The Dirt, Mötley Crüe

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L’amateur éclairé lit des biographies de rock stars pour un shoot prolongé de sex, drugs & rock n’roll, dont il retient essentiellement les deux premiers aspects. Saluons donc le pragmatisme du quatuor angeleno de Mötley Crüe, accompagnés du prête-plume Neil Strauss, à l’heure de façonner le récit monumental de leurs 20 premières années de carrière : il est fort peu question de musique dans les 583 pages de The Dirt, référence incontestée du genre qui aurait aussi pu s’intituler Outrances et conséquences. Réglons ainsi d’emblée la question musicale avant de se frotter à tout ce qui suinte ou qui croustille : on doit à Mötley Crüe l’explosion du glam metal au début des années 80. Au glam rock de la décennie précédente, le courant emprunta maquillage, laque à cheveux, décadence du propos et refrains catchy d’inspiration pop ; au heavy metal, le son lourd et les amplis poussés à 11.

Une conviction partagée : n’avoir strictement rien à perdre

Mötley Crüe incarna littéralement cette tendance aux antipodes du bon goût, si chère aux clubs de strip-tease, y ajoutant une énergie presque effrayante en live et un sens achevé de la performance scénique. La formule atteignit une manière de perfection avec l’album Dr Feelgood, numéro 1 du Billboard dès sa première semaine de diffusion en 1989. La suite, comme souvent, consista en une série de tâtonnements stylistiques au nom du renouvellement, plusieurs séparations et rabibochages, sans même évoquer l’inévitable succession de tournées d’adieu. Voilà pour le volet musical de l’affaire.

(Incipit)

Son nom était Bullwinkle. On l’appelait comme ça parce que son visage rappelait celui d’un élan. Mais Tommy, même s’il pouvait se faire n’importe quelle nana sur Sunset Strip, n’avait aucune intention de la larguer. Il ne cessait de répéter qu’il l’aimait et qu’il voulait l’épouser, tout ça parce qu’elle était capable d’asperger toute la pièce quand elle jouissait.

Malheureusement, elle ne faisait pas que voler du foutre. Elle balançait de la vaisselle, des fringues, des chaises, ses poings, tout ce qui lui tombait sous la main.

Jusqu’alors, je vivais à Compton et je n’avais jamais vu quelqu’un devenir aussi violent. Un simple mot déplacé ou un regard la faisait exploser et elle entrait dans une rage folle. Un soir, Tommy a essayé de l’empêcher de rentrer en condamnant la porte de la maison (il y avait bien longtemps qu’elle n’avait plus de serrure à force d’être régulièrement forcée par la police.) Elle a alors attrapé un extincteur pour fracasser une vitre et entrer. La police s’est pointée plus tard ce soir-là et a mis Tommy en joue alors que Nikki et moi, on était planqués dans la salle de bains. Je ne me souviens plus de quoi on avait le plus peur : de Bullwinkle ou des flics.

On a jamais réparé la fenêtre : c’était trop de boulot.

Vince Neil

Au plan formel, The Dirt consiste en une alternance de chapitres narrés du point de vue de chacun des quatre membres historiques de Mötley Crüe, un carré de misfits grandis dans des bleds improbables ou des quartiers crapuleux de Los Angeles devenus, comme le suggéra leur manager Doug Thaler, « des sauvages avec de la thune qui se foutent de tout le monde, y compris entre membres du groupe ». Les Mötley Crüe insistent peu sur le travail que nécessita leur ascension éclair, quand bien même il dut être intense, s’attardant sur la crasse, la fête et la luxure. On découvre un à un les protagonistes et leur dénominateur commun, la conviction de n’avoir rien à perdre, donc de pouvoir oser à peu près tout, tout le temps. Le bassiste Nicky Sixx, tout d’abord, principal compositeur et tête pensante du groupe, misanthrope aux poses d’artiste maudit hanté par le spectre d’un père absent.

Les sorties de route se multiplient, aux sens propre et figuré

Puis son premier comparse Tommy Lee, dont les tics de joueur de fanfare sautent aux yeux lorsqu’il martyrise ses fûts. Un grand gamin, ce Tommy, coeur d’artichaut accro à l’attention d’autrui, surtout s’il est blonde à forte poitrine. Et puis Mick Mars, le doyen guitariste aux saillies de maître zen complotiste, déjà laminé par les pensions alimentaires et une maladie inflamatoire chronique au temps où ses camarades découvraient la vie d’adulte. Vince Neil, enfin, le copain de lycée de Tommy Lee, un chanteur blondinet à la voix haut perchée, baiseur compulsif aux manières de gigolo doublé d’un fameux amateur de golf, surf et catch féminin. Autant dire qu’on tient un esthète.

Ensuite, je me suis fait virer de chez Music Plus. Le gérant me soupçonnait de piquer de l’argent dans la caisse et je lui ai dit d’aller se faire foutre.
« Va te faire enculer ! » hurla-t-il en retour.
Je suis alors entré dans une rage aveugle, lui balançant mon poing dans la face et dans l’estomac en continuant à hurler « Tu vas faire quoi maintenant ? »
Il ne pouvait pas faire grand-chose. Et pour cause : il était manchot.
Le pire, dans tout ça, c’est qu’il avait raison. J’avais piqué de l’argent dans la caisse. J’étais un gamin instable qui ne supportait pas les remontrances, même lorsqu’il avait tort.

(…)

J’étais jeune, beau mec, les cheveux longs. Je me retrouvais souvent appuyé contre un mur du Starwood, monté sur des talons aiguille, affublé de pantalons hyper moulants, les cheveux, les yeux et le nez en l’air. Pour moi, j’avais réussi. Je me réveillerai un jour pour gagner vraiment de l’argent. Je ferai une activité comme du télémarketing ou du porte-à-porte pour vendre des conneries ou peut-être travailler au Starwood, à boire, me battre et baiser des meufs dans les chiottes. Je pensais dur comme fer que j’étais enfin à l’image de mes héros : Johnny Thunders et Iggy Pop.

Aujourd’hui, avec du recul, je me rends compte que j’étais naïf et innocent. Des jets, des stades complets, des villas ou des Ferrari : je ne possédais rien de tout ça. Il n’y avait pas d’overdoses ou d’orgies qui se terminaient avec un manche de guitare dans le cul d’une groupie. J’étais juste un gamin prétentieux qui comme beaucoup d’autres avant lui, et d’autres après lui, pensaient qu’une bite douloureuse et des narines brûlantes lui suffisaient pour être le roi du monde.

Nikki Sixx

Des premières parties fines dans leur bouge insalubre de North Hollywood à celles organisées au cordeau par les sommités de l’industrie musicale, toutes décrites avec une dérangeante méticulosité, la dynamique complexe qui se met en place entre les membres du « gang » ne manque pas de fasciner le lecteur : ils sont amis – voire « frères » – mais se répandent en déclarations vachardes les uns sur les autres, ils se cocufient à la première occasion et leurs versions d’un même événement se contredisent volontiers. On mettra au crédit de chacun une absence à peu près totale de filtres ou d’excuses, comme l’atteste l’exergue sans équivoque : « À nos femmes et enfants, dans l’espoir qu’ils nous pardonnent pour tout ce que nous avons fait ». De Too fast for love, l’album autoproduit des débuts, à la confirmation de Shoot at the devil deux ans plus tard puis le difficile apprentissage des obligations du star system pour une telle bande de gougnafiers sur Theatre of pain et Girls, girls, girls, les sorties de route se multiplient aux sens propre et figuré.

Des blagues de potaches en tractopelle

D’abord récréative, la drogue occupe désormais une part déraisonnable des préoccupations quotidiennes de nos mousquetaires du vice – hormis pour Mick, plus porté sur la bouteille. Vince arrive à la bourre à un concert, jaillissant d’un taxi vêtu d’un peignoir. Nikki est habillé de l’exacte même façon la première fois qu’il fuit une cure de désintoxication. Le Crüe intègre le cercle des stars du heavy metal, en net regain de forme au début des eighties. Côtoyer sa Majesté Ozzy Osbourne leur apprend qu’ils trouveront toujours plus cinglé qu’eux ; croiser Bruce Dickinson permet à Nikki de s’apercevoir qu’il vient très probablement de se taper sa bonne amie. En tournées, l’ennui guette. Les démontages de chambres d’hôtel et blagues de potaches en tractopelle se multiplient. Doug Thaler doit régulièrement mettre en pratique son « full-contact management » breveté pour remettre son petit monde dans le droit chemin ; autrement dit, il leur cogne dessus.

Pamela (Anderson) s’est habillée en meneuse de revue, m’a pris par la main et m’a emmené dans la cour où un bus de tournée était garé. Il était recouvert de banderoles où il y avait écrit joyeux anniversaire. À l’intérieur, il y avait neuf nains qui chantaient « Joyeux anniversaire », le champagne coulait à flots et une douzaine de mes amis étaient habillés en drag queens. (…) Pamela avait aménagé un parc d’attractions entier rien que pour moi. Il y avait des grandes roues, des grands huits, des contorsionnistes dans des boîtes, des lions en cage et des machines à bulles. Sous une immense tente, une salle de concert professionnelle avait été emménagée avec tout le matériel pour faire un boeuf. Il y avait aussi le piano de mon enfance que Pamela avait décoré avec des feuilles dorées et avait customisé avec des pieds en fer forgé. Slash et les Guns n’Roses étaient là (…) Elle avait fait venir des artistes du Cirque du Soleil, qu’on adorait. (…) Ce fut une soirée extraordinaire. Mais à la fin, quand j’ai été défoncé par les drogues et l’alcool, une douzaine d’ambulances ont fait leur apparition au ranch. J’ai commencé à paniquer, attrapant Pamela « Qu’est-ce qui se passe ?

– T’inquiète pas, j’ai loué des ambulances pour ramener tout le monde à la maison parce que je savais que personne ne serait capable de conduire. » À sept heures du matin, on me ramenait à ma chambre sur une civière. (…)

Je me suis fait trois promesses : la première était de ne plus jamais me marier après quatre jours. La deuxième, c’était de rencontrer la mère de la nana avant de la demander en mariage, ce qui m’aurait évité beaucoup de déceptions avec Pamela et Heather parce qu’elles étaient des versions plus jeunes de leurs mères. Et la troisième, c’était de ne plus sortir avec quelqu’un qui a tourné dans un film, a posé dans un magazine, ou travaille à Hollywood : il fallait qu’elle travaille à la caisse d’un magasin de cosmétiques dans la galerie marchande de Northbrook dans l’Illinois ou dans un cabinet d’avocats de Raleigh en Caroline du Nord.

Tommy Lee

D’ailleurs la violence fait partie intégrante de la culture de Mötley Crüe. On aime les flingues, jusqu’à en faire usage en plein délire satanisto-paranoïaque, vouloir vider un chargeur dans l’amant d’une compagne ou blesser une strippeuse en l’invitant à une étrange séance de tir en forêt. On frappe des inconnus, sur scène ou dans des bars, on se cachoute entre soi pour régler les différends, voire on lève la main sur des compagnes contrariantes – ces derniers passages ne sont pas les plus développés, mais Tommy Lee évoque bien son effroi à la première beigne assénée sur un trottoir. Le moins que l’on puisse affirmer, cependant, est que l’essentiel de la horde des groupies, starlettes et playmates croisées par Mötley Crüe se montre des plus accomodantes avec eux. Nulle forfanterie dans la façon dont les séducteurs se rappellent leurs frasques : rien que des faits, d’une crudité souvent sidérante – certains sextoys par destination interpelleront le lecteur aux penchants traditionnels -, inspirant parfois à leurs perpétrateurs une pointe de dérision ou de regret ; rarement côté Vince, précisons-le.

Le terrible creux créatif de Generation Swine

Le malaise que suscitent les rapports des trois quarts de Mötley Crüe au beau sexe (là encore, Mick fait figure d’exception) finit par faire espérer que le karma leur assène en retour de fracassants coups de pied au cul. Divulgâchons : ce sera le cas. L’insouciance, la vraie, aura peu duré, si la bande de soudards patentés la connurent jamais vraiment : tous traînaient déjà de fameuses fêlures et excédents de bagage divers. Passé le succès de Shout at the devil, plein comme une barrique, Vince Neil trouve lumineuse l’idée d’aller racheter à boire au volant de sa De Tomaso Pantera flambant neuve. Le bilan s’avère copieux : un ami décédé, le batteur du groupe finlandais Hanoi Rocks, deux estropiés qui passaient par là et un aimable verdict de complaisance qui fera certes découvrir la prison à l’imprudent chanteur à minettes. Pas cher payé, de fait, mais l’expérience lui colle une indélébile (et guère usurpée) réputation de soiffard inconséquent et accélère la dislocation des amitiés au sein du groupe.

Les objectifs, derrière cette thérapie hors de prix, étaient simples : ne pas toucher à l’alcool, aux drogues et à tout ce qui changeait notre comportement ; à penser aux conséquences avant d’agir sur un coup de tête ; à partager ses sentiments plutôt que les garder à l’intérieur de soi, ce qui nous détruisait ainsi que les autres autour de nous. On savait tout ça. La seule mauvaise habitude qu’on avait maintenant, c’était cette thérapie. Mais je m’y suis rendu toutes les semaines sans rien dire car j’avais pas besoin de cette psy pour me dire que si on voulait redevenir un grand groupe, il fallait qu’on se serre les coudes justement comme un grand groupe.

On est partis au Canada enregistrer l’album suivant, les psys nous ont accompagnés, à nos frais. À la fin, de retour à Los Angeles, j’étais en train de marcher dans un centre commercial de Beverly Hills pour trouver du mobilier pour la maison dans laquelle on allait emménager avec Emi. C’était vraiment très cher pour moi. De l’autre côté de la rue, une femme s’est mise à hurler : « Mick ! » Elle ressemblait à un sac et transpirait l’alcool. Elle était tellement bourrée qu’elle pouvait à peine marcher. Je lui ai fait signe et j’ai continué mon chemin.

« C’était qui cette cinglée ? m’a demandé Emi.

– Elle ? C’était une de nos psys. »

Mick Mars

Car aucun de ses trois camarades de gang ne le soutiendra particulièrement : Nikki file le parfait amour avec l’héroïne, Mick enfle à force de boire pour oublier sa maladie, et Tommy vit un conte de fées factice avec l’actrice Heather Locklear – témoin du batteur, Sixx se pointera défoncé au mariage façon Disney. Le gang s’effrite et la qualité du travail décroît. Trouver une maison vide de compagne et de meubles au retour de tournées toujours plus exténuantes devient une habitude. Nikki s’offre une overdose quatre étoiles et s’échappe de l’hôpital vêtu de son seul pantalon en cuir en arrachant ses perfusions ; tout le monde le croit mort, y compris ses collègues. Vince sagouine suffisamment son travail pour que les trois autres finissent par le virer. Les fans n’adhèrent pas à Mötley Crüe, la galette qui suit ; à peine aura-t-elle servi à ruiner la famille et l’hygiène de vie du remplaçant John Corabi. Et lorsque Neil revient en catastrophe, c’est pour le creux créatif de Generation Swine, atrocité alternative toujours moquée aujourd’hui à chaque liste des pires albums de l’Histoire du métal.

The Dirt, aussi vilain à regarder qu’à lire

Les Mötley Crüe sont désormais des hommes entre deux âges, stars sur le retour toujours prisées par les paparazzi à défaut de régaler leur fans ; l’idylle explosive entre Tommy et Pamela Anderson (Vince jure l’avoir honorée des années auparavant, ce qu’elle dément), qui vaudra à Lee six mois de cabane, n’y est pas pour rien. C’est le temps des gardes partagées pour ces « rock stars laides dans des maisons en marbre », comme des projets solo ou des conflits avec MTV et une maison de disques toujours plus suspicieuse qui les oblige désormais à des tests d’urine réguliers sur leurs tournées. Sobres et flétris, ils ont désormais du mal à draguer. Tommy tombe de sa batterie volante en plein concert. Il se bat avec Vince en plein aéroport, vingt ans avant Booba et Kaaris. Fliqué par son management lors d’une escapade à Hong Kong, Nikki paye cent prostituées en une soirée – la plupart étaient des cadeaux. Sur scène, la mobilité de Mick évoque de plus en plus celle d’une momie. Et Vince doit subir l’agonie de la fille de quatre ans qu’il eut avec une strippeuse. Deux nouvelles décennies plus tard, Mötley Crüe court toujours, malgré tout, sans qu’on sache bien comment.

Après 90 jours d’enfermement, le gardien m’a relâché pour bonne conduite. Comme j’avais plus de nouvelles de Beth, j’ai demandé à un pote de passer me chercher. On est partis en direction de Northridge, mais je ne me souvenais pas où se trouvait la maison. Après avoir tourné pendant une heure, on est finalement tombés dessus. J’ai marché jusqu’à la porte et j’ai sonné. Il n’y avait personne. J’ai fait le tour pour vérifier si les fenêtres étaient ouvertes mais tous les volets étaient descendus. C’était peut-être pas la bonne maison…

J’allais jusque derrière en étant pratiquement sûr de reconnaître la piscine et le jardin .J’ai donc décidé d’entrer par effraction. Il y avait une porte en verre et j’ai cassé les carreaux proches de la poignée et j’ai réussi à ouvrir. J’espérais qu’on ne me renverrait pas en prison pour ça. J’ai marché à l’intérieur et j’ai jeté un coup d’oeil. C’était bien la maison, mais quelque chose avait changé. Tout le mobilier avait disparu. Beth avait tout emmené, même les plateaux à glace du freezer. Elle n’a laissé que ma Rolex et ma Camaro Z 28. Le problème c’est qu’elle avait aussi emmené les clés.

J’ai appelé ses parents, ses grands-parents, ses amis qui prétendaient n’avoir aucune nouvelle d’elle. C’était pas que je voulais absolument lui parler : je voulais juste divorcer, les clés de ma voiture et une manière de rester en contact avec ma fille. J’ai pas revu Beth pendant dix ans quand elle a fait une appatition à un concert en Floride, accompagnée de son mari et de ses enfants. Notre fille, Elizabeth, était partie pour Nashville pour tenter de devenir chanteuse de country.

Après une année de sobriété policée, de prison, de thérapie et de regrets, il était temps pour moi de prendre un peu de bon temps de manière responsable. J’ai invité des copains à s’installer chez moi et, au lieu d’investir dans le mobilier, j’ai fait installer un ring de boue juste à côté de la piscine pour organiser des combats de catch féminin. J’ai fait venir tous les dealers que je connaissais parce que quand il y avait de la drogue, il y avait des filles.

Vince Neil

La lecture de The Dirt rappelle à bien des égards l’impression laissée par sa récente mise en image, disponible sur Netflix : moche et outrancière, ni très bien filmée, ni parfaitement interprétée. Une poignée de secondes suffit à s’apercevoir que c’était l’unique manière de rendre au sujet l’hommage qui lui seyait. Disponible chez Camion Blanc à un prix inhabituel, même rapporté à la page (35€), la version française se lit dans une police franchement déplaisante et certains pains de traduction suscitent la même hilarité que les exploits des protagonistes. Citons en vrac « comme une menthe religieuse », « il nous fallait un peu de calme et de maternité », « on se les ait envoyés » ou « je me suis senti finalement emparé par l’impact de l’accident ». Le choix d’illustrations en noir et blanc est à l’avenant. De là à supposer l’intentionnalité de la démarche, il n’y a qu’un pas en bottes à semelles compensées. Les sacripants.

Un grand merci… ou pas

Ceux qui n’auront pas été franchement rebutés par ce qui précède se régaleront à parcourir cet étalon-or de la biographie d’idoles du rock n’roll. On ne fera pas offense à Sixx, Lee, Mars & Neil en affirmant qu’il y eut une palanquée de groupes à l’héritage musical supérieur au leur, y compris dans le seul monde du heavy metal. Mais lorsqu’il s’agit de faire de leur histoire elle-même une oeuvre d’art trash à peu près insurpassable, on dira que les mecs surent payer de leur personne. Mieux que tout autre groupe de rock, les Mötley Crüe rappellent pourquoi beaucoup ont envié ce genre de personnages tout en se félicitant de ne pas leur ressembler. Remercions-les donc d’avoir fait en sorte que The Dirt existe, en dépit de toutes les difficultés humaines et juridiques suggérées en page de remerciements. Ladite page se conclut d’ailleurs sur un parfait et définitif : « Et à tous ceux qu’on a oubliés, qu’ils aillent se faire foutre ! ».




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