US Open, jour 1

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Les 12 moments les plus marquants de cette première journée d’un tournoi énorme, fun, et dispendieux:

  1. Halluciner d’emblée en se disant que le titanesque et flambant neuf court Louis Armstrong fait quand même petit à côté de l’Arthur Ashe ; laisser les considérations architecturales prendre le pas sur l’étonnant spectacle d’une numéro 1 mondiale aplatie comme un pancake au premier tour
  2. Observer à quel point certaines fans en veulent au corps de Rafa Nadal – surtout sa voisine de tribune, vêtue d’une nuisette
  3. Constater l’effort insensé que fournissent les athlètes en plein cagnard newyorkais alors qu’on rôtit, immobile, sur son siège, sans croire qu’on passera l’heure qui vient ; s’interroger sur la viabilité du tournoi dans 20 ans
  4. Après avoir pris acte une Nième fois du civisme supérieur des locaux, se consoler en se comparant à plus chauvin que soi quand le public soutient les frangines Williams
  5. Sourire en découvrant le coin fumeurs officieux d’un parc américain 100% smoking free
  6. Applaudir les lauréates d’il y a 18 et 14 ans pour leur sacrée castagne de pas loin de 3 heures
  7. Admirer le talent des marchands du temple, encore plus insidieux et efficace que ce qu’on imaginait, du merchandising à la restauration en passant par le cocktail officiel si désaltérant et cuitogène
  8. Compatir avec certains soutiers des courts annexes jouxtant des allées où la circulation des spectateurs est permanente pendant les points ; s’amuser plus tard de voir une superstar se plaindre à l’arbitre qu’une dame se rassoit trop tard dans les travées de l’Arthur Ashe
  9. Se sentir relégué socialement en passant devant les restos réservés aux titulaires de billets plus chers que les siens – pas donnés – et l’espace Amex Centurion
  10. Prendre un bain de jouvence devant un match de revers à une main dépourvu de mugissements ; souhaiter bonne chance aux futurs adversaires de Stan Wavrinka
  11. Commencer la Night Session dans la quatrième dimension, avec des hymnes nationaux et le concert kitchissime d’une lauréate de télécrochet
  12. Se répondre « Bah oui, mon con » après une fulgurance in petto du style de « Ça ressemble à Roland, mais en vachement plus américain, quand même. »

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