Dans le jardin de l’ogre, Leïla Slimani / La septième fonction du langage, Laurent Binet

En France, on n’a pas de pétrole, mais on a de sacrés bouquins. Épisode N : deux pour le prix d’un.

Dans le jardin de l’ogre, premier roman de la lauréate du Goncourt 2016, offre une plongée lugubre et nette dans l’authentique tabou de la nymphomanie, et son héroïne partage avec Myriam, la mère de Chanson douce, un couple – de moins en moins subtilement – dysfonctionnel et un rapport dérangeant à la maternité, autant qu’elle rappelle la nounou-tueuse Louise par le caractère largement inexplicable de sa condition. On peut remercier Leïla Slimani de nous en dire autant, avec aussi peu de fard, sur une féminité tout au bord du précipice. Ou pas.

La septième fonction du langage explore le printemps 1981 dans un univers parallèle où Lendl battrait Borg à Roland Garros et où la mort d’un autre Roland, Barthes celui-là, ne serait rien de moins que le noeud gordien d’un combat délirant entre linguistes, sémioticiens, philosophes, terroristes et politiciens pour s’approprier une formule capable de faire de l’éloquence une arme de destruction massive. À noter que Philippe Sollers y finit hongré, et que Serge Moati y mange des Palmitos. Absurde, érudit, réjouissant et aux antipodes du bouleversant HHhH, du même Laurent Binet.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s