Punchlines du 25 février 2024

Le site (Antoine) /

  • Le Racing Club de Lens a perdu deux fois 3-2 cette semaine, encaissant à chaque fois un but dans les arrêts de jeu. Et vous voudriez un nouveau papier ? Sérieusement ?
Les réserves de seum lensois sont au plus haut.

Il est temps de rallumer la littérature (Antoine) /

  • Tout est possible pour un prix Goncourt, y compris l’accomplissement des fantasmes les plus insensés : Nicolas Mathieu est numéro 7 des ventes françaises de la semaine avec un recueil de ses posts sur Instagram intitulé Le Ciel Ouvert. Après quoi il importe de préciser qu’il ne s’agit pas d’une collection de photos d’animaux mignons ou de citations d’Oscar Wilde sur fond de soleil couchant, mais d’un authentique travail d’écrivain. Beaucoup de ces vignettes ne manquent ni de style, ni de fond. Après quoi on ronchonnera qu’on ne détestait pas l’idée qu’elles consistassent en un acte gratuit, justement. Oui mais voilà : l’URSSAF Limousin ne prend pas les paiements en clics. Bon, dans le cas précis de 130livres.com, ça ne changerait pas grand-chose.
Bientôt chez Actes Sud, un digest de ses listes de courses au XXIe siècle.
  • En une ou en interview d’à peu près tout ce que la France compte de rubriques Livres pour son dernier roman D’or et de jungle, de Cosmopolitan au Chasseur français, académicien et président du Prix du livre Orange, administrateur de l’Institut Pasteur, de France Télévisions et de l’OFPRA et Président de la Fondation d’entreprise Sanofi espoir, Jean-Christophe Rufin déclare à Livres Hebdo : « Me dévoiler ne m’intéresse pas. »
  • On apprend dans la version digitale de Libération que Christian Bobin « règle ses comptes » dans son carton d’édition posthume intitulé Le Murmure. Le poète eut beau être si largement admiré pour sa profonde humanité, je suis de ceux que la nouvelle inclinerait enfin à le trouver humain. Et ça balance sur qui ? Las, l’objet de son ressentiment semble être « ces affreux pianos dans les gares ! » Une belle personne jusqu’au bout.
  • Annie Ernaux et Sylvain Tesson seront invités sur France Culture la semaine prochaine. Le service public, c’est donner à chacun un motif de grogner.
  • Une décision de la justice chilienne en date du 20 février dernier rouvre l’enquête sur la mort du poète Pablo Neruda, mort dans l’immédiate foulée du coup d’état qui porta la junte d’Augusto Pinochet au pouvoir en 1973. Officiellement, il succomba à un cancer de la prostate alors qu’il comptait s’exiler au Mexique. Officieusement, il vaut sans doute la peine d’aller vérifier. Rappelons que Neruda obtint le Prix Nobel de littérature en 1971 et qu’il donna son nom à environ 894 collèges et lycées inaugurés en France dans les années 80.
  • On connaît la présidente du 10e Grand prix poésie de la RATP, dont les lauréats égayeront les trajets des usagers du métro parisien : il s’agira de la graphomane tout terrain Amélie Nothomb. Tout le suspense consiste à savoir si cette année encore aucun auteur en herbe n’arrivera à surpasser l’éternel « I speak English. Wall Street English ! »
  • La simple idée d’adapter La route de Cormac McCarthy en bande dessinée pourrait foutre les jetons. Seulement voilà, c’est Manu Larcenet qui s’y colle, et ça sort le 29 mars prochain. Il me tarde.

Le cinéma est mort, la preuve : il bouge encore (Guillaume) /

  • Parlons, parlons… Tom Cruise. Oui encore, et ce sera toujours trop peu. Parce que Tom Cruise est incroyable : c’est un fait. Mais ce n’est pas encore assez pour Mister Mieux que tout le monde. La semaine passée, c’était l’annonce de sa participation au prochain et (logiquement) ultime de Quentin Tarantino, The Movie Critic. Il y a quelques jours, on apprend qu’il tiendra le rôle principal du prochain film d’Alejandro Inarritu, qui a (entre autres) fait gagner son Oscar à DiCaprio sur The Revenant. La prochaine fois ? Peut-être Paul Thomas Anderson, avec lequel l’acteur a vivement exprimé le souhait de retravailler. Avec Tom, tout est possible. Et quand bien même on attend le prochain et (logiquement) dernier volet des Mission Impossible, que Top Gun 3 et Edge of Tomorrow 2 seraient dans les tuyaux, l’acteur semble bien décidé, à 61 ans, à entrer dans le troisième acte de sa carrière. Le meilleur pour la fin ? De la part d’un mec qui a travaillé avec Spielberg, Kubrick, Scorsese, Woo etc. etc., la marche paraît haute, et le challenge presque présomptueux. Mais 15 ans passés à défier les lois de la gravité pour s’imposer comme la seule vraie action star du Hollywood des 2010’s nous ont démontré une chose : la seule montagne dont Tom n’a pas encore vu le bout, c’est la sienne. Incroyable ne lui suffit plus : désormais, c’est le titre du GOAT qui se profile en fin de route. Pas de sa génération, de tous les temps. Chiche.
Bientôt le Mont Rushmore.
  • 130 livres.com n’est pas le seul média à questionner les tentatives récentes de la critique de cinéma française à faire sauter son zéro de conduite ramassé après les récentes révélations de Judith Godrèche. Par contre, il est pour l’instant l’un des seuls à le faire correctement. La preuve : France Culture y est allée de son inventaire de l’ancien monde avec un papier que vous pouvez tout à fait ne pas lire ici. Ça commence plutôt dans les clous, à base de « Plus jamais ça », mais comme personne ne conteste les symptômes, on va plutôt se faire les phalanges sur le diagnostic.
  • Selon eux, le cœur du problème est que le cinéma était jusqu’à peu un monopole d’hommes. Et qu’il l’est devenu parce qu’il fallait des modèles virils pour accrocher le populo masculiniste qui constituait le gros de sa clientèle au début du XXème siècle. Bref, c’est la faute de la plèbe, comme à chaque fois que les élites se font prendre la bite dans le pot des fleurs qu’ils sont pourtant les seuls à arroser. Et c’est la faute DES hommes dans leur totalité, comme à chaque fois que le féminisme de vernissage est invoqué par la juridiction des privilégiés pour ne pas avoir à se juger trop sévèrement. Alors, on va être clair : se mettre à la colle avec une gamine de 14 ans quand t’en as 52 c’est MAL, et ça l’était déjà pour l’immense majorité des hommes dans années 30, 40, 50, 60 etc. Il faut vraiment avoir un sens du foutage de gueule particulièrement aiguisé pour insinuer que tout ça, c’est parce que le monde du cinéma manquait de conscience féministe avant Barbie et Justine Triet. Et pour l’écrire poliment, il faut vraiment accuser une cécité idéologique proportionnelle à sa carence neuronale pour gober la couleuvre.
  • Tout ça pour déqualifier le délit, à savoir l’indécence peu commune du haut vers le bas (incarné par des hommes souvent, il est vrai) et légitimé par leur courtisans plumitifs. Point à la ligne le reste, c’est tortiller du cul pour éviter de chier droit. Et parce que 130 livres.com se garde bien de se poser en unique garant de la vérité juste, on vous recommande vivement la lecture du post FB de Nathalie Bianco, qui termine le débat comme nous n’avons pas la prétention de le faire.
  • Faisons un tour du côté des salles obscures, avec une sortie de route comme le cinéma français produit par les futures recettes publicitaires de prime-time ne nous en avait pas offert depuis longtemps. Les Chèvres !, puisqu’il faut bien nommer le cadavre avant de le dessiner à la craie blanche, n’a pourtant rien pour déplaire à ses argentiers sur le papier. Derrière la caméra Fred Cavayé, brillant réalisateur de polar et d’action avant de sécuriser sa carrière dans le pasteurisé. Devant, Dany Boon et Jérôme Commandeur, têtes de gondoles de la défunte redevance télévisuelle et gars sûrs de la comédie à (grand) papa. Jusque-là, tout va bien mais déjà le sujet : le procès pour meurtre d’une… chèvre en 1640. Ce qui partirait au demeurant d’une réalité historique avérée comme nous l’apprend l’introduction, mais peu importe.
  • Entre le savoir et le filmer, il y a un delta impossible à franchir avec la peur du ridicule en bagage à mains. Ça tombe bien, Fred Cavayé a décidé de n’en avoir strictement rien à foutre. Imaginez la version du Bûcher des Vanités en costumes que Jean-Marie Poiré n’a jamais réalisé pour vous faire une idée de la chose, si jamais votre système cognitif est prêt à encaisser la décharge. Rassurez-vous néanmoins, la grammaire de Cavayé s’avère infiniment plus tenue que notre recalé du Bescherelle filmique préféré. Les Chèvres ménage ainsi une vraie tenue de route dans le grotesque, qu’on peut sans doute lier au passif du réalisateur dans le cinéma d’action (on peut le dire, que les scènes de procès sont mieux foutues que celles d’Anatomie d’une chute ?). D’autant que le réalisateur ne se réfugie jamais derrière l’ironie pour surplomber son sujet, et s’astreint à un premier degré absolu dans le gonzo. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le grand-public risque très fort de ne pas suivre, et de s’arrêter sur le spectacle d’un Dany Boon en mode Blast off poursuivre le témoignage d’une mouche (BEWARE LA MOUCHE !!!) en pleine audience. Du ridicule, oui mais du ridicule nécessaire.
  • Car le théâtre de guignol qui se déploie à l’écran, c’est celui d’une justice de boulevard qui fait plus que solliciter des renvois avec notre époque. Les chèvres c’est nous. Le peuple, affreux sale et méchant, qui bêle avec le troupeau quand les gens de spectacle appuient sur le bon bouton. C’est pas toujours très fin, parfois plus démontré qu’intériorisé et trop pressé de faire patte blanche. Mais on reste gré à Cavayé de ne jamais désépaissir le trait rabelaisien, y compris quand ça cause sérieux. Mieux qu’une comédie d’époque, une comédie comme à l’époque, si les frères Lumières avaient inventé le cinéma à la fin du Moyen-âge. C’est sûr, c’est autre. Mais ça reste le meilleur film de procès français depuis des lustres (oui, ça inclut Anatomie d’une chute).
OKKKAYYY !

Ce qui reste de la boxe anglaise (Antoine) /

  • Bakary Samake est un jeune homme pressé. Passé professionnel à 17 ans et tête d’affiche d’une rare soirée de boxe au Zénith de Paris à 20, le natif d’Aubervilliers exsude la confiance en lui des boxeurs biberonnés aux exploits de Floyd Mayweather période « Money », quand la planète boxe tournait littéralement autour de son nombril. C’est peu dire que le môme ne cache pas de qui il s’inspire, rarement pris en flagrant délit d’humilité lorsqu’on lui tend un micro et déjà locomotive d’une entreprise de promotion à son nom, dirigée par son père Issa. Pour préparer le combat de jeudi soir dernier face à l’ex-champion d’Europe franco-marocain Ahmed El Mousaoui, Samaké est retourné au Mayweather Gym de Las Vegas, faisant largement circuler les images de ses mises de gants. Seulement voilà : dans la France de 2024, la boxe est un sport de niche, au public loin d’être remis d’une déception majuscule nommée Tony Yoka ; autant dire qu’il faudra plus qu’un vague adoubement sur Youtube pour le convaincre tout à fait. Pour Bakary l’ambitieux, pas de promoteur capé ni de renfort marketing et financier de la maison Canal Plus : la famille, la débrouille, des sponsors locaux, et RMC Sport un soir de Ligue Europa. On mesure ainsi le défi que représentait une soirée à 4000 places payantes un soir de semaine porte de la Villette.
  • En stricts termes d’organisation, d’abord, Samake Promotion entend « produire des événements inédits mêlant combats de boxe & show artistiques ». Rien d’exagérément original dans le spectacle proposé au Zénith, hormis peut-être les boîtes de bonbons Haribo disponibles à la buvette. On vit des pom-pom girls puis des danseurs de hip-hop se trémousser avant le main event, l’habillage des visuels sur écran géant faisait un tantinet daté, un light show coloré entretenait l’ambiance tout du long, le speaker tint honnêtement son rang, de la pyrotechnie de jardin encadrait les entrées, le rappeur de rigueur accompagna celle de Samake… Il semble que le projet ait consisté à tenir les figures imposées du genre au moindre coût, un choix compréhensible car sans doute dicté par une équation budgétaire pas simple. Touche de glamour bienvenue, le speaker salua la présence de la star du moment Cédric Doumbé pendant le main event. Côté loupés, rien de spectaculaire pour des bizuths du Zénith, tout juste le speaker dut-il réclamer qu’on ménageât aux juges un passage vers leur place alors que Samake et El Moussaoui attendaient pour en découdre, et, plus tard dans le combat, eut-on la surprise de voir les lumières se couper une microseconde tandis que les fumigènes repartaient sur le podium des ring walks. Un poil gênant, soit, mais rien de bien honteux en pareil contexte… jusqu’au travail des juges, mais on y reviendra.
Vitu vs Jeranashvili et Zaouche vs Dogbegan
  • Second sujet, les combats de sous-carte. Quatre étaient au programme de la soirée, en commençant par celui que j’eus le malheur de louper — je regardais perdre mon club de foot favori en prolongations dans un rade de la Porte de Pantin. De l’avis général, le jeune poids moyen aixois Souleimane Mohemmedi se montra convaincant dans sa victoire aux points sur l’Argentin Emiliano Pucheta. Je m’installai en placement libre pour voir — ou subir — les 4 derniers rounds de Cédric Vitu face à un frustre journeyman géorgien choisi pour perdre… et qui s’en abstint. Au temps de sa gloire, l’ex-champion EBU gaucher des super welters avait une classe certaine sur le ring, mais deux ans après sa première retraite sportive « Titi » Vitu a l’air aussi rincé qu’une bière servie en festival. Un souvenir à vite oublier. Le troisième combat, un duel d’invaincus, s’avéra le plus intéressant : très soutenu autour de moi, le musculeux Idriss « Le Capitaine » Dogbegan défiait le longiligne Mustapha Zaouche en super moyens. Ce dernier exploita d’emblée un timing et une allonge supérieurs pour placer de jolies droites au-dessus de la garde d’un Dogbegan perplexe, lui offrant deux voyages précoces et tous frais payés au tapis. Mais l’homme de Gennevilliers a du courage à revendre quand son son cadet paraît juste en cardio, et il se montra peu à peu capable de casser la distance sans trop déguster de coups en ligne, imposant à Zaouche plusieurs séquences dos aux cordes. Les supporters de Dogbegan y crurent à nouveau jusqu’à la septième reprise fatidique, où Zaouche sut de nouveau enchaîner jab, cross et uppercut à l’intérieur pour punir son vaillant rival, que l’arbitre arrêta après 2 knockdowns de mieux. On n’accablera pas le vaincu, très positif au micro du speaker, et qui révéla avoir commencé la boxe il y a 9 ans à peine… alors qu’il en avait déjà 37. À 46 ans, je me blessais régulièrement en regardant la télévision. Passons. Dernier combat préliminaire, un duel de super welters opposait Milan Prat à un nouvel Argentin méconnu, Rodrigo Damian Coria. On sait les hommes de la pampa rudes sur le ring, et celui-là non plus n’était pas venu pour baisser pavillon. Las, son manque d’allonge le contraignait à s’exprimer par brèves explosions, laissant le Français dérouler sa boxe. « Natsuko » se montra appliqué à défaut d’épater, s’assurant à force de jabs et d’enchaînements des deux mains une décision méritée sans convaincre tout à fait. Est-il bien le puncheur que son début de carrière laissait imaginer ? Nul besoin de l’accabler aujourd’hui alors que sa brutale déconvenue contre Slawa Spomer date de moins de 6 mois, mais enfin il faudra mieux, en efficacité notamment, pour briguer une chance mondiale.
  • Si l’on se résume : avec une organisation correcte et une sous-carte raisonnablement divertissante, le main event allait commencer dans un contexte favorable, opposant deux hommes tendus comme des arbalètes lors de la pesée de la veille. Le trash talking d’avant-combat n’est certes pas la moindre des inspirations que puise Bakary Samake dans l’attitude des stars américaines. « Son face I.D. ne va plus marcher » affirmait-il carrément de son aîné de 13 ans. On peut ajouter à la panoplie un goût certain pour les shorts fantaisie : large et violet façon tutu, celui du soir fit beaucoup réagir autour de moi. Restait à voir l’essentiel, ce que le jeune homme pressé avait à proposer sur le ring étroit du Zénith de Paris. Et là… tout ne fut pas limpide. Samake est un très bel athlète, dégageant une force physique impressionnante (les modernes disent « physicality ») ; il se présenta sec à l’extrême pour faire les 154 livres et semblait après réhydratation une bonne catégorie de poids au-dessus de son adversaire. Or il n’exploita pas vraiment son avantage dans le clinch — Dieu sait si l’arbitre toléra les accrochages —, subissant aussi sans guère réagir quantité de séquences dos aux cordes. On l’y vit peu contrer efficacement, et sa défense en shoulder roll, si elle rappelle les meilleurs clips de Money Mayweather, fut régulièrement contournée par les coups larges d’El Mousaoui. Au centre du ring, Samake travailla par à-coups, multipliant des feintes confinant au chambrage, en somme peu constant sur les 3 minutes d’un round et surtout avare de son jab. Si sa vitesse de bras et son explosivité sont à saluer, un boxeur peu actif et facilement acculé par son adversaire ne plaira pas à tous les juges de la planète. Misait-il sur son punch ? On le sentit soucieux de donner son bras arrière à pleine puissance, quitte à le téléphoner et louper franchement sa cible. Ce n’est pas pour autant qu’il atteignit son objectif avoué, celui de devenir le premier homme à vaincre El Mousaoui avant la limite. « AEM » finit certes le combat avec le visage marqué, mais à aucun moment on ne le sentit en grand danger — peut-être le dut-il à une barbe en acier trempé, en tout cas le punch de Samake reste à confirmer.
Uzi ambiance le ring walk de Samake, les deux adversaires ambiancent le main event.
  • Autant le dire tout net : même sans bien comprendre le plan de vol de Bakary Samake, on reconnaîtra qu’il domina globalement la confrontation une fois qu’il eut trouvé la bonne carburation, s’assurant une victoire 6-4 ou 7-3. El Mousaoui n’avait pas le gaz ni la puissance nécessaires à user son jeune adversaire, même en se montrant agressif d’entrée, ce qu’il paya au fil des rounds. Dans ce contexte, la décision unanime ne souffre pas de contestation. Reste que le pointage de 100 à 90 du juge Ali Oubaali à son bénéfice laisse rêveur ; un poil d’expérience aidera sans doute à rendre un peu moins ostensible l’avantage à la maison… même si, quand on y réfléchit, rien ne ressemble plus aux grandes réunions de Vegas qu’une carte bien polémique en main event pour faire le buzz… Jeudi soir dernier, Samake enregistra donc sa meilleure victoire en carrière, et de loin, dans une grande salle parisienne largement remplie sur son nom par une promotion familiale crée il y a quelques mois à peine. Difficile de ne pas y voir un succès ; faire la fine bouche dans le contexte hexagonal de 2024 serait tellement français… Quant à la suite, elle passera par une nécessaire maturation, en tête d’affiche comme en sous-carte. Parmi la pléthore de prospects d’aujourd’hui qui s’inspirent de Floyd Mayweather, beaucoup ressembleront finalement à Adrien Broner — les ceintures en moins —, des types étonnés après chaque défaite que leur style ne leur ait pas garanti le succès. Sur le ring, le style n’est pas une fin en soi, il est le reflet d’un somme de choix tactiques pertinents car adaptés aux qualités d’un boxeur et aux critères de pointage d’un combat. Vu sa jeunesse et ses qualités d’aujourd’hui, il sera passionnant de regarder Bakary Samake chercher sa voie.

Le MMA va bien, merci pour lui (Guillaume) /

  • Parlons MMA, parlons de Francis Ngannou. Actuellement en dernière ligne droite de sa préparation pour Anthony Joshua, le « Predator » connait enfin le nom de son prochain adversaire en MMA. Ça s’est décidé hier soir, lors d’un « champ vs champ » confrontant les tenants des ceintures poids-lourds du Bellator et du PFL (le premier étant devenu la propriété du second depuis peu) en les personnes de Ryan Bader et Renan Ferreira. Un combat qui s’est soldé en 21 secondes, le temps pour l’Américain de s’exposer au crochet du géant brésilien et de se faire ensevelir sur une avalanche de ground-and-pound. Un TKO très… Ngannouesque dans l’esprit, qui pose au tombeur officieux de Tyson Fury ce qui faisait jusque-là défaut à son retour dans la cage : un challenge. Ferreira fait peur, clairement, et même si Ngannou en a vu d’autres, l’affaire ne sera pas plié d’office avec les 2,03 m de son futur adversaire. Gageons que l’issue du combat contre Joshua s’avérera déterminante pour la suite des événements.
Alien vs Predator, bientôt dans la cage.
  • Michael Chandler est las, et on le comprend. Deux ans maintenant qu’il attend Conor McGregor depuis leur combat fixé dans l’émission The ultimate fighter, et l’UFC continue d’évoquer des négociations « compliquées » avec l’Irlandais. Il va falloir s’y faire : on verra le leprechaun dans Road House 2 avant de le revoir dans une cage. Time is up.
  • Quelques mots sur le main event de l’UFC Fight Night d’hier soir, qui opposait deux prétendants malheureux à la ceinture featherweight avec Brian Ortega et Yair Rodriguez, le chouchou d’Antoine. Ce dernier semblait profiter d’un boulevard tout tracé vers la victoire lors du premier round. Juste avant le gong de départ, Ortega affiche une cheville douloureuse et mal à l’aise sur ses appuis, subit la foudre de « The Pantera », qui passe à quelques centimètres d’épaisseur de venir à bout de la mâchoire en Téflon de son adversaire. Mais la résilience légendaire d’Ortega prend le dessus sur le pieds-poings du Mexicain, démuni face aux amenées au sol du premier lors du round suivant. Et alors que les débats se sont rééquilibrés au début du troisième, Rodriguez tente l’épreuve de force qui lui coûte une nouvelle amenée au sol, et concède cette fois la soumission imparable au spécialiste du ju-jitsu brésilien. On appelle ça une performance de la soirée pour Ortega, décidément le plus valeureux des éternels dauphins du roster, même si on va commencer à s’inquiéter pour ses vieux jours et sa capacité à servir le thé sans éclabousser ses invités.

Laisser un commentaire