Punchlines du 18 janvier 2020

Le site /

  • Deux papiers depuis la dernière édition, la 28738eme chronique portant sur le dernier prix Goncourt Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon, de Jean-Paul Dubois, et un texte court directement issu de 2-3 de mes antiques névroses, Monologue motorisé.
  • Une auteure a pris la peine de poster un commentaire aimable sous un billet récent. Ce n’est pas fréquent, c’est précieux, et c’est une joie. Voilà.

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Les auteurs /

  • On doit au dernier supplément littéraire du Figaro de connaître les dix auteurs français les plus achetés en 2019. Peu de suprises, en vérité, dans un palmarès paritaire – 5 femmes et autant de messieurs – consacrant des plumes déjà fameuses, pouvant souvent compter sur un solide catalogue de best sellers. Le thriller – Michel Bussi 2e, Franck Thilliez 8e – tient son rang face à la profusion sucrée de feel good – Virginie Grimaldi 3e, Aurélie Valognes 5e, Raphaelle Giordano 6e, Agnès Matin-Lugand 7e, Valérie Perrin 10e – tandis que certains ont compris combien il était avisé de combiner les deux recettes pour durer – Guillaume Musso 1er, Marc Levy 4e. Une littérature populaire, passablement mieux mise en valeur en grande surface que dans les librairies indépendantes du Quartier Latin, truste ainsi 9 places sur 10. Il échoit à Michel Houellebecq de porter haut, outre l’étendard du feel bad, celui de la littérature dite « blanche » ou exigeante, au sens où un Pierre Jourde utilise ce dernier mot (cf. son essai récemment chroniqué ici). Gageons que ce passionné d’hypermarchés aura goûté comme il se doit – en plus du montant de son prochain à-valoir – le voisinage de ces seigneurs et duchesses des linéaires hexagonaux.

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  • Lorsqu’il parle de « PAL », le lecteur chevronné désigne plus sûrement la « pile à lire » des bouquins accumulés au pied de son lit qu’un aliment complet pour chiens ou un supplice moyenâgeux. Comme tant d’autres, la mienne a pris depuis un bail de franches allures de tour infernale, et grandit chaque année d’un bon étage haut de plafond, la faute au Salon du Livre de Paris. Une parenthèse enchantée où le gogo que je suis prend un plaisir non feint à payer un droit d’entrée pour acheter des livres par brassée dans un environnement inhospitalier au possible. Las ! Je devrais dire « prenait ».  Comme Hachette avant elle, la maison Gallimard désertera cette année la grande foire à la cale pour mobilier imposant. Loin de moi l’idée de dissuader les amoureux des belles lettres tentés par les points d’intérêt restants – stands  Amazon, McDonald’s ou Royaume d’Arabie Saoudite – mais ce coup-ci, je passerai mon tour.
  • Convenons-en : les librairies font des écrins plus douillets qu’une grande halle de la Porte de Versailles pour faire ses emplettes, mais aussi pour rencontrer des auteurs. Ce fut le cas d’Ici Grands Boulevards, qui accueillait jeudi soir dernier Philippe Lançon, auteur de l’indispensable Le lambeau. Méritante, la journaliste de Elle préposée aux questions tenta de cantonner l’intéressé dans un canevas d’interview classique. Une gageure, comme il l’avait lui-même reconnu dans le texte qui lui valut le prix Femina 2018 : Philippe Lançon vécut avec d’autant plus de difficulté sa longue privation de parole qu’il est d’un naturel éminemment volubile. À écouter couler son abondant témoignage de victime et d’écrivain, jamais doloriste ou acrimonieux, on imagine la libération que fut la réappropriation de sa voix. Et ce seul point est déjà boulversant. L’auteur se montre aussi affable en dédicace ; ainsi, il voulut bien confirmer l’une de mes impressions, celle d’une intervention quasi inexistante de l’éditeur dans ce texte majuscule. De quoi rendre d’autant plus impressionnant son tour de force littéraire.

Les puncheurs /

  • Ce week-end pugilistique sera calme, exception faite du retour sur le ring du titulaire des ceintures IBF et WBA Super des super-welters Julian Williams. « J-Rock » avait crée la surprise en surclassant Jarett Hurd en mai dernier, dominant le champion surtant en puissance physique et en activité au cours de l’un des meilleurs combats de l’année ; il est donc bien placé pour mesurer le risque qu’il prendrait en sous-estimant un outsider, même si le Dominicain Jeison Rosario manque de références au niveau mondial. Tout juste sait-on qu’il tape fort et vient de la catégorie supérieure. Dans le cas probable d’un succès de Williams, on se pourléchera des perspectives de retrouvailles avec Hurd – qui sembla très marqué par son échec, au point d’abandonner sa clause de revanche prévue au contrat initial – ou d’affrontements contre les autres cadors de la catégorie, dont le français Michel Soro. (Update du 19/01 : Coup de chapeau à Rosario, coté à 25/1 et vainqueur par arrêt de l’arbitre au 5e round. Laissant passer l’orage du début de combat, il a coupé Williams tôt puis l’a envoyé au tapis, avant de finir le travail comme un vieux briscard… La boxe – et plus spécialement les super-welters d’aujourd’hui -, quoi…)

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  • Suite des rumeurs pour 2020, avec un possible affrontement entre deux prétendants à une ceinture mondiale des lourds : l’éternel challenger Dillian Whyte et le triple champion déchu Andy Ruiz Jr. L’Anglais a peu impressionné lors de sa dernière sortie contre l’antique Mariusz Wach, faute d’une préparation suffisante. Il a montré lors de sa revanche victorieuse contre Dereck Chisora qu’il savait boxer en reculant, et conservait dans les championship rounds un punch à décorner les boeufs. Autant d’atouts qui lui seraient utiles contre Ruiz, pressure fighter aux bras courts, jamais aussi heureux qu’en marchant sur son adversaire et redoutable pour ses combinaisons rapides de près – Anthony Joshua peut en témoigner. Si Ruiz retrouvait l’envie et levait le pied sur les Snickers, j’en ferais un léger favori contre Whyte : la solidité de son menton et son volume de punches lui donnent une option pour l’emporter aux points. Sur le papier, ce combat de bagarreurs peut être l’un des bijoux de l’année qui s’ouvre.
  • On a fait les comptes, et l’intéressé s’en goberge asur les réseaux sociaux : Floyd Mayweather fur le sportif le mieux payé de la décennie 2010, avec 915 millions de dollars de gains – c’est bien plus que Guillaume Musso. Il surclasse ainsi des poids lourds médiatiques du calibre de Christiano Ronaldo, Lebron James ou Roger Federer. Le bougre aura ainsi touché 500 000 dollars pour chacun de ses coups portés avec succès sur un ring. Le pire étant qu’il reste insatiable : après ses pantalonnades de retraité contre le free-fighter irlandais Connor McGregor et le kickboxer japonais Tenshin Nasukawa, le bien-surnommé « Money » annonce que d’autres combats de quasi exhibition sont en vue. De quoi espérer encore tout plein de photos avec de belles voitures neuves et de jolis costumes dorés.
  • Bob Arum, évoqué la semaine dernière ici même, serait sur le point de faire signer dans son écurie Top Rank le Français Tony Yoka. Auquel on rappellera, si besoin est, qu’on ne saurait oublier sa fourchette à long manche avant d’aller dîner avec le diable…

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