Adieu Malcolm

Dans ACDC, il y a plus qu’un écolier qui se roule par terre et une gargouille chantante. Le liant, le fonds de sauce, le lubrifiant dans les pistons, c’est le boogie métronomique de la seconde guitare, une énorme Gretsch tendue comme un piège à ours.

On parle du son de Malcolm Young, grand frère de l’icône Angus et oncle de Stevie, lequel lui succéda définitivement dans le lineup une fois connue l’irréversible maladie du cerveau de cet infatigable Gollum en jeans et T-shirt uni. Jamais sur le devant de la scène, toujours patron et gardien du temple, sauf quand la gnôle l’avait privé de la tournée Blow up your video à la fin des eighties.

Pour Malcolm, qui conserva au faîte de sa gloire la même mentalité de stakhanoviste en col bleu, l’affaire était entendue : Il avait déjà oublié jusqu’à sa musique et au visage des siens. À sa manière, l’efficace et compact Rock or bust, 16eme album du groupe enregistré sans lui, était un hommage au déjà disparu.

Il aura donc définitivement tiré sa révérence trente-sept ans après l’éternel bad boy Bon Scott, et un mois plus tard que George, l’aîné de la fratrie Young, qui conseilla et produisit ACDC jusqu’à ce qu’ils deviennent l’un des plus imposants groupes de rock n’roll de l’Histoire, du haut de leurs plus de deux cent millions d’albums vendus.

Les grands duos d’Angus et Malcom, que leur lien si étroit rend spéciaux entre tous, sont innombrables. Les frangins constituaient une improbable bête à quatre bras et deux guitares, jouant sur un même pouls.

J’ai un faible pour Gone shootin’, l’une des chansons « tranquilles » de la première époque, au beat incomparable. L’enregistrement que j’ai choisi est plus ou moins récent. Originale, l’intro montre comment les deux grattes se cherchent, se complètent, et fusionnent. Et le titre s’enchaîne, tout en fluidité et en simplicité, comme les meilleurs d’ACDC.

J’incline à penser que Malcolm devrait se plaire en enfer, sûrement dans un coin plus calme que celui de Bon. Les fans ne l’oublieront jamais. Qu’il repose en paix. Et la bise à Angus, qui perd coup sur coup deux grands frères. ACDC, à compter du 18 novembre 2017, c’est lui, et bien lui.

 

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