Punchlines du 11 septembre 2022

Le site /

  • C’est la rentrée des Punchlines ! Deux papiers se rapportant à des lectures estivales sont venus compléter la collection, la découverte d’un classique français du siècle dernier (La Côte sauvage de Jean-René Huguenin) et la réédition d’une étrangeté typographique devenue une référence de la littérature d’épouvante, La Maison des Feuilles de Mark z. Danielewski.
  • Rare publicité : le blog Onzième sens, dédié à la littérature et au vin, s’est penché par le truchement de son envoyé spécial Vincent Crouzet (auteur entre autres de la série Service Action chez Robert Laffont) sur les libations parisiennes qu’organise dans son quartier l’amie Thael Boost, autrice d’un joli premier livre intitulé La Mère à côté évoqué ici au printemps dernier. Il y est question entre autres de rosé de Provence et de 130livres.com.
Onzième sens, ou l’alibi culturel exploité avec talent

Les auteurs /

  • Je ne dérogerai pas à une tradition non écrite, celle de n’avoir lu aucun des romans proposés en première liste des prix Goncourt, Renaudot et Fémina – notons que je reste à un Yves Ravey près d’avoir coché les trois cases à la fois.
  • La remarque ci-dessus ne m’empêche pas d’avoir (un peu) travaillé la question de la rentrée littéraire, comme l’auront constaté les lecteurs d’un mensuel disponible en kiosques :
    • Oh, Canada, Russell Banks, Actes Sud. Mon premier livre de l’auteur, qui sera présent en duplex des États-Unis au festival America de Vincennes à la fin du mois. Au crépuscule de sa vie, un réalisateur de documentaires engagés profite d’une ultime interview filmée pour confesser les mensonges sur lesquels furent construits sa carrière, sa vie personnelle et sa réputation. Un voyage fascinant dans une conscience en train de s’éteindre doublé d’une réflexion sur la fabrique du roman personnel de chacun. En stricts termes de puissance littéraire, le plus impressionnant des livres lus cette rentrée.
    • La fugue thérémine, Emmanuel Villin, Asphalte. La vie de Lev Thérémine, ingénieur né en URSS qui donna son nom à un instrument de musique éléctromagnétique dont le son est extrait en déplaçant ses mains dans l’air. Il rencontra Lénine, parcourut l’Europe et les États-Unis pour démontrer la brillance de la recherche soviétique, fut enlevé à Brooklyn et connut le goulag avant d’œuvrer pour le KGB, devenu spécialiste de l’espionnage acoustique. Inspiré d’une histoire vécue et très méconnue, ce livre court excelle à restituer l’ambiance et le décor d’une époque, ici l’Amérique des Roaring Twenties frappée par la crise de 1929. Il m’a rappelé pour ces raisons La disparition de Jim Thompson, paru l’an dernier chez Arléa, et c’est un compliment.
    • D’Anvers est contre tous, Julien Cridelause, Héloïse d’Ormesson. Pas de rentrée littéraire sans bonnes vielles crises de milieu de vie. Celle-ci frappe un paisible paléographe dont la femme semble vouloir le tuer, la fille se choisit un curieux fiancé, la mère perd la boule mais pas la libido et le père est peut-être moins décédé qu’on le dit. Vu et revu, peut-être, mais très drôle et bien écrit.
    • Fantaisies guerillères, Guillaume Lebrun, Christian Bourgois. Pas de faute dans le titre : c’est du vieux françois, la langue mâtinée d’anglicismes – Guerre de Cent Ans oblige – dans laquelle est écrite ce tumultueux premier roman. Guillaume Lebrun revisite l’histoire de Jeanne d’Arc sur un mode résolument décoiffant : celle-ci sera choisie par la machiavélique Yolande d’Aragon, mère de Charles VII, parmi quinze pucelles de basse extraction formées aux arts militaires. La lauréate est une guerrière formidable et lesbienne revendiquée, en ligne directe avec Cthulu plutôt qu’avec le Dieu de la Bible et des Evangiles. L’Anglois peut trembler !
4 sur 490

Les puncheurs /

  • À une semaine de Canelo vs GGG III, le Cap’tain Crochet m’a invité à débattre d’un combat manquant sensiblement de hype malgré la qualité du matchup proposé. À voir sur Youtube.
  • Alors que Christian Mbilli a confirmé en moins de 2 rounds qu’affronter le vétéran DeAndré Ware ne revenait pas tout à fait à monter en gamme, ce vendredi au casino de Montréal, le poids lourd français Newfel Ouatah a ajouté un nouveau chapitre abracadabrantesque à l’histoire récente de la boxe tricolore. Genou à terre dès le premier coup de gong, il abandonna face au boxeur local Simon Kean en invoquant une notification par la Fédération Française de Boxe que les assurances ne le couvriraient pas pour ce combat. Le promoteur Camille Estephan ne décolère pas, traitant l’ex-champion de France de « jaune » et arguant que son propre assureur aurait assuré ses arrières, comme dans le cas récent de Nadjib Mohammedi. Reste que pour une réunion retransmise en direct sur ESPN et RMC Sport, une telle attitude fait sacrément tache. Quelles que soient les raisons véritables de cette consternante embrouille, on peut difficilement s’empêcher de la rapprocher du formidable succès remporté par l’UFC lors de sa première à Paris samedi dernier. Plus la boxe abandonnera d’elle-même du terrain, plus vite le public se tournera vers un MMA qui tient ses promesses.
Farce montréalaise
  • Ce qui est vrai en France l’est aussi à un niveau plus global : le combat annoncé qui fait le plus de buzz sur la planète boxe opposera l’ancienne star du MMA Anderson Silva, vainqueur du désespérant Julio Cesar Chavez Jr, et le Youtubeur bodybuildé Jake Paul. Ne culpabilisez pas : je sanglote moi aussi.
  • Chez les lourds, l’encéphalogramme n’est pas complètement plat, mais il faut un peu s’accrocher pour suivre. Suite au second succès (mérité) d’Olexander Usyk sur Anthony Joshua, conservant ainsi les titres WBA, IBF et WBO, et la déclaration par l’Ukrainien de sa volonté d’affronter Tyson Fury, le gitan de Manchester a d’abord annoncé sa retraite définitive. Avant de dire qu’il dominerait aisément Usyk, puis de donner un ultimatum pour un superfight de fin d’année contre… le double vaincu Anthony Joshua. Il semblerait que les discussions pour cette « Battle of Britain » achoppent sur les dates alors que le camp AJ a accepté 40% de la bourse. Sans doute ne sommes-nous pas au bout du sketch.
  • De ce qu’on a vu d’Andy Ruiz, victorieux aux points d’un vieux Luis Ortiz au menton ébréché à la faveur de trois knockdowns, on peut douter de ses chances de survie contre Deontay Wilder, pour que que ce dernier passe l’obstacle Robert Helenius le 15 octobre prochain (ce combat-là promet du fun). Face au Cubain, Ruiz a pris quantité de coups qui ne pardonneraient pas contre le Bronze Bomber, et il n’a pas semblé spécialement dynamique ni affûté. Les deux 114-111 dont il a bénéficié sont généreux au possible.

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