Il est 10 heures, Boboland s’éveille

Il est 10 heures le 15 novembre 2015, et Boboland s’éveille.

Tout à l’heure, je suis descendu faire les courses, ce dont une mauvaise gueule de bois et la rengaine hypnotique des chaînes d’info m’avaient retenu hier. Puisqu’on est en deuil, j’ai passé un slim et un polo noirs avec une paire de Gazelles à l’avenant. Et des Wayfarers, parce j’ai de petits yeux et qu’il fait très clair dehors.

D’ordinaire ouvert chaque jour sauf le lundi, le marché d’Aligre est fermé ce week-end. Outre l’accès à une inégalable palette chromatique de betteraves crues et – si coup de bol – aux cédrats et aux crosnes, l’absence des maraîchers prive la rue de leur gouaille sonore et plus ou moins courtoise, ainsi que d’une bonne partie de la clientèle, même s’il est encore tôt pour juger. Ceux qui sont là parlent mezzo voce. A l’oeil comme à l’oreille, tout ça fait un peu vide. Heureusement qu’il reste des boutiques ouvertes, donc la perspective d’une survie pour la semaine qui vient.

Les commerçants forcent un peu la jovialité. Ou peut-être que c’est moi. A défaut de légumes oubliés, je me rabats entre autres sur un poulet de cent jours et mes trois mélanges de café en grains favoris. Pas de queue à la pâtisserie toujours prise d’assaut le dimanche, l’occasion d’une tarte aux fruits d’automne est saisie et bien saisie. Chez le fromager, je reluque la trentaine de sortes de bières artisanales. Et puis non. Il me reste une syrah, un Saumur, un Morgon et un blanc de blancs sans même toucher à la cave, et l’expérience dit combien les moments de vague à l’âme peuvent s’avérer glissants, déjà que cette rentrée qui s’éternise est assez pentue. Je crois que j’ai fait le tour.

Après tout, l’effet collatéral de Vigipirate m’a fait gagner pas mal de temps, et la reprise de la routine de fin de semaine a bien les vertus apaisantes que j’anticipais, toute fermeture prise par ailleurs. Remonter à l’appartement, résister à l’envie d’allumer iTélé, se rabattre plutôt sur l’habituel programme dominical d’Inter. Guillaume Gallienne lit le discours du 4 juin 1940 de Winston Churchill. Et merde.

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