Punchlines du 13/04/19

Le site /

  • Deux chroniques de livres français aussi dissemblables que possible sont disponibles depuis cette semaine : Femmes, le roman de Philippe Sollers publié en 1983, et L’Albatros, le récit de Nicolas Houguet récemment sorti chez Stock.
  • C’est le moment de vous faire part d’une vraie angoisse, sinon un questionnement intime : pas mal de gens « likent » les posts de @130_livres sur Instagram, qui consistent en un bout de chronique copié / collé, avec un lien pour lire le reste sur http://www.130livres.com. D’après WordPress, très peu de connexions sur le blog proviennent d’Instagram. D’où ma question : les utilisateurs d’Instagram lisent-ils les posts qu’ils « likent » ? Une simple photo de bouquin suffirait-elle ? Je suis dubitatif, mais j’apprends.

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Les auteurs /

  • Il est grand temps d’évoquer ici Jim Thompson, maître absolu du roman noir américain. Le monde de Thompson est celui des villes et villages anonymes, des méchants plus en quête de quiétude que de rédemption, et des gentils qui manquent souvent d’un simple prétexte pour partir en torche. À partir d’intrigues d’apparence convenue, Thompson prend un plaisir non dissimulé à plonger son lecteur toujours plus profond dans les recoins les moins fréquentables de la conscience humaine. Peut-être est-ce sa capacité à boucler ses histoires avec maestria, sur des points d’orgue inattendus, toujours pleins de folie et de désespoir, qui lui vaut l’admiration d’un Stephen King. En France, la Série Noire lui fit l’honneur de son numéro 1000, avant que la nouvelle collection Rivages noir ne reprenne ses droits et lui consacre sa toute première publication. Parmi les perles de cet auteur prolifique, voici trois textes vénéneux adaptés au cinéma. Les arnaqueurs, repris en 1990 par Stephen Frears, une histoire d’escroquerie à la petite semaine mâtinée d’un Oedipe franchement lugubre avec Annette Benning, John Cusack et Angelica Huston. L’assassin qui est en moi, porté à l’écran par Michael Winterbottom en 2010, geste démoniaque narrée à la première personne par un psychopathe de génie vivant sous l’apparence d’un shérif de campagne débonnaire, campé par Casey Affleck. Et surtout Pottsville, 1280 habitants, le roman qui inspira le cultissime Coup de torchon à Bertrand Tavernier. Il est là aussi question d’un shérif d’apparence inoffensive nommé Nick Corey – l’hommage de Richard Morgiève dans Le cherokee est évident. Ce bon vieux Nick, dont l’alter ego français fut interprété par Philippe Noiret, se contente d’une honnête carrière de paillasson des puissants et malfrats du voisinage, jusqu’à ce que sa prochaine réélection soit compromise. L’homme se transforme alors en un machiavélique tueur à sang froid, à la grande surprise de ses habituels tourmenteurs. C’est un régal d’ironie corrosive, au final insensé, à mettre absolument entre toutes les mains… Donc l’un des bouquins que j’offre le plus.

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  • La devinette sur ma lecture du moment est en passe de devenir une tradition de 130 livres. Soit. Je suis plongé dans un court récit de celui qui est peut-être le plus grand styliste français vivant. Mal compris, ce bouquin lui valut qu’on attente à son intégrité physique, ainsi qu’à celle de sa famille. En France, au XXIe siècle. Il fit de l’expérience un autre livre, que je lirai dans la foulée. Ces drames-là méritent d’être mieux connus.

Les puncheurs /

  • La nuit dernière, au Staples Center de Los Angeles, le champion WBA super et WBO  des légers Vasyl Lomachenko a fait une nouvelle victime, l’anglais Anthony Crolla, après 4 rounds à sens unique. Le gaucher rapide et technique est toujours aussi plaisant à regarder boxer ; on peut juste déplorer que Crolla n’ait rigoureusement rien eu à proposer. Mettre en difficulté le double champion olympique suppose de pouvoir lui infliger une pression soutenue au corps-à-corps, de manière licite ou non – ce qui fit parfaitement Orlando Salido lors de l’unique défaite professionnelle de l’ukrainien – ou d’avoir un timing assez affûté pour le contrer en plein enchaînement. Les bagarreurs comme Salido se font rares. Côté contreurs, on pense à Gervonta Davis, toujours super-plume et peu pressé de l’affronter, ou à Mikey Garcia, qui devrait redescendre des welters après son échec face à Errol Spence Jr. Le fait que Lomachenko appartienne à l’écurie Top Rank, contrairement à Davis et Garcia, rend les deux combats très hypothétiques sur le papier… Et c’est bien malheureux, s’agissant de l’un des champions les plus talentueux du moment, dont on voudrait voir plus.

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  • Deux combats de cette nuit peuvent susciter un semblant d’intérêt. En super-welters, le mexicain Jaime Munguia devrait enregistrer une nouvelle défense victorieuse de son titre WBO contre l’irlandais aux poings de plume Dennis Hogan. Munguia frappe fort, dispose d’un vrai châssis de poids moyen, et a de la caisse. Tout autre que Morgan finira par exploiter les failles défensives de Munguia, et casser la bouche qu’il garde dangereusement ouverte après les premières minutes d’un combat. Enfin, deux anciens champions du monde âgés de 35 ans s’affronteront en super-moyens, dans un combat aux allures de dernière chance. Peter Quillin, tombeur de notre Hassan N’Dam national, ne semble toujours pas remis de sa défaite par KO au premier round contre Danny Jacobs en 2015. Son talent naturel est supérieur à celui de son adversaire du soir, lequel peut cependant se prévaloir d’une force mentale à toute épreuve, laquelle lui valut un succès inespéré sur l’anglais James DeGale : le besogneux mais valeureux Caleb « Golden » Truax, qui combattra sur ses terres du Minesota. Malheur au vaincu, alors que le gagnant devrait obtenir une nouvelle chance mondiale.

6 commentaires sur “Punchlines du 13/04/19

  1. Hello, je reviens sur ton interrogation concernant les posts Instagram. Je suis en effet assez convaincue que les commentaires sont peu lus, ou en travers. Moi même je survole ceux qui se rapportent à des livres que je voudrais lire un jour, quitte à les lire plus tard. Je ne like en revanche jamais une photo de livre sans rien en dessous, quel intérêt ! Enfin même si un post renvoie à un blog, c’est cool quand on y trouve un peu de contenu quand même 😉

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    1. Je comprends la logique d’Instagram losqu’ils ne permettent pas les liens actifs en commentaire des posts – diférenciation avec FB, notamment – mais c’est sûr que ça ne me facilite pas les choses…

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  2. Je suis certaine que beaucoup likent sur Instagram sans rien lire. Ce n’est pas le cas de tous, heureusement, mais d’un grand nombre quand même. Ensuite, moi, par exemple, je ne passe presque jamais par les liens de blog sur Instagram, je lis directement sur le lecteur WordPress.

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