Guns n’Roses, Stade de France, juillet 2017

Bon. À froid, la vérité oblige à dire qu’on a connu plus jeunes et moins généreux que les Guns n’Roses version 2017. Plus de 3 heures de professionnalisme chevelu, mi-glam mi-punk, servi à gros bouillons par une sono de stade tout à fait correcte.

Ce qu’il faudra en retenir :

  • Slash mérite un Keith Richards award, puisqu’il est rigoureusement identique à sa version d’il y a 25 ans en dépit d’une hygiène de vie un temps approximative. C’est vrai de sa virtuosité, de son look, et de ses pectoraux (un poil épaissis à la gonflette : sur ce dernier point je me fie à l’enthousiasme de ma groupie d’épouse et voisine de gradins). Le bougre est suprêmement bon quand il joue de vraies chansons, c’est-à-dire autre chose que du Velvet revolver et autres Slash and the snakepit, le tout sur une succession d’une quinzaine de guitares, dont sa Les Paul signature. Il nous a refait Le Parrain. Putain, ça gouache.
  • Axl perd d’assez loin la bataille des pecs, et on lui sait gré de désormais se dispenser du port du boxer moulant qui fit sa légende, tout en conservant un mauvais goût exquis en matière d’habillement. Reste que ce qu’il inflige à ses cordes vocales sur plus de 3 octaves et 25 chansons tient à son âge d’une étape pyrénéenne du Tour de France, même utilement soutenu par la claviériste Melissa Reese dans les aigus. Parfois passable (Patience), souvent impérial. Joli doigt d’entrée de jeu sur It’s so easy.
  • En belle forme, Duff ressemble sensiblement moins à un vampire qu’avant. Mention à son T-shirt Lemmy.
  • Sorte de croisement improbable entre le regretté Izzy Stradlin et Ronnie Wood, Richard Fortus tient admirablement la baraque en seconde gratte et a même droit à quelques moments dans les spotlights. Son duo avec Slash sur Wish you were here vaut son pesant de nougat.
  • Un certain discernement dans les choix de setlist de la première période est à saluer : nous eûmes droit au meilleur d’Appetite for destruction, c’est à dire la plupart des pistes (je n’aurais pas craché sur I think about you, mais ce n’est que moi), Patience est la seule survivante de Gn’R lies, et l’on a pour le reste une petite idée de ce qu’aurait pu donner l’immense album constitué des meilleurs titres du diptyque Use your illusion. Enfin, bon, Yesterdays et pas Locomotive ? Sérieusement ? Admettons que le (vieux) débat n’est simplement pas tranchable.
  • La ragougnasse surproduite de Chinese democracy rend presque bien sur scène. Étonnant, non ?
  • Beaucoup de bonnes reprises, au-delà des cultissimes Knockin’ on heaven’s door et Live and let die. Un hommage attendu à feu Chris Cornell sur Black hole sun, Whole lotta Rosie en rappel – oui, je m’ai souillé -, New Rose de The damned par Duff, The seeker des Who en pénultième chanson. Mais non, Gn’R n’est pas un motherfucking cover band. Les highlights de la soirée furent pour moi Nightrain, Welcome to the jungle, Estranged, et Coma. J’ajouterai Rocket queen, parce qu’ils l’ont jouée pile quand je l’ai demandée.
  • Je rentre encore dans mon T-shirt Jack Daniels de 1990.

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