Play it to the bone : Kevin Kelley vs Derrick Gainer I

Mesdames et Messieurs, bonsoir, et bienvenue au Coliseum de Jacksonville (Floride) pour ce dernier combat de sous-carte avant que Roy Jones Jr. remette en jeu son titre IBF des poids Super-moyens contre le Canadien Eric Lucas.

Nous sommes le 15 juin 1996, et l’affrontement qui vient est peut-être le meilleur jamais disputé pour un titre en carton décerné par feu la World Boxing Union.

Dans le coin bleu, Derrick « Smoke » Gainer de Pensacola, non loin de Jacksonville. Âgé de 23 ans seulement, il présente un palmarès professionnel de 17 victoires – dont 10 avant la limite – et 3 défaites par décision. Gainer est un poids plume longiligne à l’allonge interminable, doté d’un punch respectable et d’un jab efficace, ainsi que d’une intéressante capacité à enchaîner en combos les directs du droit et du gauche. Son talon d’Achille est une tendance marquée à accepter la bagarre et encaisser des gauches plongeantes de près. Il est proche de Roy Jones, ce qui lui vaut ce soir les honneurs du dernier combat de la sous-carte.

Dans le coin rouge, l’expérimenté Kevin « Flushing Flash » Kelley, ancien détenteur de la ceinture WBC de la catégorie, originaire du Queens à New York. Fausse garde comme Gainer, il a lui aussi un punch certain. Kelley est un athlète plus dense, aux segments courts et à la vitesse de bras lui ayant valu le surnom de « Flash ». Détenteur d’un palmarès de 43 victoires en 46 combats professionnels, l’homme a pas mal bourlingué, notamment en Europe, et il a enregistré une défaite et deux nuls sur ses 5 dernières sorties, ce qui interroge sur son usure et la suite de sa carrière.

Ils vont se livrer un sacrément bon pugilat. Leurs styles sont très complémentaires, et leurs intérêts opposés : Gainer doit tourner et travailler à distance, Kelley se rapprocher et bombarder de près au corps et à la face.

Les deux hommes vont échanger knockdowns et glissades suspectes, ils connaîtront chacun leurs temps forts, on verra un oeil sacrément gonflé et du suspense lorsque le médecin devra se prononcer, les deux équipes d’hommes de coin sauront regonfler leur champion aux moments clés, le KO sera spectaculaire en diable, et sa majesté Roy Jones assistera aux deux premiers rounds en bord de ring alors qu’il sera le prochain à boxer, après avoir disputé un putain de match de basket l’après-midi (!), tant il sera certain de disposer d’Eric Lucas lors du main event. Mais le vrai combat de la soirée, ce sera Kelley vs Gainer.

Goûtez-moi ça : c’est une perle.

Kevin Kelley et Derrick Gainer disputeront une revanche moins électrique deux ans plus tard, et quantité de combats passionnants – parfois remportés – contre les autres meilleurs poids plumes de l’époque, les Manuel Medina, « Prince » Naseem Hamed, Freddie Norwood, Diego Corrales, Erik Morales, Humberto Soto, Chris John ou Juan Manuel Marquez.

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