Punchlines du 22/09/19

Le site /

  • Deux billets cette semaine : la chronique d’À l’état libre, roman choral de Neel Mukherjee sur une société indienne toujours structurée par ses inégalités endémiques, et un hommage à la grande voix du heavy metal Ronnie James Dio.
  • Ni questions, ni angoisses métaphysiques à ajouter pour cette fois. Je m’inquiète presque.

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Les auteurs /

  • Il fallait du cran – ou une sainte horreur de la chose footballistique – pour organiser un événément en librairie mercredi soir dernier, en concurrence frontale avec PSG – Real Madrid. Ce fut pourtant le cas à la librairie L’Impromptu, rue Sedaine, dans le XIe arrondissement de Paris. Du sourire inextinguible des hôtes au comptoir de bistrot à l’ancienne au fond à droite, en passant par les meubles chinés faisant office de tables et présentoirs, tout y est fait pour mettre à l’aise le visiteur. Ajoutons que les sélections tiennent bien la route. Règle intangible de l’exercice : seuls la moitié des participants annoncés étaient présents au démarrage de la conférence du soir, consacrée aux éditions Piranha, dont je viens de lire et d’apprécier À l’état libre. Trois passionnés venaient y narrer les splendeurs et misères d’une maison indépendante. Elle se façonne une « ligne » au gré d’intuitions et de contributions individuelles – ici, un tropisme germanique lié à l’origine d’un des associés historiques – pour mieux s’en extraire à chaque coup de coeur. Elle est très tributaire, come toute TPE, des accidents de la vie et des aspirations particulières de ceux qui la font vivre. Elle relève de logiques fort différentes selon que le domaine publié est français ou étranger, avec d’une part des paris sur le potentiel des auteurs, et d’autre part – le cas de Piranha – l’épluchage fébrile de catalogue d’écrivains reconnus ailleurs, et le choix clé d’un traducteur idoine. Elle fabrique des livres, au-delà de la sélection des textes. Elle est aussi une manière de sacerdoce, compte tenu de l’intensité des investissements requis, notamment dans la traduction, petite consolation pour des auteurs souvent dépités par la maigreur de leur part du gâteau. Enfin, elle reçoit, comme de juste, des tombereaux de manuscrits dont bien peu s’avèrent lisibles. Autant de révélations plus ou moins fracassantes, mais exposées avec une passion communicative. Un bon moment doublé d’une bonne action, celle d’avoir fait nombre au soutien d’une initiative aussi louable. Autre bénéfice collatéral significatif de ma participation, pouvoir ensuite m’en vanter sur ce blog.

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  • Ta-daaa : le livre mystère de la rentrée était un inédit de Françoise Sagan. Toute élucubration clownesque prise par ailleurs, le secret était bien gardé, arrivé à mes oreilles une poignée de jours auparavant. Dans un milieu à ce point friand de rumeurs et ragots, la performance est à saluer. Passés les légitimes exclamations joyeuses du fan club de la divine Françoise, l’atterrissage semble plus compliqué. Les efforts du fiston et de Plon peinent à dissiper les vives critiques de nombre de ses premiers lecteurs, pour qui le fond d’un tiroir constituait un écrin digne de ces Quatre coins du coeur. Il n’y a point de mauvaise publicité – je rappelle avoir lu et acheté le dernier Angot au seul prétexte de vouloir comprendre la violence de ses chroniqueurs -, gageons donc que le compteur tournera comme il se doit, et réservons une petite pensée à la grosse centaine de primo romanciers de cette rentrée littéraire…
  • La prochaine chronique à paraître sur 130 livres ne portera pas sur un premier roman, mais sur une pépite française et culte à ce point méconnue qu’elle a désormais tout d’un inédit. Avouez que ce buzz est insoutenable.

Les puncheurs /

  • Dans un triste remake d’On achève bien les chevaux, deux combattants flirtant dangereusement avec leur date de péremption s’affrontaient hier soir en Californie, Alfredo Angulo et Peter Quillin. Naturellement plus costaud, ce dernier avait la faveur des pronostics contre un « Perro » connu pour sa propension à développer de terribles ecchymoses au visage au fil des reprises. Il faut rendre justice à Angulo d’avoir travaillé en avançant 10 rounds durant, face à un Quillin devenu plus lent que le ketchup Heinz. Brisé depuis sa défaite fracassante de 2015 contre Danny Jacobs, on recommande chaudement à « Kid Chocolate » de raccrocher les gants. Quant à Angulo, ce succès inattendu devrait lui valoir un démontage en règle contre un super-moyen de niveau mondial. Triste, triste remake…
  • Le noble art réserve néanmoins de quoi se réjouir cette semaine, à l’approche de l’affiche du 28 septembre prochain, l’unification des titres IBF et WBC des welters entre Errol Spence Jr et Shawn Porter. Mon pronostic n’aura pas changé depuis son annonce : Spence dispose des armes requises pour s’imposer face au valeureux Porter. De près, là où ce dernier aime travailler en étouffant ses adversaires, le gaucher Spence a déjà montré assez de force physique contre le costaud Kell Brook pour ne pas subir les échanges et contrer durement Porter en crochets courts au corps et à la face. À distance, il aura un net avantage d’allonge, sans même évoquer sa technique supérieure. Deux scénarios paraissent plausibles : soit le menton de Porter, éprouvé par quantité de rudes batailles, finira par lâcher d’un coup, soit Spence le fera reculer à force de contres cinglants et s’imposera nettement aux points. Sans complètement en écarter la possibilité, disons qu’une victoire de Porter lui vaudrait un fameux coup de chapeau. En sous-carte, il faudra garder un oeil sur le championnat super-moyens opposant les Américains Anthony Dirrell et David Benavidez. La vista de Benavidez la vitesse de ses enchaînements peuvent en faire une star, encore faut-il qu’il fasse enfin preuve de la concentration et du sérieux d’un authentique boxeur d’élite. À suivre, donc.

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  • Le sommet Canelo AlvarezSergey Kovalev, officialisé la semaine passée pour le 2 novembre prochain, fait beaucoup réagir le landerneau de la boxe, entre inconditionels et détracteurs du rouquin mexicain. Des détails d’importance ont été divulgués depuis : les clauses de poids et de réhydratation du contrat. De quoi rassurer les puristes, puisqu’aucun catchweight n’a été négocié et que le combat se disputera donc à la limite officielle des mi-lourds, soit 175 livres. Question réhydratation, on s’en tiendra aux standards du genre, soit un gain de 10 livres autorisé entre la pesée et le combat. Une conclusion s’impose : Canelo n’a pas usé de sa position dominante dans la négociation pour exiger du vétéran Kovalev qu’il se présente sur le ring diminué physiquement. Il est donc très confiant en ses chances de l’emporter, et désireux de démontrer qu’il s’imposera sans artifices. Pour les fans, c’est tout bénéfice, car l’intérêt sportif de la confrontation est préservé. Sachons profiter des quelques bonnes nouvelles que nous offre le plus beau de sports.

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