Punchlines du 27/04/19

Le site /

  • Un papier cette semaine, sur le passionnant diptyque Pays Perdu / La première pierre de Pierre Jourde. Certes, il y a moins exigeant que ces bouquins-là. Mais c’est très, très souvent moins bon.
  • Ne pouvant m’en remettre à quiconque pour une séquence autosatisfaction : ça y est, un écrivain qui ne fut jamais l’objet de ma flagornerie intéressée en ligne a pourtant laissé un mot aimable sur le billet consacré à son bouquin, que j’avais adoré. Indicible joie.

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Les auteurs /

  • L’anglais Tom Sharpe fut l’un des champions incontestés de la littérature dédiée à la quarantaine dépressive, avec sa série consacrée à l’ineffable Henry Wilt. Le premier tome donne le ton de ces réjouisssantes pantalonnades, et s’intitule Wilt 1 : Comment se sortir d’une poupée gonflable et de beaucoup d’autres ennuis encore. Professeur de culture générale dans des classes d’apprentis bouchers ou imprimeurs qui s’en tamponnent royalement, Wilt contemple la morne suite d’échecs et renoncements qu’a constitué la première moitié de son existence, tout en promenant son chien. Il n’a jamais obtenu de promotion, subit la condescendance amusée de ses élèves et de ses pairs, et s’emploie tous les jours à faire mourir son mariage comme on délaisse un ficus en pot. Son épouse maniaque, la fée-du-logis Eva, déplore son absolu manque d’enthousiasme pour tout, et se stimule comme elle le peut, de cours de yoga en ateliers de composition florale. Elle tombe sous l’emprise d’un rayonnant couple d’américains libérés, et parvient à traîner son époux réticient à l’une de leurs fiestas d’intellectuels décadents, aux franches allures de partie fine. Dans de bien étranges circonstances, Wilt y fait la connaissance intime de Judy, dont la principale différence avec Eva est la valve en plastique permettant son gonflement. S’ensuit un enchaînement délirant de catastrophes et situations burlesques impossibles à décrire ici, où Wilt, injustement accusé du meurtre de sa femme, découvrira que sa prodigieuse résilience de loser patenté a tout du super pouvoir. Grinçant, grossier, loufoque, irrévérencieux et impitoyable avec le milieu universitaire, Wilt 1 aura une résonnance particulière auprès d’une catégorie bien spécifique d’hommes « dans la fleur de l’âge » dont je suis. Parce que… Parce que. Ce qui ne doit dissuader aucun autre lecteur de se jeter dessus entre deux bouquins réputés sérieux.

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  • Ce samedi, c’est la fête des libraires indépendants. Vigilance orange, selon Bison Futé : on redoute quantité d’accidents de pile à lire.
  • Du nouveau la semaine prochaine sur 130 livres, avec l’interview d’une auteure dont le livre paru il y a quelques jours colle bien à mes centres d’intérêt. L’enjeu principal en sera bien évidemment de brider le Nelson Monfort qui est en moi, et poser des questions moins longues que les réponses. Promis, je ferai le maximum.

Les puncheurs /

  • On croit à tort que la boxe est par essence le sport de l’imprévu, alors qu’elle a souvent tout de la science exacte. Ainsi, la victoire de Terrence Crawford sur Amir Khan samedi dernier au Madison Square Garden. Envoyé au tapis d’entrée, l’anglais cherchait visiblement une porte de sortie lorsqu’il fut arrêté par jet de l’éponge au 6e round, suite à un coup bas de Crawford. Et tant pis pour ceux qui payèrent 70$ pour assister à un tel dénouement en pay-per-view. Deux conclusions s’imposent ici. D’abord, Khan n’a plus sa place dans l’élite mondiale. Un combat contre son compatriote Kell Brook devrait constituer le point d’orgue d’une carrière honorable, en espérant que ses multiples défaites avant la limite n’aient pas trop entamé sa boîte à fusibles. Ensuite, Crawford est bien un cador… mais son jeu défensif laisse de la place aux contres. Un adversaire du niveau d’Errol Spence, annoncé contre Shawn Porter pour une unification des titres IBF et WBC, devrait exploiter cette faille ; j’en ferai mon favori le jour où une accalmie dans le bullshit ordinaire des promoteurs permettra la tenue de l’alléchant Spence – Crawford.
  • La nuit dernière à Los Angeles, le mexicain Juan Francisco Estrada a enfin obtenu le grand succès en carrière qu’il méritait en détrônant par décision unanime le champion WBC des super-mouches Srisaket Sor Rungvisai. Le choix tactique déroutant du fausse garde thaïlandais, qui boxa 9 rounds en droitier, n’aura donc pas porté ses fruits. Plus précis, mobile et dictant les termes du combat, Estrada a livré une prestation quasi parfaite. Plus jeune que son adversaire trentenaire, il sera le favori de la belle qui se profile… mais devra se méfier d’un puncheur comme Sor Rungvisai, qui jouera son va-tout sans nouveux errements tactiques.
  • Il y a deux ans jour pour jour, j’ai eu la chance d’assister au comabt Joshua – Klitschko à Wembley, aussi dantesque sur le ring qu’en dehors. Âmes sensibles, s’abstenir : le compte-rendu de la rencontre avec mes 80000 nouveaux amis anglais et ivres est toujours disponible ici.
  • Enfin, la planète boxe retient son souffle avant le week-end du Cinco de Mayo, où le taulier des poids moyens  Saul « Canelo » Alvarez affrontera l’américain Danny Jacobs pour une unification WBA – WBC. J’en ai causé dans le dernier BoxeCast du Cap’tain Crochet. C’est ici :

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