Punchlines du 7/06/19

Le site /

  • Le papier de cette semaine concerne le 39eme affrontement entre Rafael Nadal et Roger Federer hier à Roland Garros. On notera la grande pertinence du pronostic  formulé, ainsi que l’absence totale de prise de risque afférente.
  • Notons tout de même que l’article le plus lu de l’Histoire de ce site consacré aux livres et à la boxe parle de tennis. De quoi envisager une prochaine réorientation éditoriale vers l’omnisports.

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Les auteurs /

  • Bien des causes profondes de la colère des brexiters d’aujourd’hui remontent au libéralisme cynique des  années Thatcher, et Jonathan Coe en offrit un inventaire réjouissant dans son roman Testament à l’anglaise, récompensé par le Prix du Meileur livre étranger en 1995. Ses 682 pages sont consacrées à l’écrivaillon Michael Owen, mandaté par la fantasque Tabitha Winshaw pour retracer l’Histoire de sa famille de ploutocrates anglais, dans l’espoir qu’il en déterre un inavouable secret : le meurtre maquillé en accident de son frère aîné. Dépressif confirmé et onaniste hanté par ses fantasmes sur Kathleen Turner, Owen découvre au fil de ses travaux que chacun des descendants de la glorieuse dynastie s’avère plus malhonnête et dénué de scrupules que le précédent. Les privatisations et déréglementations sauvages des années 80 furent le terreau de leur spectaculaire regain de réussite, qu’il se fût agi de faire main basse sur les médias, la finance, la malbouffe ou l’art contemporain. Fiona, amie de Michael hospitalisée dans des conditions toujours moins humaines, en incarne les effets collatéraux sur la population. Il serait vain d’espérer la moindre nuance ou rédemption dans le ramassis de sociopathes qu’est la famille Winshaw : le parti-pris de Jonathan Coe est celui de la satire, et le bougre ne recule devant rien pour l’alimenter, jusqu’au final délirant façon Dix petits nègres. Omniprésent, l’humour venimeux et so British sauve Testament à l’anglaise du pensum à thèse : il s’agit avant tout de rire fort, et souvent. Ce bouquin fut à l’origine de l’un de mes – nombreux – retours à la lecture, une faculté qui vaut son prix. J’ajouterai que sa redécouverte en 2019 peut alimenter le débat sur la justesse de la comparaison entre notre époque et celle du thatchérisme triomphant. « Le truc, c’est de faire sans cesse des choses scandaleuses. Il ne faut pas laisser aux autres le temps de réfléchir après avoir fait passer une loi révoltante. Il faut aussitôt faire passer quelque chose de pire avant que le public ne puisse réagir. Vois-tu, la conscience britannique n’a pas plus de capacité que… qu’un petit ordinateur domestique, si tu veux. Elle ne peut conserver que deux ou trois choses à la fois. »

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  • Ah oui, tiens : j’ai enfin terminé mon dernier pavé en date. Si le temps d’écriture du billet est proportionnel à celui de sa lecture, vous devriez pouvoir le lire sur la plage. Fin août.

Les puncheurs /

  • Comme toute vraie grosse surprise, le succès d’Andy Ruiz Jr. sur Anthony Joshua a considérablement agité le landerneau de la boxe. Deux choses sont à retenir, au milieu des pelletées de commentaires et commentaires-de-commentaires. D’une part, les deux protagonistes font plaisir à voir et entendre. L’américano-mexicain promène sa bouille réjouie et ses barres chocolatées favorites sur les plateaux de télévision, savourant chaque seconde de sa bonne fortune, et ses cotes de notoriété et popularité ont littéralement explosé. L’anglais déchu, lui, affiche une attitude très humble, et ne se cherche aucune excuse, contrairement à bien des observateurs (NB : il faudra un jour écrire une anthologie des excuses du noble art ; le journaliste Doug Fischer a rappelé cette semaine l’une des plus remarquables, la mise en cause du soigneur qui aurait enduit les jambes de Wlad Klitschko de vaseline avant sa rectification par Lamont Brewster, causant ainsi une suposée surchauffe de son métabolisme).

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  • L’autre fait majeur de la semaine est que le promoteur de Joshua Eddie Hearn a activé la clause de revanche inscrite au contrat initial. Son poulain devrait donc retrouver son bourreau dans 6 mois. Un geste audacieux, compte tenu des possibles séquelles physiques et psychologiques d’un tel passage à tabac, ainsi que de la confiance dont est désormais rempli le nouveau champion WBA, IBF et WBO des poids lourds. Que le combat remplisse un grand stade au Mexique ou en Angleterre, il sera un événement incontournable de cette fin d’année pugilistique.
  • Les patrons de la plateforme de diffusion DAZN, qui a énormément investi dans Anthony Joshua, doivent avoir allumé de pleines brassées de cierges en prévision du nouveau combat de cette nuit, sur le même ring que Joshua – Ruiz. Le poids moyen Gennady Golovkin y fera sa rentrée, 9 mois après sa défaite aux points contre Saul Alvarez, avec en ligne de mire une belle lucrative contre « Canelo », voire une revanche contre Danny Jacobs – les trois hommes étant sous contrat avec le même diffuseur. En supposant qu’il batte « GGG », le méconnu et invaincu canadien Steve Rolls pourrait salement gâcher la fête. C’est bien pour perdre qu’il fut choisi sur mesure par l’encadrement du kazakh, mais ce dernier a 37 ans et sort d’une guerre totale qui peut avoir laissé des traces… Chez DAZN, on priera jusqu’au bout.

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  • La rumeur persistante de la semaine : après son succès sur Mikey Garcia, Errol Spence Jr. devrait bien affronter Shawn Porter pour une unification des titres IBF et WBO des welters, le 3 août au Barclays Center de Brooklyn. Ce combat ferait suite à Manny PacquiaoKeith Thurman, et préparerait un nouveau superfight entre les deux vainqueurs. Sur ce que Spence et Porter ont montré dernièrement, le premier devrait être considéré favori, disposant de l’allonge, du jab et de la vitesse pour contrarier un adversaire s’engageant souvent menton en avant. Le valeureux Porter, qui a encaissé quantité de bombes en carrière, pourrait même subir à l’occasion une première défaite avant la limite.

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