Aux temps anciens de la boxe sur TF1…

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Jean-Baptiste Mendy, c’est un nom qui parle à quiconque a regardé de la boxe le vendredi soir sur TF1. Les plus-si-jeunes-mais-pas-toujours-très-vieux qui savent qu’en France ce sport a compté. L’époque où le pays regardait du brutal en direct de Creil, Dijon, Thiais ou Ajaccio. Jean-Ba, c’était la classe, un physique de kouros à la Emile Griffith, une belle allonge pour un léger, une gestuelle d’école du jab – cross – crochet droit de gaucher. Quand le timbre éraillé de Jean-Philippe Lustyk nous racontait l’histoire, c’était toujours lui le gentil, le seigneur, l’élégant, avant de redevenir magasinier chez Mammouth une fois descendu du ring. Et le lyrisme de comptoir de Richard Borhinger en rajoutait une couche, lui qui criait « Oh ! » à chaque fois qu’une droite loupait son pote de moins d’un mètre.

N’empêche que Mendy la classe, c’était aussi de fameuses peignées, et des sanglantes. Deux collisions franco-françaises de légende avec la teigne Angel Mona pour une ceinture de champion d’Europe, au temps où elles signifiaient quelque chose. Et d’autres qu’il perdit en donnant tout, titre mondial en jeu, contre Khalid Rahilou et Bobo Lorcy. C’est qu’il fut un temps où deux boxeurs de chez nous valaient un digne affrontement sur le toit du monde. Le firmament, Jean-Baptiste Mendy campa à sa limite, assez fort pour s’y hisser deux fois, à peine trop juste pour y rester. Il avait la boxe pour renvoyer un Oruzbek Nazarov à ses études, mais manquait d’un vrai super pouvoir, punch de semi-remorque, menton de bunker de l’Atlantique, vitesse de guépard sous amphètes, pour déboulonner les Stevie Johnson ou Miguel Angel Gonzalez.

Parlons-en, du combat contre Gonzalez, Mexicain invaincu et qui le sera resté jusqu’à tenir la distance contre l’intouchable De la Hoya de 1997. Un client d’élite qui cognait des deux mains, face auquel Mendy partit sur son bouclier, au 5eme round d’une guerre totale, non sans avoir effleuré l’impensable. Devant un spectacle à ce point insane, l’aficionado n’est jamais plus vivant, tandis que le reste du monde se cache les yeux. Les grands combats de Mendy, c’était la voix de ma mère que j’entendais à peine répéter « Je ne comprends pas » depuis la porte du salon. À dix jours d’écart, ils seront partis du même crabe. Le genre d’association sublimement incongrue qui façonne la mémoire des gamins révolus. Ceux d’aujourd’hui qui goûtent le noble art peuvent se rencarder sur les affiches du temps de Jean-Ba Mendy sur TF1 : elles y méritaient leur place.

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