Portnoy et son complexe, Philip Roth

Sommeil approximatif dans une chambre trop chaude. De guerre lasse, lever à 6 heures. Un fond de mal de gueule d’après dîner professionnel, et 60 minutes de rab pour écouter la matinale. Même sur une antenne civilisée, la couverture de la dernière atrocité terroriste pique et fascine à la fois. La mélopée funeste toujours dans les oreilles, traîner ses savates jusqu’au métro. Promesse tenue d’un wagon déjà bondé avec les travaux sur la A, synonyme d’arrivée collante à Grande Arche.

Et là, les gestes qui sauvent : ôter ses écouteurs puis dégainer Portnoy et son complexe, de Philip Roth. Et rigoler tout seul pendant les 40 premières pages. Il n’y a plus de petits miracles.

Un ashkénaze newyorkais et trentenaire se débat sur le divan de son analyste entre les injonctions contradictoires d’une cellule familiale rien moins qu’étouffante, et d’une libido dévorante qui le porte vers les blondes shiksas. Où l’on apprend à se satisfaire furtivement dans un autocar bondé, séduire puis quitter un singe top-model ou vivre une relation brève mais passionnée avec une belle tranche de foie de veau.

Classé devant la Torah au palmarès des livres importants sur l’identité juive par l’humoriste politique John Stewart, ce livre est plus largement recommandable à quiconque a dû se construire moralement et sexuellement en tant qu’adulte malgrec (ou avgré) ses racines et ceux qui les lui ont consciencieusement nouées aux chevilles. C’est à dire à n’importe qui sachant lire. Chef d’oeuvre.

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