la peine, pour peu qu’on s’aventure plus loin dans le bayou : c’est là que survient LA rencontre avec James Lee Burke, le créateur de Dave Robicheaux. Lire Burke croqué par Embareck, pour qui goûte les deux autant que moi, revient à taper « Google » dans Google et laisser tranquillement planter l’internet mondial. Nul besoin ici d’entrer dans le détail de ces échanges alambiqués sur la Louisiane, terre bénie qui achève sa damnation au contact des catholiques acadiens. Elle a littéralement dévoré l’oeuvre de James Lee Burke. Qu’il résiste désormais à la bouteille a de quoi émerveiller. Il partage son temps entre le delta du Mississippi et le Montana, lieu de la dernière étape du voyage de l’auteur en terre ricaine. Missoula fut construite dans un coin guère plus majestueux que son Jura natal, note-t-il, malicieux, l’espace et la vie sauvage en plus. Elle héberge une mythique école de romanciers américains. Pas les fêtards imaginés, plutôt des gens sérieux qui viennent hiberner et « courent après l’argent entre deux déprimes. » Leur nature writing centré sur les gens du cru sent parfois le renfermé, et ils ne se mêlent guère aux routards pour le godet du jeudi soir. Croisé dans le rade mythique de l’endroit, James Crumley ne démentira pas.

Il faut arriver à la Nouvelle-Orléans au crépuscule et par l’ouest, lorsque l’avion en provenance de Houston survole le delta piqueté par les torchères orangées des raffineries. Sous les ailes défile une jungle touffue de cyprès, saules et chênes verts, qui bordent les eaux boueuses et scintillantes du bayou. Entre les sombres îlots de verdure où s’épanouissent d’innombrables essences, glissent les fanaux carmins des pétroliers et méthaniers. Aucune frontière dans ce labyrinthe naturel où l’eau grignote la terre, où la terre sirote autant la mer que le Mississippi. Gazoducs et derricks font leur trou au milieu des marais inextricables tandis que filent dans le soleil couchant les étraves argentées des airboats.

Après les panaches de fumée blanche qui couronnent la papeterie de Frenchtown, la 90 Est serpente le long des collines et plonge dans la cuvette de Missoula (prononcez Midzoula), Montana. Douze heures de vol puis douze heures de Chevrolet pour atteindre la Mecque des écrivains de l’Ouest et se retrouver là, autant dire entre Champagnole et Clairvaux-les-Lacs, ça met le mile au prix du clavelin de vin jaune. Car cette nature dont une abondante littérature fait tout un plat présente un relief typiquement jurassien. Même altitude (800 mètres), montagnes à vaches aux courbes molles, scieries, usines de pâte à papier, camions de grumes, lacs, ruchers tapis dans les forêts de conifères. Et, sans chauvinisme franc-comtois, l’hollywoodienne Clark Fork River (Au milieu coule…) ne casse pas trois pattes à un colvert pour qui connaît la majesté du Doubs à Roulans ou les reflets émeraude de l’Ain à Pont-de-Pointe.

Qu’elle soit inédite ou publiée dans Rolling Stone, la nouvelle fut une autre manière pour l’auteur de causer du blues et de ses rejetons. La première fut brodée sur la base de photos parisiennes de Bob Dylan en galante compagnie, que Best avait choisi de ne pas publier. Il y est question de grosses motos et d’un hôtel « Campanule. » La suivante prend un tour fantastique, road trip de Chicago à la Nouvelle-Orléans entrepris par un agent immobilier frenchy ruiné et une mystérieuse octogénaire afro-américaine. On reste dans cette veine avec un aréopage de fantômes de stars du blues et de la soul fêtant l’élection de Barack Obama. Au paranormal succède la loufoquerie, lorsque le bus des Blind boys of Alabama part à la recherche du festival de Woodstock ou qu’un peintre tourangeau souffrant d’un solide pète au casque accorde l’accès à ses goguenots à un cyclotouriste aux franches allures de Mick Jagger…

Le plus beau métier du monde ?

Rock en vrac s’achève sur une compilation de chroniques de disques à base de portraits de bluesmen cabossés et de name dropping d’inspirations et proximités plutôt que d’une analyse poussée de la musique elle-même. Si à peine 217 pages ont passé, l’impression qui prédomine est d’avoir déroulé une fameuse quantité de câble, et du meilleur. Après quoi deux questions se relaient pour me hanter. D’une, le rock a-t-il vieilli au point de flinguer l’intérêt d’une réédition de ce genre de pépite ? Et de deux, moi qui ai longtemps cru que le plus beau métier du monde était celui du chroniqueur gastronomique au New York Times, n’aurais-je pas préféré écrire pour Best entre Giscard et Mitterrand ? Je vous laisse là-dessus, je vais me passer un vieil AC/DC.

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