Hellfest 2025 : le festival du demi-siècle (2/2)

Partie 1/2

Le temps commence à prélever son écot chez les quinquas : ce samedi, les matinaux de ton équipe sont sur place moins tôt. Si le temps du début de journée est couvert, tes mollets sont déjà bien rouges des deux journées précédentes. Il faudra songer à les oindre de protection 50 à intervalles réguliers, dans un geste plus ou moins metal.

Pour le reste, ça grince un chouïa, mais le démarrage sera raisonnable : c’est un tour au merch artistes pour hésiter à acquérir le T-shirt Hermano à tête de bélier, c’est que tu en pris un similaire en février pour Satyricon à l’Olympia, non mais l’autre Hermano à tête de loup fait bien trop Johnny Halliday, et puis finalement c’est plutôt un bouc sur le Satyricon, va pour le bélier. Voilà comment les métalleux font de fameuses fashionistas. S’il s’agit alors d’enchaîner sur un premier concert, tu ne te rues pas en Valley pour les ultimes minutes de The Midnight Ghost Train, pourtant cochés dans ton programme. Attendre le démarrage de Pest Control en Warzone le derrière dans l’herbe a définitivement son charme champêtre.

Pest Control en Warzone

À vrai dire on sent que les habitués de la scène punk/hardcore répandus autour de toi commencent à accuser l’usure d’un demi-festival, même le type en T-shirt FC Sankt Pauli. Mais dès que la chanteuse fagotée en écolière Leah Massey-Hay émet ses premiers cris sur des accords plombés, ça se lève d’un bond et ça gigote gaiement : telles sont les vertus du crossover thrash, fût-il britannique quand les références du genre sont plutôt étasuniennes. Les shorts, l’air d’avoir dormi dans le van de tournée et la peinture écaillée sur les guitares font partie des critères de certification ISO. Le style de Pest Control consiste apparemment à accélérer les riffs de Pantera, autant dire que l’ambiance approche celle d’une remise de Prix Nobel – à cet égard les bougres reprennent littéralement le titanesque break sur une note unique de Domination. Confidentiel mais engagé, un circle pit démarre sur le troisième titre. « Thank you guys so fucking much! We’re a band from Leeds UK. This next song is called Year of the pest! » Quelques variations, notamment rythmiques, font d’excellents prétextes à l’ambiançage de pit. Au micro, Leah fait le boulot requis, qui consiste à ne pas très bien chanter en y mettant de la conviction. L’intro suivante évoque Angel of death, une manière de rester dans la délicatesse sans essorer tout Pantera. Un fumeur de bambous assure l’ambiance olfactive. En marge des chamailleurs les plus enthousiastes, un papa apprend le two-step à son minot aux cheveux longs. Dire que le bambin mettra les coudes dans 4-5 ans. « Le metal, tu enlèves les guitares, ça reste du metal » assène un philosophe à proximité. Pas faux.

Mars Red Sky en Valley

Dans la Valley voisine, un public plus fourni attend les Bordelais de Mars Red Sky. Le son du power trio de stoner psychédélique craché par les amplis à transistor accuse un fameux excédent de bagage d’emblée, tes bas morceaux vibrant au rythme lent des accords qu’on t’assène. Sous sa gapette, le chanteur et guitariste Julien Pras donne d’une voix grêle et bourrée d’effets qui rappelle un peu Maynard James Keenan de Tool. Il pète un joli premier solo à la wah et son « Salut les Vieilles Charrues ! » fait mouche. Les pondéreux plans psychédéliques sur fond de grosse basse sale sont d’autant plus hypnotiques que le batteur use volontiers d’un gong. Devant toi, un type juge opportun d’user et d’abuser d’une sorte de fusil à bulles se mariant étonnamment bien à l’ambiance. À ses côtés, une jeune femme arbore un T-shirt rose « Cold vengeance on a rapist ». Julien a un mot gentil pour Stoned Jesus, rétrogradé de la Valley pour un souci de liaison aérienne et qui finira sur la toute nouvelle Purple House, scène indoor érigée dans Hell City que tu ne visiteras pas du festival. Malgré la contondance des riffs, Mars Red Sky sait conférer une tournure mélancolique à ses fins de chansons. Un désoiffeur passe et fait ta joie. Entre les titres, le running gag sur les Vielles Charrues se poursuit gaiement. Tempo lent et son mordant restent de mise jusqu’au bout du set, en particulier lorsque le soleil crève enfin les nuages. Serais-tu poète que tu en chierais une jolie phrase, mais tu te rappelles plutôt une première festivalière de 2025 ne portant au-dessus de la taille rien d’autre que deux croix d’adhésif sombre stratégiquement disposées aperçue sur le chemin de Temple.

Tryglav en Temple

Les Croates peiturlurés de Tryglav démarrent pied au plancher dans un déluge de double kicks et de pédales d’effets. La voix est râpeuse, on est bien en présence d’un groupe de black metal dont l’une des originalités consiste à faire sonner sa caisse claire comme celle de Lars sur Saint Anger – dans un genre dont le principe même consiste à déplaire, c’est pardonnable. Le bassiste travaille sans doute sa ressemblance avec Kratos dans God of War ; celle du chanteur avec le regretté Peter Steele semble plus naturelle. En attendant, le son reste plutôt clair et les compositions sont portées par un certain sens de la geste épique. Si le pit ne remue pas outre mesure, c’est probablement parce que la chaleur de ce début d’après-midi l’en dissuade, et pas parce que le son de Tryglav ne l’y invite pas. « C’est tenu, objectivement » valide un pote. Un autre glousse quand tu suggères que l’affaire reste « assez mélodique » – cette mélodie-là foutrait les jetons à beaucoup. Vous vous inquiétez collectivement de savoir si Kratos est maquillé ou tatoué partout sur le museau. L’ultime morceau fonce carrément sans que l’ensemble sonne trop bordélique. On dira que cette première prestation au Hellfest est un franc succès.

Vulture Industries en Altar

Autant Tryglav ne jure pas spécialement sur la scène dédiée à Belzébuth et ses amis, autant Vulture Industries peut dérouter en Altar, apéritif d’une après-midi consacrée consacrée au metal progressif dans un environnement consacré d’ordinaire à brutalité chimiquement pure. La faiblesse du death metal dans la programmation 2025, considérant notamment la qualité des galettes du genre sorties dans l’année, fait jaser depuis décembre dernier. Tu n’es d’ailleurs pas un très grand fan de prog, toi qui ressemblais pourtant beaucoup à ses afinionados à l’adolescence – c’est à dire malingre et possesseur d’une calculatrice scientifique. Mais comme tu l’as appris plus tôt Stoned Jesus est déprogrammé de Valley, et puis rester en Altar permet de profiter encore un peu de l’ombre, un argument non négligeable aujourd’hui. Alors qu’un joli dessin animé d’inspiration fantasy passe en arrière-plan, les Norvégiens ont plutôt une dégaine de rockeurs psychédéliques débarqués des 70s, en tout cas l’aimable paire de guitaristes. Ultime outrage à Altar, le chanteur à chapeau a carrément dégainé un tambourin. Heureusement que la proposition s’énerve de temps en temps, pas inintéressante mais pour le moins décalée. Il en résulte que ton intérêt fluctue, l’occasion de capter dans le public un chroniqueur metal dont tu partages l’amour du Racing Club de Lens. Le concert aura été une manière de pause.

D.A.D en Mainstage 1

La fin du concert des Suédois de Freak Kitchen en Mainstage 2 n’est pas dénué d’un charme déglingo, quand bien même on parle encore de prog. Un œil sanguinolent fait office de décor, le bassiste porte un casque lourd, et Mattias Eklundh joue d’une guitare à 17 cordes environ – la basse n’en a que 5, tu en ris encore -, dont le manche est large comme une planche à laver et les frettes ne sont pas droites. On jurerait qu’il marque son territoire avant le concert de Vai et Satriani. Bon, quelques minutes suffisent, puis c’est au tour de D-A-D pour « Disneyland After Dark » de démarrer en Mainstage 1. Leur set est annoncé par le Heigh-ho des Sept Nains. Les Danois donnent dans le fashion statement : côté Jacob Binzer à la guitare, une élégante chemise bordeaux, tandis que l’adepte de la basse à deux cordes Stig Pedersen est argenté de la tête aux pieds, avec mention à un pantalon douloureusement moulant – son instrument, lui, est transparent. Un pote trouve une vraie ressemblance entre le batteur et Rick Astley. En attendant, le hard rock du quatuor résonne efficacement dans l’après-midi clissonnais. Alors que le chanteur Jesper Binzer va saluer les festivaliers stationnés devant la Mainstage 2 en prévision de Beyond the Black, Pedersen fait la mouette. À registre comparable, ça joue avec le supplément d’âme dont The Cult aura manqué la veille, d’ailleurs une sorte de Flea debout à tes côtes s’en avère très acheteur. Sur le Sleeping my day away final, le solo se prolonge en alternant sprints et décélérations. Sans doute la Mainstage est-elle un poil vaste pour un groupe d’ambianceurs de salles enfumées, mais enfin la copie convainc sans peine.

Conan en Valley

La chaleur régnant en Valley n’a pas dissuadé les fans de doom metal d’investir massivement les lieux, ni les plus braves d’entre eux d’esquisser un mosh pit au son monumental de Conan. C’est remarquable, tant le soleil et les watts t’écrabouillent sans pitié. Sans ambages, le groupe de Liverpool travaille à la massue plutôt qu’à l’épée du héros éponyme. Il y a un projet, fût-il frustre, et les objectifs sont tenus. À la guitare, le fondateur Jon Davis envoie les riffs les plus pesants du festival dans son joli T-shirt Nailbomb. Dans son sillage, jamais la volonté du groupe de t’estourbir par le son ne faiblit d’un iota, quand bien même la basse ajoute une pointe de groove dans la bétonnière sonore au creux de laquelle tu te sens malaxé. Un circle pit de damnés se forme alors que l’air ambiant a été nettoyé de ses ultimes traces d’espérance. C’est lourd, mais c’est beau.

Nasty en Warzone

Rendez-vous ensuite à la Warzone voisine pour le set de Nasty, sorte de paradis des frotteurs violents, comme si vous ne cuisiez pas déjà suffisamment en plein soleil. Approcher le – très large – pit revient à se retrouver entre amateurs de nougat à Montélimar, à ceci près qu’on parle ici de hardcore beatdown. Le très tatoué quatuor belge a une idée assez précise de ce que veulent les fans : des keuponneries bien lourdes sur fond de double kick idéales pour se rentrer dans la gueule de multiples façons. Le chanteur, lui, slamme tranquilou sur une mer d’enragés. Alors que se dissipe un wall of death dantesque, tu t’étonnes de la présence en pleine zone de guerre de deux gamins coiffés d’imposants casques à bruit « kids ». Les voies de la parentalité sont impénétrables. À propos de parents, un daron de tes copains quinquas au potentiel festif clairement identifié n’y tient plus, et rejoint enfin le circle pit avec l’enthousiasme du jeune labrador dans les vagues bretonnes. Le bordel ambiant se fait indescriptible ; la musique n’est ici qu’un aimable prétexte à se transmettre des parasites, et pourquoi pas ? Tiens, un type a perdu sa chemise. Ce sont des choses qui arrivent.

Wheel en Altar

« Eux, ils sont sur la jante » commente un copain avec acuité, à moins que ce ne soit de l’humour un rien daté, l’entrée de Wheel sur la scène d’Altar. Bien évidemment, après le pandémonium sur Nasty, l’ambiance retombe un tantinet. « C’est du prog, certes, mais pas si mal » griffonnes-tu dans ton carnet à l’écoute des premières minutes résolument créatives proposées par les Finlandais. Une Gibson verte de gaucher et une Rickenbacker de la même couleur évoquent un possible tropisme stéphanois. Aux fûts, Santeri Saksala est plus à contretemps qu’une blague de tonton bourré, mais de manière plus intentionnelle, et la voix angélique de James Lascelles repose sans déplaisir. Difficile en somme d’aller plus loin dans le commentaire lorsqu’on est aussi loin de tes bases stylistiques de fan d’ACDC, cela dit un constat s’impose : pour Altar – et à l’image de Vulture Industries la veille -, ce que tu entends s’apparente à de la musique de chambre, et ce même quand les quatre messieurs au jeu de scène minimaliste s’énervent un peu – ce qui les fait sonner vaguement grunge. Guère loin d’un Tool sans le décorum, le groupe finit peu à peu par t’emmener dans son délire. Voilà qui est méritoire.

Black Country Communion en Mainstage 1

On peut porter beau longtemps après l’andropause, et Glen Hughes en est la parfait illustration : en simple T-shirt « Freedeom », l’ancien membre de Trapeze, Deep Purple et Black Sabbath chante, sourit de toutes ses dents très blanches et fait groover la basse des Black Country Communion – ainsi nommés en hommage à Birmingham et ses environs – sans trahir ses 72 ans. Et ça claque, comme le solo que pose Hughes très tôt dans le set. À ta droite, le type en T-shirt « Police du hardcore » n’en disconviendrait pas. Peut-être est-ce pour faire plus « metal » que le guitariste de blues Joe Bonamassa arbore une jolie casquette Hellfest. Sans l’air d’y toucher, il envoie façon mode expert dans Guitar Hero. Toi, tu tentes de convaincre tes potes d’aller vous poser très tôt devant la Mainstage 2 en prévision du concert de Judas Priest. Petit à petit, les accords heavy prennent le dessus dans le hard rock proposé par Hughes et son orchestre, et le moins qu’on puisse dire est que résultat goûte comme il faut, quand bien même il fait « mal aux oreilles » à l’un de tes amis. Le Black Country final est entamé pied au plancher. Sans doute n’attendais-tu pas autant de ce concert-là.

Savatage en Mainstage 2

Bien placé, tu l’es assurément pour Judas Priest deux heures plus tard, ce qui te permet de profiter d’un groupe culte pas spécialement coché dans ta liste comme priorité : les Américains de Savatage et leur heavy traditionnel tirant vers le power metal. « Are you ready to make some noise ? » apparaît sur l’écran géant alors que le sextette invite à entonner des « Hey ! Hey ! Hey ! » Alors que les deux types aux claviers ont l’air jeune, les guitaristes ont respectivement des allures de Keith Richards (Al Pitrelli) et K.K.Downing (Chris Caffery). L’attaque sur The Ocean s’avère résolument burnée. Au micro, Zak Stevens ne te convainc pas complètement ; un pote très fan t’a déjà fait savoir que le chanteur numéro 1 et fondateur Jon Oliva doit désormais passer son tour sur scène pour cause d’empilement de pathologies sévères. Sur l’écran se succèdent les drapeaux, entre invitation à la concorde universelle et « Fun with flags » avec Sheldon Cooper. L’ensemble reste plus heavy que ce que tu te figurais, ce qui n’est pas pour te déplaire, et Caffery claque des solos très écoutables. Arrive LE moment du show, lorsque succède aux drapeaux l’image de Jon Oliva au piano. Il est en direct et entonne Believe, bientôt rejoint par Stevens. La mécanique est rôdée. Lacrymal, mais réussi, et le final de nouveau agressif sur Hall of the Mountain King appuie sur les bons boutons.

Satchvai band en Mainstage 1

Le gros de la foule s’est dispersé, l’occasion de poser un cul tranquillement en poursuivant l’attente au son de Satchvai band, formation des deux mythiques branleurs de manche Steve Vai et Joe Satriani sur la Mainstage 1 voisine. Alternant les titres phares de chacun, l’étalage de technique sera forcément copieux, mais suffisamment bien pensé et maîtrisé pour ne pas susciter d’indigestion – on alterne heavy blues et accélérations speed metal. Posé dos à la Mainstage 2, tu commentes ce revival 90s sur le groupe Whatsapp de ton équipée sauvage. Au lycée, asséner un « le plus fort, c’est Satriani » coupait court aux débats sur la valeur des guitaristes de metal entre boutonneux également incompétents sur le sujet. Du désormais chauve professeur de Steve Vai et Kirk Hammet, Joe Satriani, tu t’es longtemps administré en boucle la cassette de Surfing with the Alien, et la setlist a le bon goût d’en reprendre les hits Satch Boogie, Always with Me, Always with You ainsi que le titre éponyme. Les guitar heroes ne sont certes plus vraiment ta came, mais enfin ce show-là a des relents proustiens. Un pote dont tu craignais qu’il ait fait un malaise est de retour, il griffonne « J’ai eu très chaud – Je suis revenu d’entre les morts » sur ton carnet. Ledit calepin te sert aussi à communiquer avec un Coréen solitaire qui s’avère avant tout intéressé par la batterie externe de ton iPhone. Bah, au moins auras-tu pu te montrer bon camarade. Sur scène, les Satchvai envoient Born to be wild en conclusion. Et pourquoi non ?

Judas Priest en Mainstage 2

Satriani, tes potes du bahut te l’avaient fait découvrir avec Motörhead et Iron Maiden. Judas Priest, c’est un cas particulier, une découverte via Hard Rock Magazine débouchant sur l’acquisition de la cassette de British Steel, laquelle fut prêtée à un copain plus connaisseur que toi… mais qui ne connaissait pas et te la rendit solennellement en disant « ‘tain c’est ‘achement bien » juste après qu’il l’eut copiée. Autant dire que le groupe de Birmingham occupe une place particulière dans ton panthéon de quinqua ; c’est d’ailleurs la troisième fois que tu les vois à Clisson, ravi d’assister cette fois à une tournée thématique plutôt qu’à un best of : on célèbre cette année les 35 ans de l’album Painkiller dans un décor inspiré de son artwork, et Dieu sait si tu l’as poncé. Des 10 titres – dont la brève into instrumentale Battle Hymn – du monument de 1990, vous aurez droit à l’intégrale hormis Leather Rebel et Metal Meltdown. D’ailleurs, après It’s a long way to the top d’ACDC et War Pigs des voisins de Black Sabbath en introduction, c’est sur All guns blazing interprété dans un bain de fumigènes que démarre une heure quinze de concert dénuée du moindre mauvais gras. De quoi saluer une fois encore le coffre de Rob Halford, toujours capable de stridence malgré ses presque 74 ans, et tant pis si sa voix est sans doute aussi bricolée que possible aux platines… elle tient ; l’étrange bretzel sur le dossard de sa veste métalleuse a forcément une signification.

Judas Priest en Mainstage 2

Au solein couchant, c’est peu dire que le Priest roule sur ce Hellfest, porté par un son énorme dans lequel la basse de Ian Hill, pas toujours la plus audible du genre, fait vibrer le pavage sous tes pieds. La foule y est sensible, qui chante comme il faut et catapulte des slammeurs en quantité – ce qui s’avère plus ennuyeux pour ceux des premiers rangs dont tu fais partie, quand bien même ta position est excentrée. Conséquence du format « festival » un tantinet raccourci, tu n’auras pas ton doudou Electric Eye ni Judas rising, mais privilégier PainkillerHell patrol et Touch of evil, quoi – n’a rien de problématique, d’autant que Richie Faulkner et Andy Sneap interprètent un duel de solos digne des regrettés Tipton et Downing sur Between the hammer and the anvil. Fait remarquable, le titre éponyme est introduit par un bref dessin animé plutôt que par Scott Travis au micro. Et puis tu auras bien l’entrée de Rob en Harley Davidson sur Hell bent for leather. Les bougres ont encore un – excellent – album de 2024 à défendre, c’aura été via Gates of hell, The Serpent and the king et l’émotionnel Giants in the sky, l’occasion de rendre hommage aux monstres sacrés disparus – de Lemmy à Janis Joplin et de Dio à Randy Rhoads – en peinant à occulter que Rob sera forcément parmi les prochains. Bah, si c’était ton dernier show du Priest, au moins te laissera-t-il un souvenir quasi parfait.

Scorpions en Mainstage 1

À propos de groupes approchant la péremption, tout juste jettes-tu une oreille distraite à Scorpions en Mainstage 1 en regagnant la sortie. Klaus Meine a toujours de la voix mais ressemble de plus en plus à une – petite – momie. Les comptes-rendus attesteront que les Allemands ont cédé un bon braquet depuis leur concert ici même en 2022. Des courageux fans de metal progressif parmi tes amis restent pour Dream Theater. Toi, tu rentres au gîte débriefer avec les autres en finissant le stock de 1664 le cul sur du mobilier de jardin en palettes recyclées. Il fait bon malgré l’heure tardive, ceux qui découvraient Judas Priest ont fini poutrés comme il fallait, l’alchimie fonctionne entre anciens et nouveaux, d’ailleurs tout le monde grince d’au moins un morceau en cette fin de troisième jour, en tout cas on dirait bien que ton Hellfest en aura valu la peine une année de plus.

Une Misère en Altar

Ton choix pour ouvrir le dernier jour s’avère plus percutant que le fuzz de la Valley. Les Islandais d’Une Misère proposent un son brutalement moderne servi par une scénographie minimaliste an Altar. Toujours dans l’esprit hardcore, le très tatoué chanteur en short fait preuve d’une infinie conviction ; sa voix tend volontiers vers le metal extrême. Les nombreux breaks pondéreux, eux, renvoient plutôt au groove metal, tandis que derrière son kit un (très grand) batteur énergique administre une fameuse punition rappelant les belles heures de Joey Jordison. D’inattendues nappes de synthés ajoutent une parenthèse planante à ce concert tout entier tendu vers un vigoureux cassage de gueule, auquel adhère d’ailleurs pleinement un pit pour le moins frétillant. C’est pessimiste, violent, et d’une sincérité totale derrière l’empilement de sous-genres et références. Le frontman de ce groupe décrit dans le programme officiel comme « uni par les tragédies » réclame pour finir un selfie avec le public. « It’s for my Mom ». Presque mignon.

Aluk Todolo en Temple

D’autres novices du Hellfest se produisent dans la Temple, dans un genre qu’on dira radicalement différent : les Grenoblois d’Aluk Todolo, dont le nom est inspiré par un culte animiste pré-chrétien d’Indonésie. Le même programme officiel annonce un rock occulte servi par un « trio d’esthètes ». Il s’agit manifestement de reproduire des dizaines de fois un même riff psychédélique sur une batterie à contretemps devant un public se clairsemant peu à peu. Autour de toi, on spécule. « Il paraît qu’ils sont frangins. » « Non mais on dirait clairement des profs de musique. » « C’est Call of Ktulu en version reloue. » Il y a là-dedans de quoi soupçonner une caméra cachée, enfin c’est le bas du front en toi qui l’imagine. Le trio, lui, est imperturbable et prend un panard que tu lui envies ; l’ampoule suspendue en surplomb pulse et grésille au rythme du signal de la guitare. Évidemment on est ici très au-delà de la pose… et pourquoi pas, sur 180 groupes invités cette année, ménager un peu de place à ce genre de phénomènes ? Alors que tu te perds en conjectures sur ce que tu entends, le clou du spectacle vous saisit : la fameuse ampoule descend des cintres jusqu’au milieu du groupe, et le guitariste lâche son instrument pour s’emparer du support de ses pédales d’effets, interprétant une sorte de danse de la pluie en les actionnant avec les doigts. Quoicoubeh.

Signs of the Swarm en Altar

En comparaison, le deathcore vitaminé des Américains de Signs of the Swarm qui démarre en Altar a le mérite d’une certaine lisibilité, et cependant… tu n’es toujours pas fan de deathcore, ce qui te pousse à partir chercher pitance. En chemin, tu croises une patrouille de flics dont c’est visiblement le premier festoche, émerveillés par le décor du Disneyland des métalleux : « C’est dingue toutes ces sculptures, tous ces trucs, là ». Et bien oui, absolument. En finissant ton burger une illumination te saisit : puisqu’un copain à égaré son couvre-chef, tu lui offriras un calot Turbonegro. Il s’avère qu’il en reste au Merch des groupes ET que ledit copain l’assume parfaitement bien. Le succès est éclatant.

Guilt Trip en Warzone

Sous un soleil de metal lourd, une girafe gonflable attend, stoïque, le chaos à venir au milieu du pit de la Warzone. Car telle est la promesse du quintette mancunien de Guilt Trip, dont le chanteur en T-shirt Machine Head brâme « Time to wake up, I don’t give a fuck, no tomorrow, no today… » résolument punk à défaut de faire parfaitement sens. À son poignet brille une de ces Rolex dorées qu’on acquiert sous le métro aérien vers Barbès-Rochechouart. À ses côtés brille une avenante bassiste blonde et court vêtue. Il remue spasmodiquement en crachant ses lignes de chant hardcore sur des riffs lourds joués mid-tempo, au rythme d’une batterie qu’on dirait achetée chez Toys « R » Us. « Fight the fucking fight! » enjoint-il à l’escadron de slammeurs déchaînés, parmi lesquels Spiderman côtoie un gamin en T-shirt « Rien n’est trop beau pour la classe ouvrière ». « I thought that was Hellfest, show me fucking hell! » En même temps ça frotte déjà pas mal, gros. « You’re 7/10, I need 8, I need 9… » Exigeant, avec ça, cela dit le set en vaut la peine. Ça joue crétin, mais carré. Des bénévoles et des types de la sécurité viennent s’enjailler dans la fosse. « We’re gonna play a new a new song… » Serait-ce une ancienne que la foule ne réagirait guère différemment. Bien sûr l’homme à la grosse montre réclame le putain de plus gros circle pit du festival, et force est de reconnaître que celui-ci atteint de fameuses proportions, au point de happer une fois de plus ton pote quinqua friand de câlins virils. Un type slamme avec sa béquille. La girafe gonflable est toujours là. Un grand moment de mélomanie, en somme.

Gutalax en Altar

Au risque d’en étonner certains, on peut faire plus teubé que Guilt Trip. Rendez-vous pour ce faire avec Gutalax en Altar. Vêtus de combinaisons blanches et masques à gaz sûrement étouffants en pareille fournaise, ceux qui se présentent comme « A 4-piece boys band from the Czech Republic » consacrent leur répertoire de grindcore à l’étude des matières fécales, et se montrent infiniment créatifs et explicites en la matière devant un backdrop frappé d’une copieuse pile d’étrons fumants que nimbe une nuée de diptères. « Thank you for coming here and watch this shit! » L’affaire est limpide. Dans les faits, les morceaux courts et nerveux sonnent à mi-chemin du death metal et du punk, tandis que le chanteur propose une succession d’effets vocaux inattendus… sans oublier de bombarder le pit de rouleaux de papier cul. « Open your ass and speak with him… » Succède à cette manière d’invitation au développement personnel un étonnant sample de l’intro du Celebration de Kool & the Gang, avant que le grindcore reparte pour de bon. « This is repetitive » dit une fille à ta droite. « Poo is never boring » réponds-tu, ce à quoi elle acquiesce alors que tu n’en es pas tout à fait convaincu toi-même. Tandis que s’enchaînent les gags attendus, tel le wall of shit – Ultra Vomit fait déjà le wall of chiasse depuis l’an pèbre – ou bien la chanson de 5 secondes chrono, une conversation s’engage en broken English, avant le moment Grande vadrouille où ta voisine et toi vous apercevez que vous êtes français tous les deux. Elle promet de lire le futur papier de Gonzai.com pour lequel tu prends des notes en plein pandémonium. « Vous serez au moins 17 », conclus-tu. Le frère de la jeune femme revient tout décoiffé du pit. « Ils m’ont régalé ! » s’exclame-t-il sans rire à propos d’un groupe à l’œuvre littéralement excrémentielle. Alors que résonne I’m so excited en clôture de set, tu vas raccompagner à l’entrée du site quatre potes, dont trois néophytes, pour qui Gutalax aura fait office de point d’orgue au festival. « Ceux qui savent, savent » est l’une des définitions que tu aimes à donner du Hellfest, et eux, maintenant, ils savent. De retour sur le site, tu constates combien les Français de Shaârgot ont rempli Temple et jusqu’à ses abords immédiats. Tant mieux pour eux, mais tu préfères aller te placer en Valley.

Kylesa en Valley

Largement vautré sur qui reste d’herbe, le public peine à se lever pour Kylesa, les légendes du sludge metal psychédélique de Savannah (Géorgie) de retour après 9 ans de pause. Laura Pleasants entre la dernière ; elle arbore aujourd’hui une chevelure brune aux pointes bleues et joue volontiers en tapping sur sa SG noire et grise. Son compère guitariste Philip Cope prend le relais au chant lorsque celui-ci se fait plus agressif. Si les festivaliers harassés s’adonnent peu au headbanging en cette fin d’après-midi, ils sont indéniablement captivés par le son ultra lourd des Américains, alternant énervement brut et stoner plus atmosphérique, envolées mélodiques et gros doom salissant. Des parents confiants en l’humanité envoient slammer leurs gamins ; un type les suit, serrant une marionnette façon Jeff Panacloc. Joint au bec, un jeune gars te tape sur l’épaule pour une raison mal identifiée. Il sourit puis se jette dans le petit mosh pit qui s’est ouvert derrière toi. Les attitudes erratiques alentour font un écho si naturel à la musique de Kylesa, mélange de tant d’influences droguées, furieuses ou les deux à la fois que tu te laisses porter agréablement sans bien piger tout ce qui se passe sur la scène et en contrebas.

Priest en Temple

Daft Punk rencontre La Crampe : ainsi pourrait se résumer le style de Priest, trio suédois de synthpop porté sur le transhumanisme. Chant, claviers, samples, la mixture est d’autant plus joyeusement incongrue que qu’ils portent des cols de curés en dessous de leurs cuirs cloutés. Parfait pour le clubbing, leur son lourd est adapté à l’environnement d’aujourd’hui. Soudain, le claviériste dégaine une guitare clavier. Respect. Toi, tu envisages plutôt comme un intermède ce bref passage en Temple. En Warzone, Good Riddance est vendu comme une légende américaine du punk hardcore, et, cependant l’ensemble sonne globalement punk pop. Pire, le T-shirt « Straight Edge Boston » du chanteur semble suggérer qu’il ne trinquerait pas au blanc, même limé. Sans réfuter l’efficacité du groupe compte tenu de l’effervescence du pit, tu préfères retrouver les copains de ton premier Hellfest pas loin du bar de Valley.

Good Riddance en Warzone

Le temps de vous dire – à tort – que vous n’avez pas changé autour d’un ou deux pichets, le set de Health commence, pas stoner pour deux sous malgré la scène qui l’accueille. L’electro-noise alterne des sons de dancefloor tantôt heavy, tantôt plus éthérés. Le chanteur et guitariste semble clamer sa déconstruction subie d’une voix triste et grêle ; tu eus apprécié une tonalité plus affirmative. De toute manière, il est temps d’aller se placer pour Cypress Hill, rare incursion du jour devant les Mainstages.

Health en Valley

La foule est dense à l’abord de la Mainstage 1, un type pas commode t’empêche même de suivre tes copains vers les premiers rangs, le paradoxe étant que tout le monde n’a pas l’air spécialement passionné par le concert qui s’annonce. Peut-être est-on surtout placé là dans l’attente de Falling in Reverse et Linkin Park, en tout cas tu fais partie de ceux qui poncèrent les albums de Cypress Hill dans les années 90 et connaissent leur proximité avec le monde du rock et du metal, du duo avec Sonic Youth sur la mythique B.O. de Judgement night à la participation du chanteur Sendog à Powerflo, voire de B-Real au supergroupe Prophets of Rage en compagnie de Chuck-D de Public Enemy et des instrumentistes de Rage against the machine. D’ailleurs DJ Muggs envoie un mix à base de Seven Nations Army et Enter sandman en introduction. Mais sur le début du concert et malgré le recours à un impressionnant kit de batterie, l’interprétation reste plus rap que heavy. Rien de très problématique pour toi, sachant combien tu goûtes les tubes de Black Sunday à l’honneur dans la setlist, de I ain’t going home like that à Insane in the brain en passant par Cock the hammer. L’ironie voudra malgré tout que tu choisisses de décoller pour Valley juste avant que résonnent les premières mesures de Bombtrack, reprise de RATM en mode fidèle, donc furieux. Dommage. Mais tu as à faire.

Cypress Hill en Mainstage 1

Depuis 2022 tu regrettes le cul de plomb qui te fit renoncer au concert nocturne de Jerry Cantrell sous ce qui était alors la tente de la Valley, à l’actuelle place du Sanctuary. Le peu que tu en avais saisi en progressant vers la sortie sonnait déjà pas mal, mais la dithyrambe de comptes-rendus unanimes avait achevé de t’escagasser. Devant un backdrop frappé du titre de son album de 2024 I want blood, le groupe du guitariste d’Alice in Chains mise sur une certaine sobriété scénique, chacun demeurant droit comme un I derrière son micro. C’est au son résolument lourd et enveloppant de faire le travail. Guest sur l’album et la tournée, Greg Puciato suit Cantrell dans d’aériennes vocalises. C’est bien sûr le cas sur la première reprise de Dirt, autre album culte de ton siècle dernier, au programme de ce soir : Them Bones. Deux titres récents lui succèdent, puis vient Down in a Hole, qui te percute comme un train de marchandises. Ici même en 2018, tu t’étais étonné en bien de la performance vocale live de William DuVall, allant même jusqu’à lui trouver de vraies similitudes avec son défunt prédécesseur Layne Staley dans ses harmonies avec Jerry Cantrell. Mais avec le duo Cantrell-Puciato, la différence est monumentale : tu vis le truc jusque dans tes os, comme si étais de la poignée de chanceux du 10 avril 1996, quand Alice in Chains enregistra son mythique MTV unplugged, trois mois avant l’ultime concert de Layne Staley et soixante-douze avant son overdose solitaire.

Jerry Cantrell en Valley

Après quatre jours à forcer sur un métabolisme quinquagénaire, quatre jours de Carlsberg en cataracte et de sommeil au compte-gouttes, quatre jours à sentir ton âge dans le moindre grincement de ta carcasse malmenée tout en te lovant dans le déni où te projette le son déraisonnable de ta jeunesse, quatre jours de ce délicieux paradoxe que tu connais si bien… voilà que tu chiales à gros bouillons. Ça vient d’un coup, implacablement, comme le soir de ton premier concert après le 13 novembre 2015 – tu avais alors quarante ans. À dix de mieux, Jerry Cantrell et ce con de Greg Puciato, son jean taille ultra basse et ses lunettes à l’arrière du crâne, t’ont mis en vrac complet. Un pote charitable te tape dans le dos, et cependant ton état du moment n’est pas le désarroi, mais une forme de délestage, finalement un apaisement. Alors que tes sanglots se sont calmés, le groupe irradie la même certitude tranquille sur les titres qui suivent, y compris dans un registre qui tabasse – le titre éponyme du dernier album et son solo agressif -, puis vient l’inévitable reprise de Would? sur laquelle montent des odeurs de beuh et tu parviens cette fois à garder ton calme. Dirt était l’album d’un désespoir sublime assumé jusqu’au bout, tandis que le Cantrell d’aujourd’hui, lorsqu’il en reprend les titres cultes, rayonne d’une invincible sagesse. Il en ira de même sur The Rooster, dernier titre de la setlist. « C’est beau, c’est puissant, c’est habité, ça vient de loin » griffonnes-tu dans ton calepin.

Eisbrecher en Temple

Quoi de mieux pour faire redescendre l’émotion brute qu’une dernière chopine et du metal industriel allemand ? Sorte de croisement entre Rob Halbord et Tony Sylvester de Turbonegro, le frontman d’Eisbrecher Alexx Wesselsky sait quoi faire pour ambiancer Temple à la façon d’un club berlinois le temps d’un dernier set, entre festivaliers guère pressés d’écouter le nouveau lineup de Linkin Park. Dans un lightshow à dominante bleutée, Waffen waffen waffen devient synonyme d’une paix festive, les gros riffs de guitare faisant office de samples heavy façon Rammstein. À propos de paix, Wesselsky s’adresse à la foule derrière un pupitre décoré des drapeaux de la France et du groupe. « Vive la musique ! » ose-t-il en français, avant de renverser le contenu rouge de son verre sur sa chemise blanche, puis de dégainer une trompette et d’en arracher quelques notes sur This is Deutsch. Toi, tu ne fais plus très gaffe au détail de ce que tu entends, porté par l’allégresse ambiante et l’envie d’essorer ce Hellfest jusqu’à la dernière goutte. Le refrain de Was ist hier los sonne un peu comme celui de Fous ta cagoule. « Je prends photo maintenant« ; Wesselsky joint le geste à la parole avant un ultime rappel sur Verrückt pour lequel lui et ses camarades se sont coiffés de couvre-chefs passablement grotesques. Gut, gut. Groß rigolade.

Linkin Park en Mainstage 1

Au loin résonne la fin du concert de Linkin Park. Un événement, sans aucun doute, d’ailleurs tu as fait l’acquisition de l’album du comeback par curiosité, comme tu possèdes Hybrid Theory sans être un immense fan du groupe californien. De ce que tu saisis, le groupe assure un poil mieux que lors de son set catastrophique en introduction de la dernière finale de Ligue des Champions, quand bien même Emily Armstrong n’est pas à l’aise sur toutes les parties du regretté Chester Bennington. Pas de quoi rester jusqu’au bout, notamment du fait des pauses un tantinet longuettes entre les morceaux. Tu suivras donc le feu d’artifice rituel – enfin, la reprise du feu d’artifice rituel après une relâche l’an passé – depuis la nationale en rentrant jusqu’à la bagnole. Finalement ce Hellfest du demi-centenaire n’aura pas été celui du ralentissement. Vieux trentenaires, ton épouse et toi vous demandiez si vous tiendriez encore le coup à cinquante ans sur les sentiers pentus de vos randonnées basques favorites du mois de mai. Cinquante ans, tout de même. Et bien oui, vous tenez. Et rebelote ce soir après quatre jours déments. Bien sûr le lendemain piquera très fort, aucun doute là-dessus, en veste à patches sur la ligne 1 tu te demanderas une fois de plus à quoi bon tout ce délire-là, mais enfin une pointe de fierté gentiment crétine se mêle à ton bonheur fourbu du moment. C’est con qu’il ne reste pas une 1664 au frigo.

Le feu d’artifice depuis la nationale

Laisser un commentaire