Punchlines du 10 juin 2024

Le site (Antoine) /

  • Elle-même dissoute dans le rosé de Provence afin d’encaisser l’annonce de la dissolution de l’Assemblé Nationale, une bonne moitié de la rédaction des Punchlines a baissé les bras pour la livraison d’hier. Ne me jugez pas.
  • Et puis oui, on – c’est à dire « moi » – vous aura fait miroiter un nouveau papier incessamment sous peu, alors qu’il n’est toujours pas commencé. En politique comme sur les internets, les promesses, ceux qui les écoutent, etc.
« Je ne vous promets pas un, pas deux, mais trois papiers formidables pour la semaine prochaine. »

Il est temps de rallumer la littérature (Antoine) /

  • Nouvelle présidente des éditions Fayard, Lise Boëll structure peu à peu son état major. Il ne s’agit pas tant de détailler ici l’identité et les fonctions des intéressés que de rappeler l’itinéraire de Mme Boëll, éditrice d’Eric Zemmour dont l’arrivée décidée par Vincent Bolloré chez Fayard avait provoqué l’éviction de sa prédécesseure Isabelle Saporta. Comme déjà évoqué ici, cette dernière s’opposait à l’utilisation de la marque Fayard pour la future publication d’essais a priori peu divers au plan idéologique, au premier rang desquels l’autobiographie de Jordan Bardella. Imaginez l’aubaine éditoriale si le garçon devient premier ministre début juillet. Il faudra alors faire preuve d’un bien mauvais esprit pour rappeler qu’on doit à Joseph-Arthème Fayard le lancement de l’hebdomadaire Je suis partout en 1930, et que sa veuve milita pour l’entrée de Charles Maurras à l’Académie Française, obtenue huit ans plus tard. Il n’y a certes pas qu’au RN qu’on honore les traditions familiales.
  • La récente audition de Rachida Dati par la Commission des finances de l'(ex-)Assemblée Nationale le 5 juin dernier dans le cadre du Printemps de l’évaluation des politiques publiques est l’occasion de revenir sur l’importance prise par le Pass Culture dans le budget de la Rue de Valois. Octroyant notamment aux jeunes âgés de 18 ans un crédit de 300€ pour s’offrir « des produits ou expériences culturels », il constitue en effet la première ligne budgétaire du Ministère de la Culture, soit 267,5 millions d’euros. 60% de ce montant est consacré aux livres, soit tout de même 2,6% des ventes annuelles en France. Une ouverture au mécénat privé pour soulager les finances publiques est envisagée, comme l’est le développement de la médiation dans le cadre du Pass, attendu que l’accès à la culture n’est pas qu’affaire de consommation. En tout cas ça en fait, des mangas.
« Moi, maire de Paris, l’extension du Pass Culture aux boutiques de l’avenue Montaigne sera une réalité. »
  • On exagère un peu : les jeunes ne lisent pas que des mangas. D’ailleurs trois bédés et romans graphiques se hissent dans les 10 meilleures ventes de livres de la semaine en France, à commencer par le tome 21 de Mortelle Adèle, accompagné du 9 des Cahiers d’Esther et de l’adaptation par Manu Larcenet de La Route, dont on a parlé ici même. Autre fait remarquable, figure également au palmarès le dernier volet d’Alma, la trilogie consacrée à l’esclavage par Timothée de Fombelle qui fut refusée par son éditeur américain habituel pour cause d’appropriation culturelle (et traduite depuis en anglais, malgré tout). On déplorera d’autant plus cette triste censure qui ne dit pas son nom que faire lire des romans à la jeunesse s’avère un bien joli succès.
  • L’un des deux manuscrits autographes de L’Étranger d’Albert Camus a été vendu aux enchères pour 656.000€ mercredi dernier chez Tajan. Le 25 mai dernier, la Bible retrouvée sur la table de nuit d’Elvis Presley à Graceland au lendemain de la mort du King fut adjugée 120.000$. « La certitude d’un dieu qui donnerait son sens à la vie surpasse de beaucoup en attrait le pouvoir impuni de mal faire », disait le lauréat du Prix Nobel de Littérature 1957. Franchement, je vois mal le rapport, mais ça claque.
  • Très au fait des tentatives de censure frappant les bibliothèques publiques américaines, le site Actualitté s’est fait l’écho d’un succès judiciaire pour les défenseurs de l’accès à la culture. Sept habitants du comté de Llano (Texas) ont obtenu d’une cour d’appel de la Nouvelle-Orléans la remise à disposition du public d’une série d’ouvrages dont les juges ont estimé qu’ils ne pouvaient être censurés au seul motif qu’ils délivraient des messages opposées à celles des responsables politiques locaux. Notons que les magistrats distinguent idées progressives et humour potache : ainsi, Gary the Goose and His Gas on the Loose, dans lequel il est question de flatulences plutôt que de politique, n’aurait vraisemblablement pas été censuré pour des motifs idéologiques selon les attendus du jugement. On respire – en l’espèce, façon de parler.
  • Bibliothèques américaines toujours, celle de Middleton (Wisconsin) a décidé d’arrêter de pénaliser financièrement les usagers dont les animaux de compagnie endommagent les ouvrages empruntés. Dorénavant la fourniture d’une photo du coupable suffit ; l’établissement se charge de la publier sur les réseaux sociaux à côté de celle du livre indument dégusté. Il s’agit d’après la direction de la bibliothèque de soigner ses relations avec le public, bien plus précieuses qu’une poignée de livres dégradés. La nouvelle n’a rien de fondamental, mais parler toutous sur les réseaux sociaux détend un peu par les temps qui courent.

Le cinéma est mort, la preuve : il bouge encore (Guillaume) /

  • Parlons cinéma, parlons du film du moment que tout le monde va voir. Enfin tout le monde sauf vous, les Parigots qui pètent en ultra-sons, et ne rigolent que si Paul Mirabel raconte une blague sur le gamin de 10 ans qui lui a volé sa chocolatine quand il en avait 34. Un p’tit truc en plus donc, la comédie d’Artus sur deux recalés père et fils de l’école du crime qui se planquent dans un camp d’été de trisomiques, cartonne. Mais genre vraiment. À ramener au cinéma les gens de 7 à 77 ans qui n’y vont (plus) jamais. Certes, c’est loin de constituer une raison valable pour signer le bail les yeux fermés.  Surtout en France où « le film qu’il faut avoir vu pour pouvoir en parler » a souvent le rire poreux au découpage publicitaire de prime-time. Mais après un premier semestre 2024 catastrophique, les salles obscures sont probablement soulagées de savoir qu’elles peuvent encore devenir le théâtre d’un momentum sociétal que personne n’a vu venir. Alors que la cartographie de la culture audiovisuelle post-Covid n’arrête pas de se reconfigurer, une petite victoire comme celle-ci équivaut à un rameau d’olivier qu’il serait peu inspiré de dédaigner.
  • Mais assez de considérations périphériques, revenons-en au principal : le film, il vaut quoi ? Ben, il est bien. Vraiment bien. Surement pas assez pour planter son drapeau dans l’héritage de la grande comédie française, certes. Mais la maturité et la maitrise qui font défaut aux premiers films sont compensés par la fraicheur et l’absence d’inhibitions des auteurs qui n’ont pas encore une carrière d’habitude derrière eux.
  • En termes de structure, il n’y a rien dans Un p’tit truc en plus qui dérange le statu quo : oui, nos deux bras cassés vont mentir avant de se repentir avec leurs nouveaux amis, oui ils vont réapprendre à vivre et à écouter qui ils sont au contact de ceux auquel personne ne donne la parole, et oui le héros finira main dans la main avec l’éduc spé dont lui et le spectateur tombent amoureux au premier regard (Alice Belaïdi, une certaine idée du soleil). Mais comme dirait l’autre, ce qui compte c’est pas le voyage, mais la destination. En l’occurrence, Un p’tit truc en plus comporte suffisamment de dérogation à l’itinéraire attendu pour arriver au point de chute sans donner l’impression de tourner en rond.
«- Je lui acheté le CD Deux titres de Yanns, « Clic Clic Pan Pan Pan.
-T’es débile ou quoi ?! »
  • À l’instar de la Nouvelle Femme de Léa Todorov (dans une proposition totalement différente), Artus laisse ses acteurs non-professionnels s’emparer du volant et s’adapte à leur feuille de route. Pas question de faire des gens « différents » les sparring-partners de la leçon de vie des gens « normaux », et le réalisateur dirige par l’exemple en mettant son personnage délibérément en retrait. Ça fleure bon, les moments de vie captés en off et les accidents de tournage heureux, mais jamais au détriment d’une réelle rigueur de fabrication. On saluera ainsi l’efficacité d’écriture dont fait preuve le monsieur et son équipe, notamment pour faire exister des sous-intrigues en sous-présence au montage sans donner l’impression au spectateur de lui imposer le fait accompli. Un p’tit truc en plus joint la parole à l’image et les actes au résultat : oui, son groupe d’handicapés élargit autant les horizons du spectateur que ceux de son personnage principal, grand enfant mal dégrossi qui se casse les dents sur la toxicité du modèle paternel. Intègre donc, et moderne de toutes évidences, donc réjouissant. Un p’tit truc en plus pratique la déconstruction heureuse dans tous les sens du terme, dans et en dehors de l’écran, sous les applaudissements de millions des spectateurs de 7 à 77 ans qui ne vont (presque) jamais au cinéma, sauf ici. Il n’y a pas que les salles de cinéma qui ont le droit de s’en réjouir : au vu de l’actualité politique, c’est une petite victoire qui apporte un gros truc en plus à tout le monde.
  • L’extraordinaire Furiosa de George Miller est déjà sur le point de quitter l’affiche en laissant à la Warner une ardoise de plusieurs centaines de millions qui devrait selon toutes vraisemblances mettre un terme à la saga du Wasteland, mais le box-office U.S est déjà en ordre de bataille pour la suite. Ce week-end, c’est la sortie de route Bad Boys 4 : Ride or Die, du duo infernal Adil El Arbi et Billal Fallah qui a pris la tête du box-office en faisant péter les prévisions. Et surtout, Deadpool and Wolverine, dont la sortie est attendue anxieusement par à peu près tout le monde. Parce qu’il s’agit de la seule saga super héroïque à ne pas avoir encore été désavouée par les chiffres, et que de son succès dépend grandement de l’avenir du genre qui fit pleuvoir les dollars sur la décennie précédente. Autant dire qu’il n’y a pas que Kevin Feige qui prend son hypertension tous les matins.
« Jamais trop vieux pour ces conneries »
  • Dans une industrie qui n’aime rien tant que la sécurité apportée par les chemins tout tracés, l’absence de boussole fait réagir toute la basse-cour au quart de tour. C’est l’histoire d’Hollywood : trouver un prototype, le formuler, et le reproduire jusqu’à assécher le filon. Problème : pas sûr que Deadpool, tout comme Barbie l’an passé, aient vraiment l’étoffe de manufacture à clone, tant ils sont associés (pour le meilleur comme pour leur pire) à la personnalité de leur instigateur, ici Ryan Reynolds.
  • Avec Tom Cruise, même l’impossible devient possible : le public le sait, l’industrie le sait, même les étoiles sont au courant. Mais là, l’univers semble décidé à faire plier l’Atlas du cinéma américain. Cette semaine, le tournage de Mission Impossible 8 a été interrompu pour une durée indéterminée après qu’un sous-marin utilisé pour le tournage d’une scène aurait… coulé sous son propre poids. Bilan : 23 millions de livres en moins pour le bestiau pas très waterproof, et sans doute plus encore une fois que tout les jours de retard payés rubis sur l’ongle à l’équipe seront alignés les uns à côté des autres. Entre ça et les ajournements préalables à cause du Covid, la facture s’élèverait déjà à… 400 millions de dollars. Et ce n’est pas finit. Autant dire qu’en tant que producteur de la franchise, le sauveur des salles obscures 2022 avec Top Gun : Maverick doit passer de mauvaises nuits, surtout après la sous-performance du précédent. Don’t stop believing, mais il est vraiment temps que lui et Christopher McQuarrie passent à autre chose.

Ce qui reste de la boxe anglaise (Antoine) /

  • Oui, Xander Zayas a un nom qui claque, ce qui n’est jamais inutile lorsqu’on brigue la succession d’Hector Camacho, Wilfredo Gomez ou Edwin Rosario dans le cœur des fans portoricains, mais non, le môme de 21 ans, professionnel depuis 2019, n’a pas l’air aussi porté sur les frasques extrasportives que ses illustres prédécesseurs, ce qui le prive du charme particulier des têtes brûlées boricuas. Sur le ring, le garçon n’a d’ailleurs rien de particulièrement imprévisible : il travaille minute après minute avec application et gagne ses rounds sur un rythme de métronome, sans tout à fait produire de quoi électriser les foules. Samedi soir dernier, comme tout Portoricain au Madison Square Garden, Zayas évoluait à domicile face au vétéran brésilien gaucher Patrick Teixera, ancien champion WBO des super welters. Longiligne et dur au mal, ce dernier n’a pas encore renoncé à un retour au premier plan, et son profil est carrément empoisonnant pour le commun des pugilistes – ajoutons que son acné du dos témoigne d’une probable préparation chimique des plus sérieuses… La façon dont Zayas le domina 10 rounds durant, alternant opportunément le travail au corps et à la face, est à montrer dans les écoles ; reste qu’il y manque un je-ne-sais-quoi, un zeste du punch, un chouïa d’improvisation entre deux gammes récitées avec soin ou une certaine faculté d’accélération pour finir un adversaire à sa main depuis la mi-combat. Si Top Rank mise clairement sur Zayas pour une prochaine chance mondiale, je peine à le voir vaincre des adversaires d’élite, et en bon fan de la boxe boricua j’espère bien qu’il me donnera tort.
Un must : le pouce des gants aux couleurs portoricaines.
  • En sous-carte de Zayas vs Teixera, l’Américain Bruce Carrington a prouvé qu’il était l’un des prospects à suivre du moment chez les moins de 126 livres, disposant d’un valeureux remplaçant de dernière minute en la personne du Dominicain Brayan De Garcia, méconnaissable après la punition reçue des mains de « Shu Shu ». Fort d’une riche carrière en amateurs mais privé de Jeux Olympiques par le Covid-19, Carrigton a remporté un 12e succès en autant de combats professionnels par arrêt de l’arbitre au 9e round. Il va vite, tape dur, sait changer sa garde et prendre son temps, et puis le natif de Brooklyn exsude une confiance non feinte ; la présence de son camarade d’écurie Naoya Inoue en bord de ring n’est peut-être pas due qu’au seul amour de la boxe du Japonais, qu’on verrait bien tenter de nettoyer les poids plume à partir de 2025. À suivre.
  • À propos de Portoricains, Subriel Matias alias « La fierté de Maternillo » étrennera samedi prochain sur son île le titre IBF des super légers remporté et défendu une première fois en 2023 face à l’Australien Liam Paro. Si l’on se fie aux niveaux astronomiques de bruit et de fureur qu’atteignent les sorties de Matias, jamais vainqueur autrement qu’avant la limite, à la ferveur prévisible du public local et aux états de service pas négligeables non plus de Paro, qu’on sait gré d’avoir aplati comme une crêpe l’irritant Montana Love l’an passé, on pourrait tenir un sacré bon combat. Notons en sous-carte la sortie du prospect boricua des mouche Yankiel Rivera Figueroa alias « El Doctorcito ».
  • Jamais en mal d’une façon de faire parler de lui, Ryan Garcia, dont on rappelle que la victoire par décision partagée sur Devin Haney le 20 avril dernier est entachée d’un contrôle positif à l’ostarine, s’est fait appréhender par la maréchaussée de Los Angeles pour vandalisme, ayant apparemment dévasté sa chambre et un couloir du Waldorf Astoria à Beverly Hills. Une star qui démonte sa chambre d’hôtel, toute tête à claques qu’elle puisse être, voilà qui nous rajeunit. Au fait : Haney et Garcia ont affirmé sur X n’avoir toujours pas été payés par Oscar de la Hoya pour leur combat. Le Golden Boy n’en serait pas à son coup d’essai, comme l’affirme Gennady Golovkin depuis son troisième combat contre Canelo Alvarez. La boxe de 2024 nous divertit comme elle le peut.
  • C’est d’autant plus vrai en considérant d’annonce d’une exhibition le 28 juillet prochain opposant Manny Pacquiao au spécialiste japonais de MMA et kickboxing Chihiro Suzuki dans un événement Rizin. À 45 ans, la légende philippine a un entourage pléthorique à nourrir et des traites à payer. D’ici à ce que Floyd Mayweather – qui affrontera à nouveau Victor Ortiz le 24 août à Mexico – accepte une revanche entre quadragénaires, il n’y a qu’un pas qu’il faudrait être sévèrement entamé du bulbe pour espérer le voir franchi.

Le MMA va bien, merci pour lui (Guillaume) /

  • Parlons MMA, parlons de Nassourdine Imavov, qui a fait une entrée fracassante dans le top 5 de la division middleweight ce samedi (dimanche matin chez nous) contre le redoutable Jared Cannonier à l’UFC Louisville. On l’avait écrit en ces pages en février dernier lors de sa victoire contre Roman Dolidze : de tous les français présents dans le roaster UFC, Imavov est probablement celui qui possède le plus de compétences athlétiques pour s’emparer le premier d’une ceinture. Depuis son départ du MMA Factory, force est de constater que le franco-daghestanais semble avoir réunis toutes les conditions autour de lui pour briser le fichu plafond de verre mental qui lui avait notamment coûté la victoire contre Sean Strickland. Ici, face à un gatekeeper aussi dangereux que Cannonier, jamais mis KO dans la division et tombeur de ses styles les plus pénible à combattre (Derek Brunson, Marvin Vetttori, et… Sean Strickland), le Sniper a déroulé. Pourtant, l’adversité était bien présente : pas du tout entamé par sa quarantaine, Cannonier ne se laisse pas conter par la boxe en entrée-sortie du frenchie, et lui impose sa puissance à mi-distance dans un premier round assez nettement à son avantage. Mais Imavov ne tremble pas. Il encaisse les enclumes de sans frémir, résiste à la pression en lutte contre la cage, et se cale sur le rythme du combat en 5 rounds pour choper le timing du « Gorilla », bien aidé par les conseils avisés du stratège Nicolas Ott dans son coin.  Les rounds 2 et 3 sont trop serrés sans que l’on puisse départager un vainqueur suffisamment, mais contrairement à Imavov, Cannonier semble avoir épuisé tout son arsenal. Pas pressé même quand il est en retard au pointage, le striker débarque dans le 4ème round en posant ses appuis pour décocher des patates d’arracheur d’arbres.
  • L’ancien élève de Fernand Lopez veut faire mal, clairement, et ne souhaite manifestement pas laisser les juges décider pour lui de la suite du combat. C’est ainsi qu’il profite d’un surengagement de Cannonier sur son jab pour signer le début de la fin avec un contre en overhand balistique sur une mâchoire pas préparée à l’atterrissage. Cannonier ne tombe pas mais vacille et montre son dos, Imavov avance sans se précipiter et le chasse à coup d’anglaise tout autour de la cage avant de pousser Jason Herzog à siffler la fin du combat trop tôt. Arrêt prématuré ont dit certains, préservation du combattant de coups inutiles diront nous plutôt, toute subjectivité mise à part, et victoire de Nassourdine Imavov, qui s’installe dans le top 5 et s’impose comme un sérieux client au sésame suprême.
En vrai, c’est surement mieux comme ça.
  • Dans l’état actuel des choses, on ne voit absolument aucunes raisons de ne pas y croire, même s’il faudra attendre les résultats de Robert Whittaker vs Khamzat Chimaev et de Dricuss du Plessis vs Israel Adesanya pour décanter un peu l’avenir. Au vu du calendrier, la revanche tant demandée contre Sean Strickland ressemble à l’option la plus probable pour Imavov, si tant est que Tarzan accepte de sortir de la salle d’attente pour le prochain title shot. Au regard de sa victoire absolument pas signifiante contre Paulo Costa la semaine passée, ça serait même la moindre des choses.
  • Pas chauvin pour deux sous, l’auteur de ses lignes s’autorise néanmoins à pousser un « cocorico » avec le reste de la basse-cour. Car Nassourdine Imavov n’est pas le seul à avoir briller ce week-end : Taylor Lapilus s’est offert une victoire convaincante chez les moins de 61 kilos contre Cody Stamman. Contre un adversaire désavantagé par son allonge mais dur au mal, Lapilus a fait parler son expérience en anglaise et ses genoux parfaitement exécutés pour démanteler l’américain pièce par pièce et round après round. Ne concédant qu’un takedown du lutteur NCAA sur les trois rounds, Lapilus a fait une déclaration impossible à ne pas prendre en compte, y compris pour les plus gros noms de la caté. Bientôt à l’UFC Paris ?
  • Quelques mots rapides sur Conor McGregor, le leprechaun qui met le monde du MMA et au-delà en émoi à chaque story Instagram. Trop instable pour être vraiment pris au sérieux, mais trop bankable pour faire une croix sur un come-back mega-lucratif, l’irlandais est censé affronter Michael Chandler pour l’UFC 303 le 30  juin. Censé, on écrit bien : entre photos de soirées arrosées virales en moins de temps qu’il n’en faut pour retweeter et rumeurs de blessures, on ne peut pas dire que la sérénité soit au rendez-vous à deux semaines de l’événement. Surtout pour l’UFC, qui pour la première fois a dû s’excuser auprès des fans suite à une conférence de presse annulée à la toute dernière minute ! Baladé depuis 3 ans par le combat qui devait lui assurer son plan d’épargne retraite et celui de ses enfants, Michael Chandler a enfin dit « Fuck Off » et s’est barré de son camp d’entrainement.
  • À ce jour, on ne sait toujours pas si le combat aura lieu, d’autant que McGregor continue de souffler le chaud et le froid sur les réseaux. On a beau ne pas toujours le porter dans notre cœur, il y a quand même des boulots plus faciles que d’être Dana White dans ce monde.

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