Punchlines du 5/10/19

Le site /

  • L’article de la semaine fut consacré à Une assemblée de chacals, de S. Craig Zahler, un western malin au crescendo parfait, avec ce qu’il faut de personnages attachants et détails horrifiques pour le lire d’une traite. Un must du genre.
  • Les statistiques sont têtues : le site est bien plus fréquenté de juin à août qu’au printemps et en ce début d’automne. À moi de trouver comment en rendre la lecture plus confortable aux heures de bureau.

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Les auteurs /

  • Le polar scandinave n’est plus une mode : il fait désormais figure de référence du genre.  La Suède en fut la pionnière, dans la lignée des mythiques romans à quatre mains de Maj Sjöwall et Per Wahlöö, à la fois très précis en matière de procédure policière et attachés à humaniser des flics tiraillés entre boulot et vie de famille. Avant l’avènement de la série Millenium, de Stieg Larsson, dans les années 2000, Henning Mankell contribua largement à la reconnaissance internationale du roman policier au pays de Bjorn Born et Ikea, en se réclamant de l’école de  Sjöwall et Wahlöö. Kurt Wallander, son personnage emblématique, est une sorte de négatif parfait d’Harry Hole, héros des best-sellers norvégiens de Jo Nesbø. Un inspecteur de province, père divorcé d’une adolescente qui grandit trop vite, fan de musique classique, souffrant d’une nette tendance à l’embonpoint compliqué de diabète, et fort peu porté sur les cascades ou fusillades en tout genre. Bien sûr, lorsqu’il ne visite pas son père irascible qui peint à l’infini le même paysage de campagne, Wallander est un sacré bon flic, littéralement dévoré par son métier. Il le faut bien, d’ailleurs, tant les truands et psychopathes qu’il affronte sont des cadors. L’auteur alterne leur point de vue et celui de Wallander au long d’intrigues particulièrement retorses. Depuis son petit commissariat d’Ystad, l’inspecteur est toujours plus stupéfait d’asssiter à la progression du mal absolu jusque dans les coins les plus reculés de Suède, s’insinuant peu à peu dans les failles du si vanté modèle suédois. Mankell, décédé en 2015, travaillait à la perfection le rythme de ses intrigues, entre quotidien monotone de Wallander, impasses et fausses pistes diverses, et accélérations brutales. Il savait ménager à son héros des plages d’attente et de contemplation désabusée, confinant parfois à l’humour absurde. Commencez par Meurtriers sans visage, premier épisode d’une saga en 11 épisodes qui conduira Wallander à la retraite, puis la vieillesse, et un passage de témoin  à sa fille Linda. À noter que Mankell écrivit sur le tard un recueil de nouvelles évoquant les débuts d’enquêteur de Wallander, intitulé La faille souterraine et autres enquêtes.

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Les puncheurs /

  • À peine remis du formidable pugilat à l’ancienne de samedi dernier entre Errol Spence et Shawn Porter, le noble art nous offre une autre affiche digne d’un réveil à 5 du mat’ : le retour de Gennady Golovkin à la compétition de niveau mondial, face à l’Ukrainien Sergiy « The Technician » Derevyanchenko, titre IBF vacant des moyens en jeu. Depuis sa défaite épique contre Canelo Alvarez, Golovkin a gobé en 4 rounds l’anonyme Canadien Steve Rolls et fêté son 37eme anniversaire. L’enjeu de ce combat vedette au Madison Square Garden est clairement de savoir si « GGG » reste capable, à son âge avancé, de jouer les premiers rôles à 160 voire 168 livres. Né en 1985, Derevyanchenko n’est pas non plus un perdreau de l’année. Le New-yorkais d’adoption a vécu une longue carrière en amateurs ; son unique défaite en 13 combats professionnels fut une décision partagée concédée à la référence Danny Jacobs, auteur d’un excellent combat contre Golovkin. Comme le suggère son surnom, l’Ukrainien sait à peu près tout faire sur un ring, et dispose en outre d’une endurance suffisante pour appliquer une pression constante sur ses adversaires, 12 rounds durant. Contre lui, Golovkin dispose d’un avantage d’allonge. Comme observé contre Canelo, il n’est jamais plus à son aise que lorsqu’il peut boxer en avançant, déroulant ses enchaînements percutants derrière un jab exceptionnel. On peut donc imaginer que Derevyanchenko s’appliquera à réduire cette distance et travailler de près. L’issue du combat devrait dépendre de la fraîcheur physique et psychologique de Golovkin : s’il a conservé son niveau de 2018, la victoire lui semble acquise. Un succès avant la limite serait un message fort envoyé à la planète boxe. Mais s’il montre des signes d’usure, la nuit promet d’être longue pour le Kazakh. Canal + retransmet. J’en serai !

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  • Dernière bizarrerie en date dans le monde merveileux de l’escrime de poings : l’annulation du combat prévu ce week-end entre la star américaine Clarissa Shields et sa challenger croate Ivana Habazin suite à un incident survenu lors de la pesée : l’entraîneur de Habazin fut hospitalisé après son agression par un membre de l’entourage de Shields… La boxe professionnelle féminine rattrape bien vite les standards élevés de sa grande soeur.

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