À Martin Achard / To Martin Achard

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Martin Achard est le second de mes amis virtuels qui ait choisi de nous quitter. Plus encore que le goût du rock bruyant et daté, nous partagions l’amour de la boxe anglaise, la plus belle de toutes, celle de Marcel Cerdan, Sam Langford et Sugar Ray Robinson. J’ai ainsi découvert au fil des mois, sans jamais qu’il éprouvât le besoin de le clamer, que les amateurs d’escrime de poings de la Belle Province le considéraient comme le plus éminent de leurs historiens. Dans un Québec toujours féru de pugilisme, la distinction valait son prix. Il consacrait un temps certain à alimenter des fils pédagogiques sur Facebook et Twitter, ainsi qu’à publier des articles sur ses sites 12rounds.ca et memorialdelaboxe.com, en marge de son travail pour l’état canadien.

Martin était un modèle d’érudition humble, de ceux pour qui le savoir ne vaut que s’il est transmis, toujours bienveillant dans sa manière d’appuyer ou compléter les propos d’autrui, sensible de surcroît à la manière dont les choses étaient dites. Ses connaissances ne se résumaient pas aux dates et statistiques : les analyses techniques auxquelles il se livrait étaient aussi justes que précises. En tant que fan, j’ai rarement éprouvé plus de fierté que lorsque mes papiers recevaient son approbation ; le dire aujourd’hui n’est pas qu’affaire de circonstances. Nous éprouvions une même admiration pour certaines stars d’antan, canadiennes comme Matthew Hilton ou françaises comme Eugène Criqui. Sur ce dernier point, je crois pouvoir affirmer sans trop m’avancer que très peu de mes compatriotes connaissent la riche histoire de la boxe hexagonale comme Martin la maîtrisait…

Je le savais atteint d’une maladie dégénérative incurable qui, en plus des douleurs occasionnées, le privait peu à peu de l’usage de ses pieds et de ses mains. Pour ce passionné de randonnées, d’écriture, de réunions de boxe et de concerts, le prix à payer s’avéra bien trop lourd. Il s’était montré indulgent pour quelques-unes de mes dernières blagues de potache. Nous nous étions souhaité un joyeux Noël. Il est donc parti quelques jours plus tard, comme il l’a voulu, âgé d’à peine cinquante ans. Internet permet des foultitudes de rencontres parfaitement dispensables, voire que l’on regrette bien vite. On peut aussi y croiser des personnes dont on s’enorgueillira longtemps de l’amitié, eussent-elle été distantes d’un peu plus qu’un océan. Martin était de celles-là.

Crédit photo Boxingtown Québec www.boxingtownquebec.ca

English version :

Martin Achard is my second online friend who decided to leave this world. Beyond a common taste for loud and ancient rock n’roll bands, we shared an overwhelming interest for the purest form of boxing, the Queensberry rules that Marcel Cerdan, Sam Langford and Sugar Ray Robinson went by. After a few months I found out that Martin, even if he never felt any urge to mention it, was considered by sweet science fans in Quebec to be the most knowledgeable of local boxing historians. Given how boxing is still popular among French Canadians, that was quite a compliment. Aside from his work for the Canadian government, he spent copious amounts of time posting boxing-related information on Facebook and Twitter threads or his websites 12rounds.ca and memorialdelaboxe.com.

Martin embodied what I would call « humble science », to him the very purpose of knowledge was to be passed on, he was always kind when it came to agree with or complete other people’s takes on boxing and paid a lot of attention to the writing. His knowledge of the sport went way beyond dates and statistics : his technical analysis were as precise as it was on point. As a fan I was never as proud as when he approved my papers ; I’m not saying so because he’s just left. We shared a common admiration for many stars from the past, they could be Canadian like Matthew Hilton or French like Eugene Criqui. As for French boxing history, I’m quite certain that only a few of my fellow countrymen know French boxing as well as Martin used to…

I knew that he was sick and could not be cured ; not only did he go through lots of pain but he was also losing the use of his hands and feet. For the hiking, boxing, concerts and writing enthusiast that Martin used to be, it proved too-high a price to pay. He was lenient to a few of my latest online childish one-liners. We wished each other a merry Christmas. It turns out that he left us a few days later, at the very young age of 50. We all make large numbers of dispensable encounters on the internet, some of then we quickly get to regret. But we can also be proud of some friendships we end up building, no matter the distance in real life. My friendship with Martin was one of them.

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