Punchlines du 20/04/19

Le site /

  • Il fallait bien que ça arrive. Pas de papier cette semaine. Je manque d’une excuse valable. Et vous, hein ? Vous avez assuré à ce point ? Ne jugez pas. Merci.
  • Notons aussi que les punchlines de la semaine sont écrites dans des conditions franchement acrobatiques, en direct d’une féria du sud. À cet égard, je tenais à partager avec vous la jolie expression « un homme perdu de vin », issue de mes dernières lectures. Une puissance d’évocation à saluer.

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Les auteurs /

  • À défaut de garder la cadence, je cours littéralement après les blogueurs à succès. Après la soirée dédiée à l’Albatros de l’ami Nicolas Houguet, c’est dans l’intemporelle quiétude versaillaise que j’ai pu assister à un entretien croisé avec Agathe Ruga et Julien Sandrel, à la librairie Antoine. Public d’habitués, au nombre desquels un petit chien blanc, ambiance bon enfant, accueil cordial et non dépourvu de fantaisie, riches échanges entre écrivains amateurs et confirmés des deux côtés de la salle, et dégustation de succulentes pâtisseries. Dans l’espace-temps si particulier de la banlieue ouest, j’aurais presque senti physiquement la caresse d’un pull douillet se nouant sur mes épaules. Quant à Agathe et Julien, présentant ce soir-là Sous le soleil de mes cheveux blonds et La vie qui m’attendait, ils font une bien mauvaise publicité au mythe de l’auteur condescendant et tourmenté. L’expérience donne envie de repasser le Périphérique pour une prochaine rencontre. #Thuglife
  • Sans me targuer d’être aussi pointu que Nicolas Zeisler sur le sujet – visitez-donc sa bibliographie mahousse – la littérature pugilistique me parle, et pas qu’un peu. L’occasion de saluer la maison Tristram, dont la pléthore de références magiques compte un vrai mythe du genre, sobrement intitulé De la boxe. D’aucuns s’étonneront peut-être de découvrir la passion de la prolifique double finaliste du Nobel de littérature Joyce Carol Oates pour le noble art. Comme elle l’explique en préface, écrire sur la boxe, un sport si « dramatiquement masculin » dont elle acquit le goût petite fille, en accompagnant son père voir des combats, lui permet de s’interroger sur les limites de la civilisation. L’animalité intrinsèque de cette violence et cette souffrance codifiées la fascine, et explique qu’elle ait consacré plus de deux ans à la rédaction d’articles et essais sur le sujet, dont De la boxe est une compilation. Oates s’inscrit résolument dans la tradition des boxing writers passionnés par les dimensions symbolique, lyrique et philosophique de l’escrime de poings, par opposition aux auteurs plus portés sur le prosaïsme du quotidien des boxeurs – dont W.C. Heinz et son indispendable Ce que cela coûte. De la boxe s’attache à dresser une typologie de ses mythes et clichés fondateurs, évoquer des figures et combats de légende, souvent ceux de l’âge d’or des années 80 – dont l’incomparable Mike Tyson -, et apprender la douleur, l’injustice et les stigmates consubstantiels au « théâtre tragique » qu’est le plus beau des sports. Indispensable.

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  • Oui, mon papier en cours prend plus de temps que prévu, et oui, certains d’entre vous ont vu juste : ça causera de Pierre Jourde.

Les puncheurs /

  • Fin 2018, les poids lourds étaient redevenus la catégorie reine de la boxe, et faisaient saliver les fans du monde entier à l’évocation de multiples combats à venir entre les titans Anthony Joshua, Deontay Wilder et Tyson Fury. En mai 2019, elle est redevenue une gigantesque blague. Dernier épisode en date : le plantureux Jarell « Big Baby » Miller, adversaire désigné de « AJ » pour sa première sortie américaine du 1er juin prochain, vient d’être contrôlé positif à pas moins de TROIS substances illicites différentes. Gageons qu’il pourrait monter ses 300 livres au sommet du Tourmalet avec un maillot Festina sur le dos. Joshua cherche désormais un remplaçant, pour un combat forcément moins passionnant qu’annoncé. Pffff.
  • Cette nuit au Madison Square Garden, le champion WBO des welters Terence « Bud » Crawford affrontera le vétéran anglais Amir Khan. Peu d’observateurs parient sur le challenger, dont le principal mérite aura été d’accepter d’affronter un vrai épouvantail plutôt que son compatriote Kell Brook en Angleterre. Face à un adversaire qui démarre prudemment, Khan devrait faire prévaloir la vitesse de ses jambes et de ses poings durant les premiers rounds, avant de subir la montée en puissance et les ajustements tactiques de « Bud ». Les problèmes récurrents de concentration d’Amir Khan n’arrangeront rien : il tend à se désunir dès qu’un spectateur des premiers rangs agite un objet brillant. Une victoire de Crawford par KO autour du 10e round serait foncièrement logique. Tant de bons combats attendraient le gaucher américain dans un monde parfait – c’est-à-dire dépourvu du promoteur Top Rank -, contre les Spence, Thurman, Garcia ou Ugas, que l’on reste frustré par une affiche au dénouement à ce point prévisible.

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