Les coups de coeur de la page 189 – Été 2020

Sise au même numéro de la rue du faubourg Saint-Antoine (75011), la Page 189 est une librairie offrant plusieurs caractéristiques remarquables : elle occupe le rez-de-chaussée d’un antique petit immeuble du faubourg auquel elle doit ses poutres apparentes et son sacré cachet, on n’y accepte pas les chiens, la faute au chartreux languide qui s’étend sur les présentoirs avec volupté, elle propose encore aujourd’hui un répertoire client à l’ancienne constitué de centaines de fiches bristol quadrillées, et c’est ma librairie de quartier, où j’ai découvert plus d’une pépite.

Voici donc les conseils de lecture avisés de son équipe pour cet été post-confinement. Même si rien ne vaut une visite, forcément.


 

Là où chantent les écrevisses, Delia Owens, Le Seuil

  • 4eme de couverture :

Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur « la Fille des marais » de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Pourtant, Kya n’est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent.

A l’âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l’abandonne à son tour.

La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie.

Lorsque l’irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même…

Delia Owens est née en 1949 en Géorgie, aux États-Unis. Diplômée en zoologie et biologie, elle a vécu plus de vingt ans en Afrique et a publié trois ouvrages consacrés à la nature et aux animaux, tous best-sellers aux USA.

Là où chantent les écrevisses est son premier roman. Phénomène d’édition, ce livre a déjà conquis des millions de lecteurs et poursuit son incroyable destinée dans le monde entier. Une adaptation au cinéma est également en cours.

  • L’avis de la Page 189 :

Un très joli livre, mêlant apprentissage de la vie dans une nature omniprésente belle et souvent hostile à racisme ordinaire dans le Sud des États-Unis.

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La soustraction des possibles, Joseph Incardona, Finitude

  • 4eme de couverture :

On est à la fin des années 80, la période bénie des winners. Le capitalisme et ses champions, les Golden Boys de la finance, ont gagné : le bloc de l’Est explose, les flux d’argent sont mondialisés. Tout devient marchandise, les corps, les femmes, les privilèges, le bonheur même. Un monde nouveau s’invente, on parle d’algorithmes et d’OGM.

À Genève, Svetlana, une jeune financière prometteuse, rencontre Aldo, un prof de tennis vaguement gigolo. Ils s’aiment mais veulent plus. Plus d’argent, plus de pouvoir, plus de reconnaissance. Leur chance, ce pourrait être ces fortunes en transit. Il suffit d’être assez malin pour se servir. Mais en amour comme en matière d’argent, il y a toujours plus avide et plus féroce que soi.

De la Suisse au Mexique, en passant par la Corse, Joseph Incardona brosse une fresque ambitieuse, à la mécanique aussi brillante qu’implacable.

Pour le monde de la finance, l’amour n’a jamais été une valeur refuge.

  • L’avis de la Page 189 :

Fin des années 80, Genève, triomphe de l’argent et de l’optimisation financière décomplexée. Aldo, un champion de tennis raté et gigolo arrondit ses fins de mois auprès de femmes mariées et fortunées et en convoyant des valises de billets. Il va rencontrer Svetlana, une jeune louve de la finance aux dents longues qui rêve comme lui de pouvoir et d’argent. Débute alors une rocambolesque histoire d’amour (et oui !) en forme de tragédie impitoyable où se bousculent le banquier d’affaires, l’avocat véreux et la mafia corse. Pour tout ce beau monde, la manipulation est un art et la voracité une obligation.

Un roman noir intense à la mécanique haletante regorgeant de scènes d’anthologie.

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Évangile des égarés, Georgina Tacou, Gallimard

  • 4eme de couverture :

Grâce à trois rencontres fondamentales, Flora, qui a perdu son chemin, va reprendre vie. D’abord à travers ses retrouvailles avec Fritz Zorn, écrivain héroïque d’un seul livre culte, Mars, paru en 1976. Par son destin si singulier, Zorn offre à Flora sa révolte et sa colère. Puis avec les patients d’une clinique psychiatrique dans laquelle Flora est internée parmi ceux qu’elle nomme les égarés. Elle y redécouvre la fraternité et la solidarité humaine face aux violences du monde extérieur. Enfin, la dernière de ces renaissances est celle qu’elle va vivre avec son fils, Vladimir : un adolescent qui rejette la société hyperconnectée d’aujourd’hui. Chronique d’une chute et d’une résurrection, l’Évangile des égarés porte la bonne nouvelle : celle du refus de se soumettre à notre monde à bout de souffle.

  • L’avis de la Page 189 :

Pour tous ceux qui un jour ont lu Mars de Fritz Zorn, et pour ceux qui le liront forcément après la lecture de ce livre « Coup de coeur ».

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Le passé, Tessa Hadley, 10/18

  • 4eme de couverture :

Que reste-t-il de nos amours ? Tessa Hadley signe une brillante comédie de mœurs dans la campagne anglaise.

Trois soeurs et un frère se retrouvent dans la maison de leurs grands-parents, à Kington, en Angleterre, pour quelques longues semaines d’été. L’endroit est plein des souvenirs de leur enfance et de leur passé mais ils envisagent de le vendre. Sous une surface idyllique, les tensions se font peu à peu sentir : les invités sont perçus comme des intrus, les enfants découvrent un secret effrayant les emportant dans un jeu dangereux, la passion surgit là où on ne l’attendait pas, perturbant l’équilibre familial. Un certain mode de vie – bourgeois, cultivé, ritualisé, anglican – touche à son inévitable fin.

  • L’avis de la Page 189 :

Trosi soeurs et un frère d’une famille bourgeoise anglaise se réunissent, avec conjoints et enfants, dans la vieille maison de campagne de leurs parents. Tensions, secrets et désirs latents vont anéantir peu à peu ces vacances idylliques.

T.Hadley excelle dans le détail qui fait mouche, transformant une simple histoire de famillle en un roman d’une justesse impeccable.

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Et aussi…

Article 353 du code pénal, Tanguy Viel, Minuit double

Martial explique, dans un long monologue face au juge, pourquoi il a balancé un promoteur immobilier dans la rade de Brest.

Un puissant roman, réaliste et humaniste !

Shibumi, Trevanian, Gallmeister Totem

Nicholaï est un tueur professionnel. Né à Shangaï, il passe la Seconde Guerre Mondiale au Japon avant de se terrer dans les montagnes basques, traqué par la Mother Company, une organisation internationale qui fait pâlir la CIA.

En expert, Trevanian nous éclaire sur le jeu de go, la langue basue, la spéléologie, la culture japonaise. Ce thriller est d’un très haut niveau littéraire, passionnant, instructif, drôle, magnifiquement construit, complètement addictif.

Du Ian Fleming dopé à l’Alexandre Dumas.

Le nouveau, Tracy Chevalier, Points Signatures

Tracy Chevalier s’emparte d’Othello de Shakespeare et transpose cette grande pièce dns les années 70 aux États-Unis.

Absolument remarquable.

Une affaire comme les autres, Pasquale Ruju, Denoël

Un interrogatoire sous haute tension entre Silvia la procureure et Annamaria, la femme d’un chef de la mafia italienne. Quels sont les faits qui ont mené à la mort du mari d’Annamaria et qui l’a tué ? Un roman noir diablement addictif dont le dénouement est proprement saisissant !!

Empire des chimères, Antoine Chainas, Folio policier

Années 80, lointaine banlieue parisienne, une jeune fille disparaît. Devant l’impuissance de la police, le garde-champêtre du coin se charge de l’enquête discrètement. Derrière ce drame local s’effectuent des tractations politico-finanières pour la construction d’un immense parc d’attractions pour le géant du divertissement américain. Vient s’y greffer Empire des chimères, un jeu de rôles sombre, aux frontières de la réalité et au succès mondial. Un roman noir labyrintique, à l’écriture précise et élégante, qui montre à quel point le genre du polar peut être créatif.

Une bouche sans personne, Gilles Marchand, Points

Notre héros s’est astreint à une vie parfaitement réglée. La journée, il compte, le soir il va au bar retrouver ses amis Sam, Thomas et Lisa, son amour inavoué. Un soir, ils l’interrogent sur le fait qu’ils ne le connaissent pas vraiment et sur cette mystérieuse écharpe qu’il n’enlève jamais. Il va lui falloir se livrer, soir après soir, raconter son histoire, son grand-père, sa cicatrice. Ce roman est bouleversant, on rit beaucoup de son quotidien et tous les soirs l’émotion nous gagne. Plus il se livre, plus la fantaisie s’immisce dans sa vie, jusqu’au chapitre final inoubliable.

 

2 commentaires sur “Les coups de coeur de la page 189 – Été 2020

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